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« A l’INSA Lyon, on fait des choses décoiffantes mais sans renverser la table pour faire le buzz ! »

INSA Lyon
crédit N. Robin

Des ingénieurs épanouis par une formation qui cultive tous les pans de leur personnalité, toute la richesse et les potentiels qu’ils peuvent exprimer : voilà comment Frédéric Fotiadu résume la richesse de la formation INSA. Il nous explique comment celle-ci se décline à l’INSA Lyon, école qu’il dirige depuis 2019.

La place de l’INSA Lyon au sein du Groupe INSA ?

INSA Lyon
crédit N. Robin

Créé en 1957, l’INSA Lyon est le frère aîné dans la fratrie des INSA. Si le modèle a fait flores depuis, nous restons son plus grand établissement et la plus grande école d’ingénieurs française numériquement (6 420 inscrits, soit la taille d’une jolie université de technologie). Une histoire et une taille qui nous permettent d’expérimenter facilement de nouveaux dispositifs. Tout en conservant toujours « un petit temps d’avance. » Car nous avons conscience d’avoir été un pionnier et d’être investis de cette mission d’innovation permanente qui consiste à explorer des voies qui ne sont pas évidentes et à faire des paris originaux.

Ce qui vous a permis de vous tourner très tôt vers des questions de société ?

Effectivement. Car le sens des responsabilités est très important chez nous. L’INSA est en permanence tourné vers le bien public et le bien commun. Il en va de notre responsabilité de toujours produire de nouveaux dispositifs œuvrant pour la prospérité de la Nation et, plus largement, pour la résolution des problèmes de la société et du monde. A ce titre, l’INSA Lyon a plus un devoir d’aînesse qu’un droit d’aînesse vis-à-vis du Groupe et de cette marque INSA.

Le partage : votre leitmotiv ?

Chaque fois que nous avons un dispositif éprouvé qui nous semble avoir de la valeur pour développer la marque et le groupe, nous nous inscrivons en effet dans une démarche de partage avec les INSA. Comme nous l’avons fait avec la Fondation par exemple : nous avons créé la nôtre il y a 10 ans et aujourd’hui, tous les INSA ont la leur, dont la plupart sont hébergées par la fondation du Groupe. Nous avons un rôle important à jouer mais nous le jouons sans arrogance : l’INSA Lyon ne préside pas le Groupe et c’est très bien !

La performance est donc toujours collective pour l’INSA Lyon ?

Ce partage est en tout cas source d’une dynamique absolument remarquable ! Nous partageons ce modèle de formation et la marque qui y est associée, qui nous obligent à être toujours à la hauteur de la promesse. Nous les cultivons ensemble ce modèle d’ingénieur humaniste pour mieux adapter cette notion philosophique intemporelle aux circonstances du monde. Ces actions partagées sont aussi une preuve de notre performance collective. Open INSA a par exemple été un atout incroyable au moment de la crise sanitaire.

Des exemples de dispositifs innovants initiés à l’INSA Lyon ?

Je pense d’abord à l’Institut Gaston Berger créé il y a plus de 10 ans, qui s’interroge sur cette nécessité de penser et de suivre les questions d’ouverture sociale et de mettre au cœur de notre modèle la diversité dans toute sa complexité. Cette volonté d’être toujours à la hauteur de notre promesse initiale donne des résultats et a ensuite été développé au sein du Groupe. Le Livre blanc sur la diversité sociale dans les INSA s’est d’ailleurs nourri de cette capacité à repérer des signaux faibles et à mener des enquêtes sur des cohortes. Ce qui nous a permis de nous emparer collectivement de cette question à un niveau de réflexion très approfondi et assez inhabituel. Je pense également à la prospective, dont l’INSA Lyon, s’est saisie à l’occasion de son 60e anniversaire. Cette volonté, dès 2018, d’envisager et d’imaginer les scénarios du futur au regard de l’urgence à se saisir des enjeux sociaux et écologiques.

Que vous souhaiter pour 2022 ?

J’appelle de mes vœux que la campagne présidentielle amène à une prise de conscience de l’importance de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche et de la formation des ingénieurs en particulier, qui se traduira par des faits et des engagements. Car on n’affrontera pas les défis du temps sans les ingénieurs et les cadres scientifiques.

Les arts et la culture ont une puissance transformante pour l’ingénieur INSA

Si les humanités constituent un élément central de la formation de l’INSA depuis sa création, l’école dispose aujourd’hui d’un Centre des Humanités, un centre de formation transversal qui s’adresse à tous les étudiants, tous départements confondus, autour de trois pôles : langues, SHS, art & culture.

Il rend ainsi plus évident le lien entre arts, culture et ingénierie, un lien nourri par la vie culturelle foisonnante de l’INSA Lyon et qui favorise le décloisonnement des disciplines. Un décloisonnement particulièrement vertueux selon Carine Goutaland, directrice du Centre. « Faire un parallélisme entre les approches scientifiques et artistiques permet d’expérimenter le monde, de le penser autrement et de le transformer. Cela peut paraître ambitieux mais nous sommes dans un contexte où la complexité des enjeux fait de l’approche artistique un moyen de valoriser d’autres formes de rationalité mettant en jeu le sensible et ainsi, d’avoir une plus large compréhension du monde. » Plus qu’un supplément d’âme, elle y voit un élément central du modèle d’ingénieur que l’INSA veut réformer. « Cette capacité à mieux ressentir et comprendre le monde dans toutes ses dimensions est aussi important pour développer sa capacité d’agir. Les arts et la culture ont une puissance transformante qu’il ne faut pas négliger, notamment dans l’approche que nos ingénieurs ont du vivant. »

Zoom sur la Fondation partenariale de l’INSA Lyon

Au-delà des traditionnelles (mais néanmoins essentielles) levées de fonds, la Fondation partenariale de l’INSA Lyon s’illustre aussi comme un trait d’union entre l’école et le monde socio-économique.  

« Nous émettons vers l’extérieur des idées et des projets qui attirent des moyens financiers, mais nous générons également de nombreuses interactions avec les collaborateurs de nos entreprises partenaires à travers différents programmes » indique son directeur Alexis Méténier. La Fondation intervient ainsi sur trois grands axes. La vie de campus bien sûr, mais aussi la formation grâce au programme Convergences. « Nos enseignants partagent avec les entreprises leurs problématiques de transition (vision du rôle d’ingénieur, compétences…) et en retirent des cas d’usage pour leurs cours. » Troisième axe de la Fondation : la recherche. A travers des chaires, mais aussi à travers les Alliances avec des institutions ou des ONG. Un dispositif dans la droite ligne de la philosophie INSA dans sa volonté de répondre, par la science, aux enjeux d’une une société responsable sur de grands sujets comme l’inclusion ou la  biodiversité par exemple.

Au cœur des interactions

Hybridée avec la Direction du développement de l’école, la Fondation s’illustre comme « la plaque tournante de toutes les interactions extérieures ». Un positionnement la dotant ainsi d’une vraie force de frappe, pleinement mesurée lors du premier confinement notamment. « Nous avons réussi à mobiliser toute la communauté des diplômés autour d’une collecte exceptionnelle de 100 000 €. Cela montre que la Fondation est une structure qui sait se mobiliser, produire des résultats et agir à bon escient : ça a marqué tout le monde ici. »

L’INSA Lyon a un taux de féminisation record !

En 2020, l’INSA ne comptait pas moins de 49 % de jeunes filles en 1A et 39 % sur ses cinq ans de formation (la moyenne nationale des écoles d’ingénieurs s’élève à 28 % ndlr).

Tout ça « sans aucune discrimination positive ! » précise Sonia Béchet, directrice de l’Institut Gaston Berger. Mais alors comment expliquer ce taux record ? « D’une part, parce qu’elles ont de meilleurs résultats en Première et en Terminale. D’autres part, parce que nous inscrivons dans un cercle vertueux : plus il y a de filles dans nos promos, plus elles sont nombreuses à se sentir légitimes à candidater. Sans oublier les nombreuses actions de sensibilisation que nous menons auprès des collèges et des lycées, ainsi que la présence de nombreuses filières artistiques et internationales, qui attirent les candidates. Autre action, symbolique mais éminemment vertueuse : l’école s’est engagée à rebaptiser la moitié de ses 19 bâtiments avec des noms de femmes scientifiques pour lutter contre l’invisibilisation des femmes dans l’espace public. En 2018, elle n’en comptait que deux : la bibliothèque et l’infirmerie ! »

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