Pour comprendre et réagir face à ce contexte de plus en plus complexe, même les plus grands leaders peuvent être tentés de demander leur avis aux IA génératives. Mais jusqu’où peut-on (doit-on ?) déléguer la décision à la machine dans un cadre managérial ? ChatGPT, Copilot, Gemini, Claude et Le Chat sont-ils les décideurs du futur ?
Marc Mazodier, professeur au sein de l’initiative AI for Responsible Leadership de l’ESSEC invite à relativiser les choses. « Non, l’IA ne change pas tout, tout de suite. Certes, les recherches actuelles estiment qu’elle peut faire aussi bien, voire mieux que l’humain sur certaines fonctions précises et automatisables (supply chain ou création de publicité par exemple). En revanche pour la prise de décisions en milieu complexe (comme le business, où de nombreuses variables impactent les résultats), l’humain reste le meilleur ! Plusieurs raisons à cela : l’IA se base sur des données passées, elle n’a pas encore une capacité prédictive suffisamment précise et, de fait, beaucoup de subtilités lui échappent. Il faut donc voir l’IA comme un outil d’aide à la prise de décision » estime-t-il.
IA et leadership : des cas de conscience décisionnels
Si l’IA n’est donc pas vouée à décider à la place du dirigeant, elle le met malgré tout face à de vrais cas de conscience décisionnels. Au niveau RH d’abord. « Si l’IA n’a pas les mêmes applications dans tous les secteurs, on estime à 30 à 40 % le gain de productivité généré par l’IA dans certaines fonctions. Si l’IA va logiquement entrainer une diminution de certaines équipes opérationnelles (dans le contrôle de gestion ou la création de contenu par exemple), de nouvelles fonctions vont émerger et d’autres vont retrouver des lettres de noblesse. Je pense notamment au key account manager, pièce maitresse de la relation entre prospects et fournisseurs. » Au niveau environnemental également. « Les datacenters sont très polluants, mais l’IA, si elle est bien utilisée, peut aussi s’illustrer comme un formidable outil d’optimisation de la production et de diminution du gaspillage, et ainsi générer un retour sur investissement environnemental positif. » Mais alors, formons-nous les bons profils pour piloter ces transitions avec / aux côtés de l’IA ? « C’est tout l’objet de la Chaire ESSEC Accenture Strategic Business Analytics et de l’Initiative AI for Responsible Leadership ! A savoir, former les futurs décideurs à utiliser les dernières avancées de l’IA pour créer de nouveaux business modèles alliant performance économique, sociale, sociétale et environnementale. J’ai espoir que l’IA aide les décideurs et les entreprises à avoir un impact plus positif sur le monde » conclut le professeur.
>>>> Envie d’en savoir plus sur le leadership en 2026 ? Lisez notre dernier numéro ici !