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Comment les étudiants utilisent l’IA ? Les chiffres

Vie personnelle, cours, orientation, construction de leur projet professionnel : l’IA est-elle vraiment omniprésente dans la vie des étudiants ? Quel usage en ont-ils vraiment ? Finalement, comment les étudiants utilisent-ils l’IA ? Réponses en chiffres.

L’EPITA a confié à Ipsos la réalisation d’une enquête nationale auprès d’un millier d’étudiants, tous cursus confondus. Et les résultats de cette enquête publiée en février dernier sont sans appel (et sans grande surprise) : l’IA est bel et bien devenue un outil central dans la vie étudiante. Si ses usages académiques sont massifs et sa maîtrise technique réelle, des lacunes subsistent sur les enjeux critiques de l’IA et la perception de l’outil reste plus que nuancée. Coup de projecteur sur les éléments clés de l’enquête.

94 % des étudiants ont déjà utilisé un outil d’IA dans leur vie personnelle ou étudiante

L’IA est même désormais un réflexe pour 1 étudiant sur 2 : 48 % l’utilisent tous les jours. Mais avec des usages très divers : rédiger un CV ou une lettre de motivation, rédiger ou améliorer un texte, comprendre un sujet complexe, se renseigner sur l’actualité, trouver des renseignements pratiques etc.

Do you speak IA ?

Et parce qu’elle est ancrée dans leur quotidien, l’IA et son vocabulaire n’ont plus de secret pour les étudiants. IA, IA générative, deepfake, big data, IA discriminative, prompt et autre machine learning : une très large majorité d’entre eux voit bien de quoi il s’agit. Et vous ?

Seuls 15 % des étudiants classent l’IA parmi les priorités de demain

Pour autant, l’IA se retrouve tout en bas du classement des sujets qui préoccupent les étudiants. Seuls 15 % des étudiants la classe parmi les trois domaines sur lesquels il faudrait agir en priorité à l’avenir. Ce qui la place loin derrière le pouvoir d’achat et le coût de la vie, les inégalités et la pauvreté, l’environnement et le changement climatique ou encore l’insécurité et la criminalité.

1 étudiant sur 2 reconnait qu’il lui serait difficile de se passer de l’IA, en particulier pour ses études

Très utilisée dans le cadre de leur formation, les étudiants se servent avant tout l’IA pour expliquer, développer ou résumer des informations (approfondir un point qu’ils n’ont pas compris en cours, préparer des révisions, rechercher des sources complémentaires etc.). C’est officiel : l’IA est devenue un réflexe.

40 % reconnaissent avoir utilisé l’IA pour générer tout ou partie d’un devoir

Un réflexe qui les place parfois à la frontière de l’excès. En effet, 47 % déclarent s’en servir pour des exercices, y compris lorsque l’usage de l’IA n’est pas autorisé… Demander à ChatGPT, c’est tricher ? Le débat est lancé !

74 % estiment repérer rapidement les contenus de désinformation produits par l’IA

Mais plus d’1 sur 5 reconnait mettre du temps à les identifier. Pour autant, 78 % des étudiants se disent capables d’affiner les réponses par itérations et d’évaluer la pertinence des résultats, quand 4% déclarent ne pas avoir l’impression d’être exposés à des contenus de désinformation avec l’IA. On leur dit ou pas ?

81 % se disent mal informés sur au moins un des enjeux majeurs de l’IA

S’ils perçoivent l’IA comme performante, accessible et utile, les étudiants voient aussi l’IA comme un outil potentiellement dangereux et inéquitable. Parmi leurs préoccupations principales autour de l’IA : la baisse des capacités de réflexion, la manipulation d’informations, les deepfakes, la perte de créativité, la disparition de contenus originaux, l’impact environnemental, la perte de contrôle humain sur les utilisations de l’IA et la déshumanisation des relations. Ils craignent surtout que l’IA participe à les rendre moins autonomes, rigoureux, créatifs et impliqués. De fait, ils sont 63 % à considérer que les pouvoirs publics et les enseignants ont un rôle clé à jouer pour les protéger et les accompagner dans leurs usages de l’IA. 3 étudiants sur 4 déclarent d’ailleurs avoir bénéficié de conseils de la part de leurs professeurs pour se servir de l’IA.

59 % des étudiants estiment que l’IA pourrait menacer l’existence de leur futur métier

Mais l’IA génère aussi chez eux beaucoup d’espoir, notamment dans sa capacité à accompagner des avancées majeures dans le domaine de la santé (aide au diagnostic, découverte de médicaments) et l’accélération de la recherche scientifique dans tous les domaines

« A travers cette enquête, nous souhaitons participer au débat national sur les changements de société liés à l’IA. Ses résultats ne nous surprennent pas mais posent un cadre lucide, des éléments objectifs et chiffrés nous permettant de prendre un peu de recul. Pour nous, L’IA est un outil transformatif (comme l’ont été la calculette, internet ou le smartphone à leurs débuts) qui accompagne un phénomène sociétal. Un phénomène face auquel nous ne voulons pas renoncer à nos convictions, à savoir faire monter en compétence et en maturité nos étudiants à travers une pédagogie immersive et la mise en pratique » a conclu Sylvain Goussot, directeur de l’EPITA lors de la parution de cette enquête.

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