Interview de Karine Rougé Veolia North America
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Faites carrière en eau vive chez Veolia North America – L’interview de Karine Rougé

Attentes sociales, pédagogie, innovation, l’eau n’est plus un métier invisible mais incroyablement sexy ! Entre complexité, leadership et impact, Karine Rougé (HEC Paris 05), Chief Executive Officer – Municipal Water chez Veolia North America, dévoile les coulisses d’un métier qui n’a jamais offert autant d’opportunités aux jeunes diplômés.

À la tête des activités Water de Veolia en Amérique du Nord, vous servez 21 millions d’Américains Quel est le cœur de votre job ?

C’est un rôle complet de patronne de BU qui combine exécution opérationnelle, stratégie, performance financière et extra-financière, indicateurs de biodiversité et de décarbonation. Il y a aussi un aspect stakeholder management car, aux États-Unis, la régulation varie selon les États. Il faut donc être agile pour faire le lien avec les communautés, les régulateurs, les associations… L’eau n’est plus un métier technique et invisible, il s’est ouvert et humanisé. Le politique, l’acceptabilité sociale, et la pédagogie font partie intégrante de notre mission.

Séduisant pour la nouvelle génération de diplômés ?

Bien sûr ! D’autant que la diversité des métiers est telle que tous les niveaux d’entrée sont possibles. On peut faire de l’ingénierie, de la data, du pilotage de projets, de la régulation, de la finance, du marketing, de la communication, de la tech, de l’innovation. Chez Veolia, les cases ne sont pas figées : un jeune peut commencer sur un projet IA et passer un an plus tard en efficacité commerciale ou dans une équipe technique s’il a montré son agilité. La prise d’initiative et la curiosité ouvrent vraiment des portes.

Comment accompagnez-vous les talents ?

Veolia propose de nombreux programmes de développement. Il y a des formations pour les nouveaux managers, des parcours technologiques où l’on rencontre un écosystème d’innovation, et d’autres pour les cadres dirigeants avec immersion locale, échanges avec les clients et les régulateurs. J’ai moi-même suivi un programme de quatre sessions de dix jours sur un an dans quatre pays différents. Grâce à notre politique de mobilité, nos VIE passent par l’Australie, l’Europe de l’Est, les États-Unis pour comprendre comment les contextes transforment nos métiers. Il faut aimer apprendre et prendre le pouls de la société.

La formation généraliste d’HEC a-t-elle influencé votre manière d’aborder des enjeux complexes ?

Elle m’a apporté la capacité à regarder un problème sous plusieurs angles simultanément : économiques, techniques, juridiques, sociaux et organisationnels. Ce n’est pas seulement une question de compétences business ou techniques. La profondeur des sciences sociales – l’organisation, la sociologie, la théorie des jeux – m’a donné une grille de lecture très utile dans le secteur de l’eau où il faut comprendre le court terme opérationnel, le moyen terme réglementaire et le long terme sociétal.

Vous avez reçu en 2014 le Prix Trajectoire HEC. Racontez-nous !

C’était inattendu et symbolique. À l’époque, choisir l’industrie n’était pas le chemin le plus évident. Beaucoup de diplômés partaient en banque, conseil ou marketing. Ce prix est une reconnaissance de choix professionnels riches en sens et d’impact. Le purpose est très fort dans nos métiers : améliorer la qualité de l’eau, la sécurité sanitaire, servir des communautés entières. Cette distinction validait l’idée qu’on peut faire une carrière à la fois exigeante, riche intellectuellement et tournée vers l’impact réel.

Élitisme ou ouverture : qu’il y a-t-il vraiment derrière les portes des Parisiennes aujourd’hui ? Je suis restée très proche d’HEC, grâce à la Fondation et j’ai vu l’école s’internationaliser. Le Programme Grande École reste central, mais il cohabite désormais avec une multitude de parcours qui enrichissent les profils. Le mélange entre excellence académique et diversité me semble aller dans la bonne direction. Je veux célébrer cette évolution, ainsi que les efforts faits sur les bourses, qui rendent l’école encore plus inclusive et plus riche. Je salue l’administration actuelle et le doyen qui portent cette vision connectée au monde. J’en ai d’ailleurs eu la preuve puisque l’un de mes talents américains cherchait un MBA et a choisi HEC pour son engagement sur un leadership adapté à un monde complexe.

Contact : karine.rouge@veolia.com