Comment l’IA transforme-t-elle déjà les métiers de l’ingénierie et du numérique ? Les chiffres
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Comment l’IA transforme-t-elle déjà les métiers de l’ingénierie et du numérique ? Les chiffres

Alors que 72 % des dirigeants estiment que l’utilisation de l’IA est déjà ou sera un avantage compétitif indispensable pour leur activité d’ici trois ans (chiffres étude Ipsos / BVA / Google – mars 2026), quel impact l’intelligence artificielle a-t-elle concrètement sur les premiers métiers concernés, j’ai nommé : les métiers de l’ingénierie et du numérique ? C’est la question à laquelle répond la récente étude publiée par l’EPITA, Enedis et Datadog en juin 2026. Voici les chiffres à retenir.

Cela ne vous surprendra pas, le premier constat de cette étude est sans appel : l’usage de l’IA est déjà bien installé dans les pratiques professionnelles. Chez les juniors bien sûr, mais aussi chez les seniors. En effet, 68 % des répondants l’utilisent tous les jours dans le cadre professionnel, avec une utilisation légèrement plus marquée chez les juniors (72 %). A noter qu’un peu plus de 8 % de l’ensemble du panel ne l’utilisent pas du tout, essentiellement par choix personnel.

Dans ce contexte, l’accès aux outils d’IA générative dans les entreprises est logiquement devenu la norme pour 85 % des personnes interrogées. Mais le shadow IA reste massif. La preuve : 40 % utilisent des outils personnels pour des missions professionnelles.

Quels outils ?

En matière d’IA, les juniors utilisent d’ailleurs surtout des outils directement liés à la production technique : interfaces conversationnelles (type ChatGPT), des générateurs de code (type Claude Code et Codex) et des traducteurs (type DeepL et Translate). Ils ont aussi davantage recours à des agents autonomes ou orchestrateurs (Cursor, n8n etc.) que leurs ainés : 40 % vs 32 % des seniors. Alors que les seniors utilisent plus largement les outils liés à la communication ou la production de contenus (générateurs d’images, de vidéos, de son ou de musique, des correcteurs etc.).

Pour quels usages ?

Si les outils diffèrent, leurs usages également. Les juniors interrogés indiquent en effet surtout utiliser l’IA pour générer et améliorer du code (76 % vs 52 % des seniors). Alors que les seniors y ont plus souvent recours pour structurer et produire. Mais tous s’accordent sur un point : la recherche d’information ! Sans pour autant préciser s’ils sont suffisamment formés pour détecter les biais et les hallucinations générées par l’IA.

>>>> Pour aller plus loin sur le sujet : lisez notre article « Comment enseigner à l’ère de l’IA »

Pour quels apports ?

Reste à savoir ce que l’IA leur apporte concrètement dans leur travail. Pour une écrasante majorité des répondants (91 %), l’intelligence artificielle est d’abord un moyen de travailler plus vite. 73 % y voient également un outil important pour concevoir et décider, et 69 % la considèrent même comme un élément clé des méthodes de travail.

De fait, l’IA s’ancre profondément dans les outils et processus métiers. Un consensus qui répond pourtant à des approches de déploiement variées. Ainsi, 70 % des solutions sont en open source (modèles ou outils libres intégrés ou adaptés) et 64 % sont développées en interne (outils ou modèles conçus spécifiquement par l’organisation). Sachant qu’un répondant sur quatre déclare contribuer au développement de solutions d’IA. Ce sur des projets extrêmement divers : chatbots, agents, RAG, LLM etc.

>>>> Pour aller plus loin : lisez notre article « Comment les étudiants utilisent l’IA ? Les chiffres »

Pour quel impact ?

Logiquement, les répondants estiment, dans leur grande majorité, que l’IA absorbe les tâches répétitives, mais, et c’est fondamental, sans remplacer les activités clés. Elle impacte ainsi d’abord les tâches de développement logiciel et d’implémentation (surtout chez les profils de 0 à 10 ans d’expérience). A noter que les profils plus expérimentés remarquent moins de changements dans leurs pratiques.

Mais attention, cet usage de plus en plus massif ne rime pas pour autant avec confiance aveugle ! 52 % des juniors et 59 % des seniors en sont convaincus : oui l’IA est jugée fiable, mais à condition d’être relue par un humain !

L’IA ne remplace ni le contrôle, ni le jugement

En matière d’IA 36 % des répondants déclarent ainsi rencontrer des freins dans leur entreprise. En matière de sécurité (50 %), mais aussi de fiabilité des données et de souveraineté des modèles (40 %). Par ailleurs, 70 % des répondants pensent que l’IA nécessite de nouvelles compétences. Des compétences techniques bien sûr (prompt, agents), mais également des compétences humaines (esprit critique en tête).

Ce dernier point est d’ailleurs particulièrement important : l’IA ne remplace ni le contrôle, ni le jugement. La majorité des répondants estime en effet que le niveau de responsabilité reste le même avec ou sans IA (69 % des juniors et 81 % des seniors).

Et pour quelles conséquences ?

Au-delà de cet impact direct sur les métiers et les entreprises, l’étude interroge aussi sur les enjeux plus macros, liés à la massification de l’IA. Notons d’abord que l’inquiétude liée à l’usage croissant de l’IA est présente chez tous les répondants. A titre d’exemple, la souveraineté des modèles et des outils est prioritaire pour 74 % des personnes interrogées, les enjeux éthiques dans le développement et le déploiement de l’IA sont prioritaires pour 74 % d’entre elles et 65 % estiment que les enjeux écologiques dans le développement et le déploiement de l’IA sont prioritaires. Reste une bonne nouvelle côté emploi : une grande majorité estime que l’IA est plus à même de transformer les métiers que de les remplacer.

Dans ce contexte, un consensus se détache : demain, travailler avec l’IA deviendra la norme : 59 % des répondants voient l’IA comme un outil devenu normal et indispensable à l’avenir. « L’IA est ainsi moins perçue comme une rupture ponctuelle que comme une composante durable du travail quotidien » concluent les responsables de l’étude.

>>>> Envie d’aller plus loin sur les enjeux de l’IA ? Découvrez notre numéro spécial Génération Z & IA : qui contrôle qui ? Mais aussi nos derniers articles sur les grands débats de l’IA :

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