PRISÉS PAR LES ÉTUDIANTS, LES COURS DE FINANCE RESTENT DES DISCIPLINES ÉLITISTES ET COMPLEXES, EXIGEANT DE LA RIGUEUR ET DE SOLIDES CONNAISSANCES. LE RECOURS À DES ENSEIGNANTS TRIÉS SUR LE VOLET ET AUX ÉTUDES DE CAS INSPIRÉES DE LA RÉALITÉ PERMET À L’INSEAD DE RÉPONDRE AUX ATTENTES DE SES ÉTUDIANTS. RENCONTRE AVEC JEAN DERMINE, PROFESSEUR DE FINANCE À L’INSEAD.

 

L’enseignement de la finance à l’INSEAD n’a pas toujours tenu une place aussi importante qu’aujourd’hui. Dès sa création, l’Ecole s’est positionnée plus sur la stratégie. La finance était enseignée au sein d’un département commun avec la comptabilité, et ne comptait que trois enseignants. Aujourd’hui, cette discipline occupe une place de choix : l’INSEAD compte 19 enseignants permanents en finance, de différentes nationalités, la plupart diplômés d’un doctorat américain en finance (Ph.D). Sélectionnés sur l’excellence de leur carrière académique, ces professeurs ne sont titularisés qu’après avoir publié dans les meilleures revues financières et fait la preuve de leurs qualités pédagogiques auprès des étudiants, qui remettent chaque année des awards à leurs enseignants préférés.

UNE PERPÉTUELLE ÉVOLUTION

Implantée sur 3 campus à Fontainebleau, Singapour et Abu Dhabi, l’INSEAD dispense l’ensemble de ses cours en anglais, et la finance n’échappe pas à la règle. Cette matière est enseignée à la fois dans le MBA, dans l’Executive MBA, dans le Master in Finance et dans différents programmes d’Executive Education, programmes courts à destination des dirigeants. L’enseignement en finance y est très large et couvre l’ensemble des domaines financiers, que ce soit dans le tronc commun et dans les électifs : marchés de capitaux, finance de marché et corporate finance… « Depuis 34 ans que je suis professeur à l’INSEAD, la place de la finance dans l’économie a évolué. De nouveaux métiers, de nouveaux marchés sont apparus, ce qui implique d’adapter en permanence notre enseignement » explique Jean Dermine. « Nous avons par exemple intégré récemment un cours lié au développement des marchés financiers en Asie. Moi-même dans mes cours de gestion bancaire, j’ai introduit de nouvelles dimensions comme le digital, l’impact des réglementations ou encore la fin de la globalisation des stratégies bancaires, avec le retour à une forme de « balkanisation » visant un meilleur contrôle des marchés ». Et d’ajouter : « Pour répondre à l’attirance croissante de nos étudiants pour la création d’entreprise, nous avons également mis au point un cours de private equity sur le financement des nouvelles entreprises. »

 » L’ENSEIGNEMENT DE LA FINANCE À L’INSEAD A TOUJOURS REPOSÉ SUR UNE PÉDAGOGIE PARTICIPATIVE  »

 

UNE PÉDAGOGIE DU RÉEL

L’enseignement de la finance au sein de l’INSEAD a toujours favorisé une approche pédagogique éclectique, alternant des cours théoriques conceptuels et des séances participatives rythmées par des études de cas concrets. « Les mises en situation intéressent toujours beaucoup les étudiants, c’est pourquoi j’utilise dans mes cours un outil de simulation informatique, où ils doivent par exemple gérer une banque » explique Jean Dermine. Ainsi, l’attrait des étudiants de l’INSEAD pour la finance, après avoir connu un fléchissement à la suite de la crise de 2007, repart aujourd’hui à la hausse. Les deux tiers des diplômés du MBA partent travailler en cabinets de conseil stratégique ou dans l’industrie, où leurs connaissances financières et comptables leur sont très utiles. Et ils sont près de 15 % à choisir le secteur de la banque et de la finance à leur sortie de l’école, soit plus que pour le secteur montant du e-commerce et de l’internet (12 %).

AN