Les entreprises familiales forment 83% du tissu économique français. Avec l’Institut BVA, la Chaire Entrepreneuriat familial et société d’Audencia Business School a voulu prendre le pouls de leur santé en regardant de plus près les entreprises familiales de la région des Pays de la Loire. Comment résistent-elles à la conjoncture ? Quelles sont leurs performances en termes d’emplois ? Leurs dirigeants ont-ils confiance en l’avenir ? A l’heure où l’économie française cherche des leviers de croissance, ce premier observatoire  de la Chaire d’Audencia livre un état des lieux inédit des entreprises familiales et de leurs dirigeants.

Le sondage réalisé par téléphone et via internet auprès de 228 chefs d’entreprises des Pays de la Loire livre les enseignements suivants :

Un moral en demi-teinte mais des indicateurs de santé plutôt solides

Sur une échelle de 1 à 10, les chefs d’entreprise attribuent la note moyenne de 6,8/10 à leur moral par rapport à leur entreprise. Dans le détail, les résultats font apparaître un excellent moral des chefs d’entreprise du secteur des services et d’entreprises de grande taille alors que ceux du secteur de la construction/BTP et d’entreprises de petite taille ont un moral en berne.

Un chiffre d’affaires en hausse

Les 2/3 des entreprises font état de la progression de leur chiffre d’affaires en 2015, dont 46% de plus de 2%. Un résultat à relativiser en raison des entreprises familiales qui ont connu une récession de leur chiffre d’affaires l’an passé (33%).

Des carnets de commandes en augmentation

Concernant les indicateurs de santé de l’entreprise, les chefs d’entreprise dans leur grande majorité font état d’une progression ou d’une stabilité de leur carnet de commandes : en augmentation pour 41% d’entre eux et stable pour 39%.

Stabilité de l’emploi et fidélité des salariés

Comme en 2015, les entreprises ont jusqu’à présent maintenu leurs effectifs (46%) ou les ont augmentés (39%). Seules 15% déclarent les avoir réduits. Ces tendances devraient se confirmer jusqu’à fin 2016

Du côté des salariés, l’attachement à leur entreprise est réel, 85% des dirigeants d’entreprises familiales déclarant ne pas avoir de difficulté à les fidéliser.

Problèmes de recrutement

Concernant le recrutement, la difficulté se situe dans la recherche de compétences spécifiques. C’est une problématique à laquelle sont confrontés 63% des chefs d’entreprise interrogés et pour 37% d’entre eux il s’agit même de la principale difficulté. Viennent ensuite le manque d’attractivité (30% des citations) et le manque d’attractivité des salaires (29%). Les autres problèmes identifiés concernent le risque financier inhérent à un mauvais recrutement (25%), la localisation de l’entreprise (18%), le fait de ne pas parvenir à trouver les bons canaux de recrutement (14%) ou encore le fait de ne pas pouvoir proposer des contrats pérennes.

Un développement davantage tourné vers l’innovation que l’international

6 chefs d’entreprise sur 10 (61%) déclarent financer leur investissement par l’emprunt. Un emprunt jugé « sans risque » par 48% d’entre eux et « plutôt sans risque » par 35%.

Plus de la moitié des entreprises familiales (55%) n’a aucune activité à l’étranger. Seules 31% réalisent moins de 15% de leur CA à l’international. Les deux tiers des chefs d’entreprise considèrent que le développement d’une activité à l’international n’est pas prioritaire pour leur entreprise. 69% pensent que cela n’est « plutôt pas » prioritaire.

74% des entreprises annoncent avoir mis en place des dispositifs en vue de favoriser l’innovation. 40% d’entre elles déclarent même s’y être beaucoup investies. Un investissement nettement supérieur à celui des entreprises non familiales et que les chefs d’entreprises familiales, sur la thématique de la R&D, évaluent entre 1 et 5% de leur CA.

Le numérique : une opportunité plutôt qu’une menace

38% des chefs d’entreprise estiment que le numérique crée plus d’emplois et de métiers qu’il n’en détruit. Ils ne sont que 16% à penser le contraire.

Une transmission d’entreprise dans le cercle familial

Si les dirigeants venaient à céder leur entreprise, les repreneurs envisagés seraient majoritairement choisis dans le cercle familial (36%), notamment pour les entreprises les plus anciennes, créées avant 1975 (60%) et les entreprises de 200 salariés et plus (60%). Ils sont 32% à déclarer vouloir recruter une personne du métier qui n’est pas membre de la famille. Si l’entreprise restait dans la famille, la transmission se ferait via un LBO (Leverage Buy-Out), pour 54% des chefs d’entreprise.

Pour préparer leur successeur au métier de dirigeant, les chefs d’entreprise indiquent comme priorité la transmission du savoir-faire. 54% déclarent vouloir assumer eux-mêmes cet accompagnement. La formation en école de commerce est citée comme levier par 16% des chefs d’entreprise et même 27% des chefs d’entreprise de plus de 200 salariés.

L’ancrage territorial perçu comme un atout

9 chefs d’entreprise sur 10 se déclarent fortement attachés au territoire où leur entreprise est implantée et 6 sur 10 très attachés.

Pour la moitié des entreprises, cet engagement se traduit par des activités culturelles, sociales ou sportives au niveau régional.  Les entreprises les plus importantes sont aussi les plus impliquées sur leur territoire : 77% des entreprises de 200 salariés et plus se déclarent engagées dans leur région ainsi que celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros. En outre, pour 8 dirigeants sur 10, l’ancrage territorial contribue à la qualité des relations avec les partenaires locaux et à l’image de l’entreprise en tant qu’employeur, auprès des salariés et des clients. A ce constat s’ajoute la reconnaissance d’un impact positif de l’ancrage territorial sur l’activité économique de l’entreprise (71%), ses produits et ses services.

A terme, ces travaux de recherche vont évoluer. Audencia prévoit de travailler sur la question avec l’ensemble des Chambres de Commerce et d’Industrie des Pays de la Loire, une région particulièrement riche en entreprises familiales.

« L’enquête réalisée par Audencia, avec l’appui de BVA, auprès d’un large panel d’entreprises familiales ligériennes est riche d’enseignements. Elle nous conforte tout d’abord dans l’idée que l’entreprise familiale sait plus que d’autres fidéliser son personnel et lui transmettre une véritable culture d’entreprise, ce qui lui permet de mieux traverser les crises et d’amortir les chocs sociaux. Mais l’entreprise familiale, on le constate également, est un modèle économique qui privilégie une gouvernance plus humaine loin d’une économie purement financière et qui amène le dirigeant à avoir une véritable vision de l’avenir de son entreprise telle qu’en témoigne la capacité des entreprises patrimoniales à innover bien plus que d’autres entreprises. Enfin, il apparait clairement à la lecture de ce sondage que les entreprises familiales sont attachées, à l’heure de la mondialisation, à leur ancrage territorial qui est perçu par plus de la moitié des chefs d’entreprises comme bénéfique. C’est cet enracinement dans le territoire qui crée chez l’entrepreneur patrimonial une volonté de développer son environnement qui dépasse ainsi la simple recherche du profit. C‘est ce modèle d’entreprise familiale, auquel nous sommes attachés, que nous devons conforter dans les Pays de la Loire » souligne Bruno Retailleau,  Président  de la Région des Pays de la Loire.

La Chaire Entrepreneuriat Familial et Société d’Audencia a pour vocation la production et la diffusion de connaissances afin de contribuer à la pérennité et à la compétitivité des entreprises familiales.  La Chaire, fondée en juin 2013, bénéficie du soutien du CIC, d’EY et de Fleury Michon, en partenariat avec le MEDEF Vendée. Trois autres membres ont plus récemment rejoint le comité de pilotage : le groupe Dubreuil, le Conseil Général de la Vendée ainsi que le Groupe Sepamat (Europcar Atlantique).