A l’occasion de la sortie de son ouvrage « 72 regards sur le management en 2030″, la Maison du Management a convié managers, consultants, coachs, professeurs et entrepreneurs à échanger sur ce thème. Morceaux choisis d’une convention riche en réflexions et en prospections.

 

 

Management en 2030 : les mots pour le dire

 

Benoit Tuslane et Jeanne-Marie Hallion sont d’abord revenus sur les résultats de l’étude Le management en 2030 dont ils sont co-auteurs. La salle a ainsi été interrogée sur les mots clés revenus le plus souvent parmi les réponses des participants à l’étude. Si les termes «révolution numérique», «durable», «accélération», «mondialisation», «financiarisation», «féminisation» ou «génération» ont été récurrents, d’autres comme  « émotion», «plaisir» ou encore «institution» n’ont en revanche pas été plébiscités.

 

4 points cardinaux

 

Ont ensuite été relevés 4 points cardinaux révélateurs de l’esprit de ces regards sur le management en 2030.

La révolution technologique d’abord, considérée comme une 3ème révolution industrielle d’où émergent innovation, omniprésence des réseaux sociaux, connexion permanente et phénomènes de robotisation.

La rupture sociétale ensuite, dominée par une interculturalité réelle et une montée en puissance du leadership au féminin, par l’émergence d’un management d’entrepreneurs autonomes ainsi que par de nouveaux comportements chez de jeunes générations capables de s’engager et de désengager très rapidement.

La métamorphose des organisations passe quant à elle par une agilité devenue norme, la disparition progressive du lien de subordination, un accroissement de la complexité, une ubérisation progressive de l’économie et des organisations plus horizontales où l’intelligence est collective.

L’évolution des pratiques managériales enfin, caractérisée par l’attente d’un leadership humble, qui éclaire, plus dans la confiance que dans le contrôle, qui anime plus qu’il ne dirige, plus collaboratif et qui sait se remettre en question.

 

 

Des évolutions majeures

 

Trois experts de la question managériale ont ensuite échangé avec la salle au sujet de cette société de 2030, hybride et foisonnante générant des organisations agiles, collaboratives, responsables, humanistes et apprenantes.

Pour Charles-Henri Besseyre des Horts (professeur émérite à HEC Paris, auteur d’une quinzaine d’ouvrages de management), l’impact des technologies s’avère crucial. «Quand on pense un nouveau système technique, il faut aussi s’intéresser à son impact social» insiste-t-il. L’évolution des formations en management est-elle aussi centrale. «Dire qu’on passe d’un leadership d’élite à un leadership de l’équipe sous-entend que c’est ce qu’on apprend dans les business school. Or, elles restent encore beaucoup centrées sur le modèle taylorien. La vraie préoccupations de demain est de savoir comment on prépare les élites aujourd’hui.»

Pour Thierry Bois (Président de PriseDirect, co-rédacteur de la newsletter Management Post Moderne), «on passe de la raison à la passion, de la durée à l’intensité, de l’enjeu au jeu, de la dispersion à la focalisation et de l’individu rationnel à la personne sensible.» C’est pour cela qu’il voit dans la problématique du sens LA question clé du management en 2030.

Pour Jacques Chaize enfin (auteur-conférencier, ancien président du CJD, co-fondateur de SOL France, chef d’entreprises), de grandes tendances devront être conciliées avec des résistances. L’impact des technologies et l’économie d’échelle, l’individualisation et la massification et enfin la figure patronale dans une entreprise avec une montée en puissance de l’impact du capital humain.

CW.