«La vie étudiante tourne essentiellement autour de soirées », me répond Sophie Lejeune, élève en Techniques de commercialisation à l’IUT Robert Schuman (Strasbourg- Illkirch), quand je lui demande quelles sont les animations proposées aux étudiants en dehors des cours, et c’est effectivement ce qui ressort de la plupart des témoignages recueillis auprès d’élèves en IUT ou BTS. Généralement, il n’y a qu’une seule association dans l’établissement, le Bureau Des Elèves (BDE), voire parfois aucune association du tout, et le rythme scolaire est ponctué par deux ou trois événements majeurs dans l’année, guère plus. Certains IUT ou BTS, cependant, s’activent et font preuve de créativité pour divertir leurs étudiants.

Le Festival Art Tension, à l’IUT de Lannion

Le Festival Art Tension, à l’IUT de Lannion

« Une association, c’est un éveil à la solidarité, à la citoyenneté »
Dans quelques établissements, il arrive qu’une personne de l’administration soit dédiée à la vie étudiante : c’est le cas dans les BTS des écoles ESARC Evolution que dirige Philippe Schoda. La vie du campus s’en trouve nécessairement animée : aux traditionnelles journées d’intégration et événements sportifs s’ajoutent des visites, ateliers, spectacles… Pour Philippe Schoda, l’intérêt de développer cette vie associative, c’est de permettre aux étudiants « d’être partie prenante de l’organisation. » Il explique : « On essaie de leur faire comprendre que cela valorise leur CV, les met en contact avec d’autres étudiants, et met en valeur leur talent, ce qui est le principal objectif de l’école. » Thomas Thierry, vice-président de la radio de l’IUT de Lannion (Rennes 1) va dans le même sens : « Faire partie d’une association c’est un éveil à la solidarité, à la citoyenneté. Ce sont des expériences marquantes pour la vie professionnelle quoiqu’il arrive. » Dans certaines filières –Tech de co par exemple–, le programme national impose la mise en place de projets tutorés qui offrent l’occasion aux élèves de créer une association, de mener des initiatives intéressantes, comme cet événement musical à destination d’enfants en rééducation dans un hôpital que Sophie Lejeune a mené de bout en bout avec ses camarades. « En général les IUT où la vie étudiante est développée sont ceux qui possèdent des départements tertiaires comme GEA ou Information-Communication », remarque Alain Clech, correspondant vie étudiante pour l’IUT de Lannion. « Je pense que ces départements ont une fibre participative, communicative. »

 

A l’IUT de Lannion, la vie étudiante est un modèle pour l’agglomération
L’IUT de Lannion fait partie de ces quelques établissements qui offrent une vie associative riche et variée. Alain Clech témoigne : « La vie des étudiants se fait d’abord et avant tout dans l’association de leur département, le plus investi étant Infocom. Ensuite il y a des associations thématiques qui ont parfois pris leur envol depuis un département lui-même, parfois qui n’ont rien avoir (l’association de jonglage par exemple). Et enfin il y a une troisième strate : l’interassociation, l’interlocuteur essentiel de la direction de l’établissement. Les étudiants participent aussi à tous les temps forts de l’établissement : journée d’accueil, journée portes ouvertes, etc. Tout cela nécessite de l’argent qui provient de l’IUT (tous les ans le directeur veille à ce que chaque association reçoive la somme demandée), de l’université et des collectivités territoriales. Il est rare qu’un projet ne puisse pas se faire faute d’argent. Par ailleurs, les étudiants ont des représentants dans les conseils de département et les conseils de l’IUT. La structuration de la vie étudiante de l’IUT de Lannion a été un modèle pour l’agglomération. Les protocoles en termes d’organisation et de sécurisation des événements étudiants servent de base pour l’organisation d’autres événements à Lannion. » L’association phare du campus ? Probablement Radio TTu (Talk To U), née en 1995 au sein du département Infocom, qui possède aujourd’hui 80 membres, pour la plupart étudiants à l’IUT. Selon Thomas Thierry, vice-président de la radio, « TTu est l’une des associations les plus populaires de l’IUT. » Le but à moyen terme ? « Que la radio devienne un acteur plus important localement, comme a fait Prun’ à Nantes* », déclare Thomas Piguel, le président. L’originalité de ce media ? « Radio TTu est une antenne libre, sans pub et sans tubes. » Thomas Thierry approuve : « Le ton est libre, décalé. C’est une radio qui dit ce qu’elle a envie de dire. » Au programme : du sport, de la politique, de la culture (…) et de la musique de qualité. « Le but est de valoriser des titres locaux, indépendants. Ce sont des spécialistes passionnés de musique qui alimentent la playlist », précise Thomas Thierry.
* NDLR : Créée en 1998 par des étudiants en Infocom à Nantes, la radio Prun’ a acquis depuis une certaine renommée locale.

 

Claire Bouleau