Jean-François Giret, professeur de sciences de l’éducation, directeur de l’IREDU (Institut de recherche sur l’éducation), Université de Bourgogne, président du collège scientifique de l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE).

 

Quel impact des conditions de vie de l’étudiant sur sa réussite ?

Je m’intéresse aux étudiants qui travaillent. En incluant les stages et l’apprentissage cela concerne la moitié des étudiants. Le travail salarié se situe à environ 20 % des effectifs, ce sont ceux qui doivent travailler pour vivre. Cela concerne plus les jeunes issus de milieux modestes et le premier cycle. L’emploi est concurrentiel par rapport aux études et pèse sur la réussite. D’autres éléments des conditions de vie interfèrent sur la réussite comme habiter chez ses parents (facteur positif) ou seul (contrainte), la situation de précarité.

Le vécu de l’étudiant s’avère aussi très important dans sa réussite ?

L’OVE a mené une étude à ce sujet. Elle révèle que 22 % des étudiants interrogés estiment avoir été discriminés par le système d’orientation, de notation, des camarades, l’administration, des professeurs. Derrière ce sentiment se cache l’idée d’être mal traité, isolé, mal intégré, mal à l’aise et donc moins satisfait de ses études.

Quid des dispositifs d’aide à la réussite ?

On se rend compte que si ces dispositifs sont optionnels ils ne touchent pas ceux qui en ont le plus besoin. La solution serait de les rendre obligatoires, ce qui pose la question des moyens humains et financiers… Il faut a minima mieux informer. Le point positif c’est l’évolution des services avec plus d’accompagnement dans la construction du projet académique et professionnel ; des pédagogies innovantes ; une montée en puissance de la professionnalisation (licence pro, densification des liens avec les recruteurs).