Leadership, ambition, convictions et rêves les plus fous, Emmanuel Métais, directeur général de l’EDHEC Business School nous raconte comment il a fondé son profil de dirigeant du Sup’.

 

©Audoin DESFORGES

Quel ancrage de votre profession dans votre enfance ?

Ma mère était institutrice et mon père expert-comptable. Je me suis retrouvé au croisement de ces deux professions en tant que professeur de stratégie.

Que vouliez-vous faire enfant ?

Faire de ma passion ma profession, le hockey sur glace. J’ai joué en club à Epinal et Strasbourg. La glisse, la vitesse, parfois un peu de bousculade, le collectif, j’ai adoré !

Quelle est la plus belle chose qui vous soit arrivé cette année ?

Quand ma fille aînée a obtenu l’orientation de son choix après le bac. Avoir des enfants passionnés, qui ont trouvé leur voie et réussissent, c’est la plus belle chose !

Votre super héros favori ?

Edna, un personnage du film Les indestructibles. Elle fabrique les costumes des supers héros. Etre enseignant c’est cela : faire des costumes pour nos étudiants, pour qu’ils aillent le plus loin possible, révèlent leurs supers pouvoirs.

Quelle a été votre révélation professionnelle ?

Il y a 20 ans, Olivier Oger, mon prédécesseur, m’avait demandé de prendre en charge la première demande d’accréditation AACSB pour l’EDHEC. L’audit, les standards, ce n’est pas mon truc. Et pourtant, cela a été une révélation de mener un projet utile, d’emmener des équipes, et de réussir !

La chose la plus importante que je devrais savoir à votre sujet ?

Ma passion pour les stratégies de rupture, sujet de mon doctorat. Je suis fasciné par le fait de casser les règles du jeu, par ceux qui innovent radicalement. J’aime observer l’environnement, sentir les signaux faibles qui annoncent le monde de demain.

Ce que vous vous interdisez de faire en tant que dirigeant ?

Rien ! A part transgresser la loi évidemment. Dans un enseignement supérieur standardisé, je suis convaincu qu’il faut sortir des sentiers battus, aller à contre-courant. C’est ainsi que l’EDHEC réussit depuis toujours.

A quelle règle managériale ne dérogez-vous jamais ?

Ne rien s’interdire !

Quelle est l’importance de la personnalité du directeur dans une institution ?

Difficile à dire. Mais ce que j’ai envie de transmettre à nos élèves, c’est une certaine idée du leadership fondé sur l’humilité, l’ambition, la bienveillance et la résilience.

Votre #EDHECTouch ?

L’ambition entrepreneuriale. L’EDHEC est une école indépendante, et a toujours manqué de ressources. De ce fait, elle a toujours cherché des solutions, innové, évité le mimétisme.

Comment forgez-vous votre détermination pour l’EDHEC ?

Lorsque je rencontre un étudiant, un alumni, un startuper, qu’ils me parlent de leurs envies et parcours ; me dire que nous y sommes pour quelque chose renforce ma détermination. L’autre source de détermination, ce sont les enseignants, leur passion, leur engagement.

Un moment où vous avez dû monter au créneau pour défendre l’EDHEC ?

Au moment des accréditations. La dernière en date : la reconnaissance par le gouvernement français de nos MSc. Je n’ai pas eu de crise en tant que DG, mais j’étais aux côtés d’Olivier Oger lorsqu’il a géré celle de la hausse des frais de scolarité. Il ne s’est pas dérobé. Il s’est présenté devant 1 000 parents le jour de la rentrée et leur a expliqué pourquoi il avait fait ce choix. Et il a tiré les leçons de cette crise.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus en ce moment ?

Le développement de partenariats en France et à l’étranger. Avec le Kings College, Imperial College ou l’Ecole 42. Nous lançons aussi une consultation en vue de la préparation de notre plan 2025. Faire le point sur notre avenir, c’est passionnant.

Un succès dont vous êtes fier ?

Le programme multi campus GETT monté avec la Haas School of Business de Berkeley et la SKK de l’université Sungkyunkwan en Corée. Un beau succès collectif.

Votre rêve « fou » pour l’EDHEC ?

La gratuité des études, trouver le modèle économique qui nous permettra, au-delà des bourses, d’exempter de frais de scolarité les plus démunis. Et nous y réfléchissons !

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