La finance attire-t-elle toujours ? Quel est l’impact de la crise sur le contenu pédagogique des formations ? Sur les métiers et débouchés ? François Quittard-Pinon, professeur de finance et responsable du Mastère Spécialisé Quantitative Finance d’EMLYON Business School, nous livre son regard sur ces évolutions.

Malgré la crise, la finance attire toujours
Nous accueillons cette année la cinquième promotion. Malgré la crise, la finance attire toujours, même si le métier de trader fait moins rêver. Dès sa création, l’un des points forts du programme a été sa structure pédagogique reposant sur trois piliers d’égale hauteur : la connaissance des marchés et des produits, la modélisation mathématique et la maîtrise des outils informatiques spécialisés. Il n’existait alors aucune formation de ce type en France. L’année suivante, la dimension internationale du programme a été renforcée avec l’intégralité des cours dispensés en anglais. Chaque année, plusieurs étudiants viennent de l’étranger et renforcent la diversité des promotions. Près du tiers de nos étudiants ont des stages ou des emplois à l’étranger, en Europe continentale, en Angleterre, en Amérique du Nord et en Asie.

 

Un basculement s’opère vers la gestion des risques
De prime abord, les étudiants restent intéressés par la finance de marché et le « trading » exerce encore un attrait fort pour certains candidats. Moins nombreux sont ceux qui veulent rejoindre les métiers de contrôle des risques, qu’ils imaginent, à tort, trop administratifs. Mais les lignes bougent. Depuis la crise, on constate dans les banques d’investissement une réduction de la part des activités de marché. Cette évolution entraîne une restructuration des équipes. Un basculement s’opère vers la gestion des risques qui offre des opportunités de carrières intéressantes. Nous avons accompagné cette évolution en renforçant très tôt dans ce programme les cours dans ce domaine. Plus globalement les débouchés sont larges et variés et les emplois existent non seulement dans les banques, les compagnies d’assurance, mais aussi dans le conseil, les sociétés informatiques spécialisées en finance, et les grands groupes industriels. Notre formation ne se centre pas sur un métier unique, mais au contraire sur tous les métiers qui exigent une maîtrise des outils et des méthodes de la finance de marché. Nous insistons beaucoup sur tous les aspects techniques : modélisation et implémentation, car seule cette maîtrise permet de comprendre la portéeet les limites des méthodes mises en oeuvre et de ne pas confondre la carte avec le territoire.

 

Des séminaires éthiques obligatoires
La gestion des risques et la notion de responsabilité vont de pair. Les séminaires éthiques obligatoires organisés conjointement pour nos deux mastères spécialisés, Quantitative Finance et Ingénierie Financière, existent depuis 2005. Ils constituent une des thématiques transversales des programmes et sont très appréciés des participants. Ouverture, technicité et sens des responsabilités sont des qualités que nous cherchons à développer chez nos étudiants.
En conclusion, les crises récentes conduisent les établissements financiers à repenser leurs modes de fonctionnement et leurs organisations. C’est aussi l’occasion de développer de nouvelles activités et d’en renforcer d’autres. Autant d’opportunités pour des spécialistes bien formés capables de s’adapter à un environnement en perpétuelle évolution.

 

Par François Quittard-Pinon,
Professeur de finance et responsable du Mastère Spécialisé Quantitative
Finance d’EMLYON Business School