interview Emmanuel Maitre Alexandre Grondin Grenoble INP - Ensimag UGA
Emmanuel Maitre, directeur de Grenoble INP - Ensimag, UGA

Grenoble INP-Ensimag, UGA : l’informatique de demain se construit aujourd’hui – L’interview d’Emmanuel Maitre et d’Alexandre Grondin

Meilleure école d’ingénieurs informatique en France, Grenoble INP-Ensimag, UGA conjugue exigence théorique et ouverture sur le monde. Emmanuel Maitre, son directeur, et Alexandre Grondin, étudiant en dernière année et fondateur de la startup Ailog, croisent leurs regards sur les mutations en cours et les ambitions de l’école pour 2026.

Qu’est-ce qui fait la singularité de l’Ensimag ?

Emmanuel Maitre. Notre promesse n’est pas de former des ingénieurs qui codent plus vite, mais des profils capables de comprendre en profondeur les mathématiques, l’informatique et l’IA, de comprendre ce qui se passe et ce qu’ils font, et de se servir de l’IA comme d’un exosquelette. Mais l’ingénieur reste le cerveau. Nous y tenons plus que jamais face aux bouleversements technologiques actuels. Nos partenaires industriels nous le confirment : ils cherchent des experts capables de passer d’un projet à l’autre et de comprendre les besoins client, et non de simples exécutants. Autre spécificité : notre focus sur le numérique responsable, avec la création d’une spécialisation Numérique et société.

Alexandre Grondin. En tant que président d’Ensimag Finance, je suis pleinement aligné avec cette vision. La triple compétence (mathématiques, informatique, finance) nous permet de comprendre les projets dans leur globalité. Les diplômés de l’Ensimag sont opérationnels très rapidement en entreprise.

Comment l’école intègre-t-elle les mutations du numérique et de l’IA générative aux enjeux sociétaux ?

Emmanuel Maitre. Notre maquette pédagogique est en cours de restructuration, année par année. Dès septembre, de nouvelles spécialisations s’ouvrent autour d’une IA explicable et de confiance et de l’économie numérique durable. Nous formons les élèves à une IA de confiance et explicable. Nous portons aussi un nouveau diplôme d’ingénieur de spécialisation bac +6, Acteur d’une économie régénérative, accrédité par la CTI et coconstruit avec des entreprises comme Alma et Orange. Il s’adresse à des ingénieurs en poste ou en alternance qui veulent embarquer leur organisation dans la transformation numérique responsable.

Comment passer concrètement de la théorie à un projet en développement ?

Alexandre Grondin. L’école m’a beaucoup apporté dans la création d’Ailog. J’ai rencontré mes associés grâce à la Junior-Entreprise. Le statut national étudiant-entrepreneur m’a permis de libérer du temps pour travailler sur mon projet. L’écosystème autour de l’école est également très important : la Fondation Grenoble INP nous a accordé une bourse d’excellence et nous a permis d’accroître notre visibilité. Être dans la première école d’informatique de France nous donne accès aux meilleurs chercheurs, notamment via l’institut MIAI.

Ailog en bref. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises veulent utiliser l’IA, mais ne peuvent pas y téléverser leurs données sensibles. Fondée en 2025, Ailog est une plateforme qui connecte l’IA aux systèmes d’information internes des entreprises, de manière sécurisée et conforme au RGPD. La startup a aujourd’hui rejoint l’incubateur Tarmac à Meylan. Prochaine étape pour ses fondateurs : effectuer leur stage de fin d’études, avant de décider de la suite de l’aventure entrepreneuriale.

Votre message aux étudiants 2026 ?

Alexandre Grondin. N’ayez pas peur de l’informatique. Je l’ai moi-même découverte en classe prépa. À l’école, les cours sont très bien conçus, chacun avance à son rythme. Avec l’IA qui s’impose dans tous les secteurs, il y aura une réelle différence entre ceux qui comprennent l’outil en profondeur et ceux qui se contentent de l’utiliser. L’Ensimag vous classe clairement dans la première catégorie.

Emmanuel Maitre. J’aimerais adresser un message spécifique aux jeunes femmes. L’informatique et les maths appliquées permettent d’avoir un impact significatif sur des domaines très variés : la santé, l’environnement, le social. Si vous voulez que les outils numériques de demain ressemblent à ce que vous souhaitez voir dans le monde, venez participer à les construire.