Didier Chapon a fait toute sa carrière dans l’industrie pétrolière. Après 8 ans au Qatar, ce diplômé des Arts et Métiers ParisTech (93) et de l’Ecole du Pétrole et des Moteurs (94), qui a pour credo la sécurité, a pris la direction du complexe pétrochimique de Naphtachimie à Lavera. Son ambition est de faire de ce centre de process un outil stratégique et performant.

 

Didier Chapon, (Arts et Métiers ParisTech 93, EPM 94), directeur général de Naphtachimie

Didier Chapon, (Arts et Métiers ParisTech 93, EPM 94), directeur général de Naphtachimie

Un parcours tout pétrochimie

Il voulait être pilote mais le destin en a décidé autrement. De l’Ecole de l’Air où il a déjà un pied, Didier Chapon bifurque vers les Arts & Métiers. Après un cursus généraliste avec une spécialisation matériaux, cet homme à l’esprit mécanicien complète sa formation en l’axant sur les matières plastiques, à l’Ecole du Pétrole et des Moteurs. Le pétrole et la pétrochimie, et notamment le polyéthylène, « du pain béni pour un gadzart » le font voyager, du Havre au Qatar. Il passe 8 ans dans cet eldorado, au cœur d’installations ultra performantes, à l’état de l’art en termes de taille et de technologies. Revenu en France en 2010, il prend la direction du complexe pétrochimique de Naphtachimie à Lavera, un nouveau challenge. Cette usine classé Seveso II, seuil haut emploie 480 personnes et produit chaque année près de 700 000 tonnes d’éthylène, 350 000 tonnes de propylène et 200 000 tonnes de butadiène, ce qui en fait l’un des principaux sites de production en Europe. Pour Didier Chapon, représentant légal de Naphtachimie, détenue par Total et Ineos, « deux actionnaires très proches qui nous soutiennent, c’est un modèle qui fonctionne et qui demande à être optimisé. »

Un credo : la sécurité

« Ma première responsabilité en tant que gestionnaire de la compagnie consiste à assurer la sécurité et à respecter l’environnement, c’est le seul sujet qui peut m’empêcher de dormir la nuit. Nous manipulons des produits explosifs, inflammables, toxiques et cette préoccupation primordiale demande de la rigueur et… de l’humilité. Le deuxième aspect de mon rôle de directeur général est de maintenir la compétitivité, d’assurer le transfert du savoir faire aux jeunes. » Un directeur général doit être capable de faire le grand écart entre de multiples sujets et ne peut pas se contenter de l’à peu près. Pour qualifier sa fonction aux multifacettes, Didier Chapon fait référence à l’amerrissage de l’Airbus dans l’Hudson, un événement difficile à gérer, structurellement dangereux, réalisé par le pilote de façon calme, posée, méthodique, dans un environnement hostile. Développer les gens est également un des rôles du manager « la seule chose qui ne s’invente pas, c’est la compétence. Il faut développer sa curiosité, continuer à apprendre et rester humble. » Il est important de communiquer avec toutes les parties prenantes, en interne et en externe. A ce titre, il y a un avant et un après AZF, et il faut être transparent.  « Notre survie dépend de notre flexibilité. » Le bon directeur général est celui qui s’adapte à son entourage. Un critère que Didier Chapon privilégie, avec la capacité à travailler en équipe, dans ses recrutements de jeunes. « Nous cherchons à repromouvoir l’apprentissage, une excellence approche pour former les gens. » « Mon message aux jeunes Arts et Métiers et diplômés de grandes écoles en général :  ne jamais perdre de vue le Pareto, se concentrer sur l’essentiel, se forcer à prendre de la hauteur sur les choses, c’est la plus grande leçon de la vie professionnelle. EN même temps aller au bout des choses, on ne peut pas se contenter de l’à peu près. Enfin, surtout aller « tâter du concret , car derrière l’écran, il y a une installation. »

 

A.M.

 

Contacts
didier.chapon@naphtachimie.com