Avec ses campus situés au cœur des cinq villes européennes majeures que sont Londres, Madrid, Berlin, Turin et Paris, et la possibilité qui est offerte aux étudiants de vadrouiller de l’un à l’autre, ESCP Europe est sans aucune doute l’école de commerce française la plus intimement européenne. Rencontre avec Pascal Morand, Directeur de l’école jusqu’au mois d’août 2012.

 

En 2010, le Master in Management d’ESCP Europe est classé premier dans le Financial Times.

En 2010, le Master in Management d’ESCP Europe est classé premier dans le Financial Times.

En quoi consiste votre stratégie  internationale ?
C’est vraiment d’être le plus possible ouvert sur le monde. Nous avons des programmes d’échange et des partenariats stratégiques avec quelques  universités qui sont clé pour nous comme Cornell University aux Etats-Unis, les écoles de la CCIP au Liban (ESA) et au Vietnam (CFVG) et d’autres structures dans le monde. Nous nous appuyons également sur des centres de recherche régionaux qui sont soit intégrés à l’école, soit liés à  elle comme le Centre d’Etudes et de Recherche Amérique Latine (CERALE).

 

 

Huit ans après la mise en place du cinquième campus à Turin, quel est le bilan de cette stratégie géographique originale ?
C’était une formidable idée émanent des responsables de la CCIP qui est partie à la fois d’une  volonté de distinction de la part des écoles ESCP et EAP*, et en même temps d’une europhilie.  Les campus en Espagne, Allemagne et Angleterre appartenaient à EAP. La fusion avec l’ESCP a eu lieu en 1999. En 2004, un cinquième campus a vu le jour à Turin. En 2008, le parcours à la carte a été mis en place. En 2010, nous avons ouvert la possibilité d’entrer à Madrid directement en Master 1 et en 2011 celle d’entrer directement en Master 1 sur le campus de Berlin. Ce qui a changé, c’est qu’avant, ESCP Europe était une école européenne parce qu’elle permettait un  parcours européen. Maintenant c’est une école européenne d’un point de vue plus global. Aujourd’hui il est possible d’avoir son diplôme d’ESCP Europe sans passer par Paris.

 

Quels sont vos projets pour les campus ?
Il faut les développer : Paris représente 75 % de l’activité aujourd’hui.

 

A quand un sixième campus ?
La question a été posée à un moment mais nous sommes plus dans l’approfondissement que dans l’élargissement. Par contre, nous développons des partenariats stratégiques avec des pays que nous ne touchons pas encore.

 

 

Les étudiants du Programme Grande Ecole ont l’obligation de consacrer au moins trois mois de leur scolarité à l’étranger. Pourquoi pas plus pour une école qui se dit européenne ?
C’est la dialectique du devoir et du désir. Nous sommes plus du côté du désir que du devoir parce que nous voulons que les étudiants soient acteurs de leur stratégie internationale. De facto, les  étudiants bougent beaucoup. Si la régulation se fait d’elle même, c’est très bien. Je suis frappé par leur maturité par rapport à cela et par leur appropriation européenne (pas en première année, mais après).

 

La compétition internationale vous fait-elle peur ?
Parmi les écoles de commerce françaises, vous avez celles qui jouent en ligue des champions. Pour des écoles comme la nôtre, l’enjeu c’est de consolider notre positionnement en ligue de champions, c’est-à-dire de consolider notre rang parmi les business schools françaises, mais effectivement, le vrai sujet, c’est la concurrence  internationale. La barre est de plus en plus haute. En parallèle, je ne sens aucune rivalité en France. Je dirais même qu’il y a tout intérêt à faire un  collectif d’écoles implantées en France.

 

Justement, à quand une fusion avec HEC et l’ESSEC ?
Je ne suis pas sûr que cela nous donnerait davantage de visibilité, d’efficacité. Nous avons des marques qui fonctionnent très bien. Les écoles que vous évoquez sont trois marques internationales.

 

*A l’époque elles n’avaient pas encore fusionné.

Claire Bouleau