Révélé dans La France a un incroyable talent, le prodige de la magie de salon fait une entrée réussie sur la scène parisienne à Belleville, au théâtre des Enfants-Terribles. Par Ambroise Le Corre

 

De l’illusion au one-man show

Metteur en scène autant qu’illusionniste, il séduit son public en transformant son spectateur en acteur. Un acteur coiffé du chapeau de magicien, qui fait lui-même des tours tout au long de la soirée sans jamais comprendre comment. Eduardo, à la fois envoûtant et déroutant, perd les spectateurs dans son labyrinthe où il les mène à la baguette.

Il s’amuse, profite, part en one-man show face à des invités privilégiés. As de l’improvisation et de l’à-propos, il s’adapte en permanence à ses assistants magiciens de quelques minutes, à leurs réactions, et crée instantanément une relation de complicité avec chacun.

 

Il faut le voir pour le croire !

Comme un symbole de la confiance incrédule du spectateur en Blake Eduardo, un tour bluffant : une table, six enveloppes dans lesquelles un spectateur-assistant met cinq paires de lunettes en toc, et surtout sa paire de lunettes de vue personnelle. Les enveloppes fermées sont mélangées par lui, puis étiquetées aléatoirement de 1 à 6. Lançant plusieurs fois un dé, ce dernier voit le magicien, mais aussi d’autres spectateurs, écraser au marteau les enveloppes désignées par le hasard. Sont ainsi détruits sans pitié les contenus des enveloppes numéros 2, 4, 3, 6, 1…fébrile, notre spectateur ouvre la numéro 5 et en sort, fasciné et soulagé, ses lunettes en parfait état. Vous avez dit hallucinant ?

 

« La magie, ce n’est pas le magicien : c’est vous. »

Blake Eduardo fait un pari risqué en érigeant son spectateur en pièce maitresse de ses tours, au point de dépendre de lui. Très risqué, mais gagnant. Cette originalité paye et conquit le public qui finit toujours par se demander, entre rire, agacement et incrédulité : « comment a-t-il fait ? »

Déjà invité par Gilbert Rozon (jury de la France a un incroyable talent) au festival Juste pour rire de Montréal, Blake Eduardo commence à se faire un nom. A 36 ans, il doit encore engranger de la confiance pour devenir un grand nom de la magie moderne, à l’instar d’Éric Antoine. Il reviendra dans les prochains mois sur les planches de petites salles parisiennes avant, pourquoi pas, de se confronter à des publics plus conséquents et, un jour peut-être, d’occuper la tête d’affiche. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Vous retrouverez Blake Eduardo les 1er, 2 et 3 mars prochains à Rouen : https://www.theatrealouest.fr/programme/blake-eduardo-un-truc-tout-pres/

Et très prochainement à Paris, les dates seront annoncées sur son site internet : http://www.blakeeduardo.ch/blakeeduardo_accueil.html