L’avenir des grandes écoles, universités et grandes entreprises : Ecole des Ponts ParisTech

 

A la tête d’Aéroports de Paris depuis 2003, Pierre Graff, président directeur général, a fait du groupe aéroportuaire l’un des 3 premiers acteurs dans le monde avec 37 aéroports en concession et plus de 180 millions de passagers. Après une première partie de carrière dans la haute administration, cet X 68, ingénieur du corps des Ponts et Chaussées 73, a basculé dans le monde de l’entreprise. Il évoque son parcours et ses expériences complémentaires.

Pierre Graff, X 68, (ingénieur du corps des Ponts 73), président directeur général d’Aéroports de Paris

Pierre Graff, X 68, (ingénieur du corps des Ponts 73), président directeur général d’Aéroports de Paris

Du terrain aux arcanes du pouvoir
« Mon parcours se décompose en deux grandes périodes, une de terrain et une parisienne, déclare Pierre Graff, j’ai beaucoup tourné en DDE pour acquérir un panel complet des différentes sciences que l’on est sensé maîtriser. On traite des dossiers moins stratosphériques qu’en cabinet ministériel mais on voit les vraies personnes. C’est une bonne école, une épreuve d’humilité. » 86 marque un tournant dans sa carrière, il apporte un regard concret au cabinet du ministre de l’Equipement et des transports, évolue ensuite au sein de différents postes ministériels. Nommé à des postes plus visibles, plus prestigieux, il est amené à traiter de dossiers d’intérêt national et à pratiquer les arcanes du pouvoir. Il prend un nouveau départ en 1995 à la Direction de l’Aviation Civile et rejoint Aéroports de Paris en 2003. « Avec le recul, j’ai mené une carrière solide, avec une progression constante. Je me rends compte à quel point les expériences de la haute administration et de l’entreprise sont complémentaires et à quel point elles gagneraient à se fertiliser. »

 

Des atouts uniques
2ème groupe aéroportuaire européen pour le trafic de passagers, Aéroports de Paris qui possède et exploite les 3 principaux aéroports d’Ile-de-France, Paris- Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget, a battu son record de trafic en 2011 avec 88,1 millions de passagers accueillis. Aéroports de Paris dispose d’atouts uniques en Europe, à commencer par sa localisation privilégiée, ses capacités en termes de pistes et de terminaux. Il accueille sur ses 3 aéroports complémentaires une clientèle diversifiée de près de 189 compagnies aériennes. Le contrat de régulation économique conclu avec l’Etat, permet à l’entreprise de développer toutes sortes d’activités annexes créatrices de valeurs, ce qui constitue un atout cap, en déployant une politique tarifaire pas trop agressive, à continuer à investir pour réhabiliter et remettre aux normes les bâtiments les plus anciens. Il est prudent aussi de diversifier son portefeuille. Le marché aérien européen arrive à maturité, d’où l’idée de trouver des ressources additionnelles et des relais de croissance pour le moyen et le long terme en acquérant une nouvelle dimension internationale. » L’accord de participation croisée dans l’aéroport Amsterdam Schiphol et la prise de participation dans l’opérateur aéroportuaireturc TAV s’inscrivent dans cette démarche. Le groupe reste à l’affût d’autres opportunités, notamment au Brésil.

 

Aménageur et investisseur
Pour viabiliser son modèle économique et satisfaire les attentes des passagers, Aéroports de Paris développe des activités annexes très rentables. ADP a augmenté, structuré et densifié sa surface commerciale et propose de nombreuses enseignes sur ses 49 600 m2. « Les passagers étrangers raffolent de la french touch, c’est une façon d’exporter notre savoir-faire, nous avons laquasi-totalité des grandes marques. La recette tient en peu de mots, il faut savoir proposer les bons produits au bon endroit, ce qui nécessite des études de marché et une grande réactivité. Le chiffre d’affaires moyen par passager en zone internationale au départ est passé de 9.8 € à 15.1 €. Nous visons 14.4 € en 2015. » Nous visons 17,40 € en 2015. » L’immobilier tient une place de choix dans la stratégie d’Aéroports de Paris, qui détient en pleine propriété l’ensemble de ses actifs, soit 6 686 hectares de terrains et bâtiments, dont 1 200 hectares qu’il est possible de dédier à l’immobilier. Hormis son offre dans l’immobilier aéroportuaire, où il détient une position monopolistique forte, le groupe, aménageur et investisseur, se diversifie dans l’immobilier de bureaux et fonctionne comme une foncière intégrée de premier plan.

 

ADP à l’ère du développement durable
Pierre Graff a engagé Aéroports de Paris dans une démarche de développement durable exemplaire en prenant un certain nombre d’engagements personnels, notamment celui de réduire de 20 % les consommations  internes d’énergie par passager. « L’objectif est déjà atteint, nous visons 40 % à l’horizon 2040. Nousnous sommes engagés à appliquer une démarche HQE aux nouveaux bâtiments et à développer les énergies renouvelables. Grâce aux 11 M€ investis dans la géothermie à Orly, nous chauffons la moitié des aérogares et économisons 9 000 tonnes de CO2 par an. De même un système de chaufferie par centrale biomasse sera opérationnel à Roissy à la fin de l’année qui permettra lui-même de réduire nos émissions de CO2 de 18 000 tonnes par an. Par ailleurs, nous recevrons l’année prochaine 200 véhicules électriques. »

 

Promouvoir les talents
Aéroports de Paris emploie un peu moins de 7 000 collaborateurs, dont 100 cadres à haut potentiel. Doté d’une équipe d’experts qui constitue la force de l’entreprise, ADP met en oeuvre une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences basée sur la promotion interne et la formation. La politique de « vivier cadres » mise en place consiste à recruter une quinzaine de jeunes diplômés par an, jeunes diplômés de grandes écoles et d’universités ou jeunes avec un peu d’expérience, de leur confier 3 à 4 postes pendant 2 ans pour qu’ils apprennent l’entreprise, ses différentes facettes et ses métiers. Ce système de vivier permet de fidéliser les meilleurs.

 

A.M.

 

Contact
www.aeroportsdeparis.fr