Dans une période morose, on rêve de trouver une profession cumulant tous les avantages: plaisir du travail au quotidien, stimulation intellectuelle, tranquillité d’esprit dans un métier sans chômage, salaire parmi les meilleurs, et des entreprises qui vous convoitent …

Loin d’être un rêve, cette profession existe : Actuaire. Voici un métier méconnu du grand public en Europe sauf au Royaume- Uni, mais qui s’affiche fièrement en tête des classements des meilleures professions depuis longtemps. Seule condition pour le pratiquer : avoir un goût certain pour les mathématiques, la comptabilité et la finance. Les actuaires ne manquent ni de travail ni de reconnaissance dans l’entreprise, notamment en France où leur pénurie se fait sentir depuis plusieurs décennies.

 

Quel est donc ce métier ?
L’actuaire a pour mission d’évaluer les risques dans l’assurance, la finance et l’industrie. En assurance, il sera à la fois celui qui établit les prix, mesure les risques et la rentabilité, mais aussi celui qui vérifie que les engagements de la compagnie pourront être respectés et qui signe les comptes. Dans la finance, il peut aussi bien concevoir des modèles ou opérer directement sur les marchés, notamment les plus complexes d’entre eux. C’est aussi un métier de conseil, dans un grand cabinet d’actuariat ou d’audit, ou en libéral.

 

Pourquoi les entreprises les recherchent ? Pourquoi la pénurie ?
Les entreprises ont désormais conscience de recéler de nombreux risques : sur leurs actifs, leurs passifs ou sur l’opérationnel. Elles ont découvert, avec un événement comme le World Trade Center, que les risques peuvent être corrélés entre eux et arriver simultanément. C’est d’autant plus vrai dans une société mondialisée. L’univers de la réglementation se renforce aussi, suite à Bâle III et Solvency II. Les compagnies doivent pour assumer leurs obligations légales obtenir des évaluations des risques de plus en plus régulières et précises, et communiquer sur le sujet. Or, les formations d’actuaire n’ont pas augmenté leurs promotions suivant la demande, peu de formations existent, créant une pénurie chronique d’actuaires, en particulier en France. Traditionnellement, les actuaires étaient des statisticiens spécialisés en assurance, mais sont maintenant reconnus comme des spécialistes du risque, dans le secteur n’ayant pas pris conscience de cette évolution, boudent la filière. Ils collent à l’actuaire l’étiquette de technicien passant son temps à calculer des primes d’assurance et pensent ce métier restreint aux assurances. A ce titre, ils lui préfèrent la finance, même si suite à la crise financière et au chômage grandissant dans ce secteur, ils commencent à revoir un peu les choses … sans compter que l’actuaire se doit aussi d’avoir une bonne maîtrise de la finance. Mais ce n’est qu’une dimension de ce métier aux multiples facettes !

 

Combien y a t-il d’actuaires en France et de formations ?
Il y a aujourd’hui environ 2250 actuaires, inscrits à l’Institut des Actuaires qui fédère et surveille la profession. L’appellation est surveillée et 250 nouveaux actuaires sont inscrits par an, 150 issus de la dizaine de formations existantes reconnues par l’Institut, et 100 provenant de promotions dues à l’expérience en entreprise ou diplômés de l’étranger.

 

L’ESSEC : une voie à privilégier pour être actuaire ?
L’ESSEC a depuis 1991 une filière avec l’ISUP formant une dizaine d’actuaires par an. Ceux-ci sont particulièrement choyés par les entreprises. En effet, l’un des problèmes des entreprises est de faire évoluer la carrière d’actuaires souhaitant accéder à des postes de direction, mais n’en ayant ni la formation, ni parfois les qualités naturelles. En revanche, les anciens de l’ESSEC ont appris et ont été sélectionnés pour la pratique du management ; leur évolution se fait donc naturellement et rapidement, ce que les entreprises disent grandement apprécier. Une sensibilisation à la recherche est présente via des laboratoires de recherche auxquels sont adossées ces filières. L’ESSEC s’est dotée de CREAR et son WG Risk : les étudiants y sont confrontés à la recherche en participant à des séminaires sur des sujets d’actualité et ont ainsi des contacts avec professionnels et académiques de haut niveau.

 

Voir aussi l’article de Emmanuel Dubreuil (ESSEC 91) :
Actuaire, le meilleur métier du monde
http://www.essec.edu/news-programs/programs-news-detail/article actuaire-le-meilleur-metier-du-monde. html

 

Par Marie Kratz,
Professeure, Directrice de CREAR, Centre de Recherche

Econofinancière et Actuarielle sur le Risque – ESSEC
Responsable de la filière actuariat ESSEC-ISUP Actuaire IA
http://www.essec.edu/faculty/marie-Kratz
http://crear.essec.edu