Informez-vous ! Ingénieur-docteur, expert du numérique et déjà auteur de 12 livres sur le sujet, David Fayon partage dans son dernier ouvrage publié cet été (L’éditeur à part – 2025), ses conseils pour s’informer de façon éclairée dans un monde où l’infobésité fait loi.

« Si Stéphane Hessel écrivait Indignez-vous ! je réponds au 21ème siècle par Informez-vous ! » introduit David Fayon. De fait, « chaque citoyen se doit de développer son discernement, sa capacité d’analyse et son esprit critique dans un flot d’information qui ne fait que croitre. Il est indispensable de donner aux citoyens, et encore plus aux étudiants, des moyens et des clés pour distinguer les vraies informations des informations qui ne sont pas exactes (erronées, avec des biais, voire carrément fausses). Car l’information c’est la source du pouvoir : c’est la bonne information qui permet d’avoir la bonne décision » insiste-t-il. Et dans une société où l’intelligence collective émerge, chacun, consommateur et producteur de données, détient des morceaux du puzzle, ce qui explique l’allégorie de la couverture du livre

Les sept étapes du partage d’information

Et pour construire cet esprit critique, un rappel à l’Histoire est essentiel. L’auteur recense ainsi les sept grandes étapes de la recherche et du partage de l’information, pointant leurs actions et leurs limites. Ainsi, si à l’époque de la transmission orale l’information était détenue par les aînés et permettait d’écouter pour apprendre et interagir, l’absence d’enregistrement s’illustrait comme un véritable facteur de perte de connaissances. De l’autre côté de l’échelle du temps, l’information aujourd’hui délivrée par les intelligences artificielles génératives (détenue par des LLM qui se nourrissent de données) génère probabilisme, risques de non-exactitude et consommation massive de données et d’énergie.

Le futur se construit avec l’Histoire

De fait, à l’heure où chacun peut être à la fois informé et informateur, l’auteur compare la maîtrise de l’information à celle de la danse ou de la musique : « avant d’être compositeur, il faut connaitre ses classiques. Sur Internet, avoir la primeur de l’information active des vecteurs de récompense : on a parfois naturellement tendance à partager un post avant même de l’avoir lu en intégralité. Or, il est nécessaire d’avoir conscience de l’Histoire pour comprendre et contextualiser l’information et ainsi adopter un comportement éthique vis-à-vis d’elle : ne pas relayer une information non vérifiée, ne pas être pas victime de propagation de fausses informations, etc. ».

Quelques règles d’or pour s’informer de façon éclairée

David Fayon achève d’ailleurs son ouvrage par ses conseils pour s’informer avec fiabilité et éthique. Il vous en délivre quelques-uns en avant-première. :

Variez vos sources pour éviter les bulles d’enfermement, y compris en consultant des opinions contradictoires, en suivant sur les réseaux sociaux des personnes ou des médias qui ont des points de vue différents par exemple. Le pluralisme d’opinions est une richesse dans une démocratie !

Méfiez-vous des deepfakes. Une image vous parait suspecte ? Faites des recherches croisées en utilisant des outils de type Google Images et respectez les droits d’auteur quand vous utilisez une image ou une photo.

Misez sur la sérendipité et revenez à l’esprit des liens hypertextes pour continuer vos recherches, en évitant bien sûr que cela soit trop chronophage. Vous pouvez aussi compter sur la complémentarité des médias : on peut regarder une émission de TV tout en utilisant son smartphone pour aller plus loin sur certains sujets évoqués.

Fixez-vous des limites de temps passé sur les écrans : le meilleur moyen d’éviter le scrolling et les formes d’addictions.

Définissez des plages pour effectuer de la veille et programmez des alertes sur des thématiques via des mots-clés. Quelques outils utiles : Google Alerts, Talkwalker ou Mention.

Remontez aux sources de l’information (lire un rapport cité dans un article est toujours plus fiable que d’en lire un résumé) et n’hésitez pas à fact-checker les informations.

Domptez l’intelligence artificielle. Vérifiez ce qui a été produit par une IA générative est essentiel pour éviter les biais… mais savoir détecter ce qui a été écrit par une IA l’est tout autant. En cas de doute, utilisez des outils de type ZeroGPT ou QuillBot. Gardez toujours à l’esprit que quand l’IA ne sait pas répondre à une question, elle ne rend pas copie blanche, elle invente ou elle extrapole.

Et bien sûr, signalez tout contenu haineux, illégal ou choquant.