LA RÉUSSITE DE POLYTECHNIQUE EST EXEMPLAIRE DEPUIS 220 ANS. MAIS POUR JACQUES BIOT, PRÉSIDENT DE L’ECOLE, PAS QUESTION DE SE REPOSER SUR SES LAURIERS. LA RÉUSSITE SE CONJUGUE SURTOUT AU FUTUR.

 

JACQUES BIOT, PRÉSIDENT © Ecole polytechnique J. Barande

JACQUES BIOT, PRÉSIDENT © Ecole polytechnique J. Barande

 

 

Qu’est-ce qui a fait de l’X une formation de référence ?
La réussite de l’établissement est d’abord liée à celle de ses diplômés dans le secteur public, dans la recherche et dans l’industrie. Un cercle vertueux remontant aux origines de l’Ecole génère la réussite par l’interaction entre les excellences : de très bons enseignants-chercheurs attirent de très bons élèves qui attirent les meilleurs professeurs ! La renommée de l’X à l’international est également liée à la réussite de ses anciens et à la force de ses laboratoires.

 

Quels sont ses atouts que vous vous attachez à développer ?
Avant tout le sens de l’intérêt général qui est dans l’ADN de l’X. Les polytechniciens le développent au travers de leur formation humaine et militaire, de leurs activités sportives. La pluridisciplinarité du cursus est un facteur de différenciation et une clé pour prendre de la distance, faire se questionner les sciences les unes par rapport aux autres. Le lien intime entre enseignement et recherche est un facteur déterminant de l’excellence de l’Ecole et de ses diplômés. Le cursus donne aussi la part belle aux humanités pour former des profils complets et équilibrés. Nous développons en outre de manière volontariste l’audace et l’esprit d’entreprendre chez nos élèves et à l’échelle de Paris-Saclay.

 

« L’X a vocation à redonner de la cohésion sociale au pays via la croissance et les emplois que génèrent aujourd’hui et pour l’avenir, ses laboratoires et ses diplômés. »

Quels adjectifs utiliseriez-vous pour qualifier les polytechniciens et leur contribution au pays ?
Brillants, généreux et bien formés. Ils apportent une contribution à l’économie, aux entreprises et au pays grâce à leur sens du collectif, leur agilité intellectuelle, leur ouverture, leur générosité et leur audace.

 

Quelle est la contribution de l’X pour la réussite future de la France ?
Je considère l’X comme un outil de réconciliation dans une France fracturée entre le public et le privé, entre ceux qui considèrent les technologies comme moteur de la prospérité et ceux qui les rejettent pour des raisons environnementales. Ces lignes de fracture sont bloquantes pour le pays. L’X forme des jeunes qui oeuvreront à tous ces domaines. C’est un ciment pour le dialogue futur. Les X et nos enseignants-chercheurs contribuent directement à créer de la croissance et des emplois par leurs positions dans les entreprises, en innovant, en créant des entreprises.

 

Quels sont ses apports scientifiques ?
Notre mission est de nous positionner sur les ambitions du pays en répondant aux besoins en technologies disruptives. Nous nous positionnons ainsi sur les data sciences, les objets connectés ou encore les sciences de la vie. Nos 20 laboratoires ont identifié 8 axes de recherche transdisciplinaires répondant à des attentes sociétales fortes comme la bio-ingénierie ou les énergies.

 

Y a-t-il une manière de réussir « à la française » ?
Je dirais qu’elle se caractérise par une manière moins égoïste de réussir. On réussit à la fois pour soi et pour l’intérêt général. Je la qualifierais aussi d’économe. Limités dans nos dépenses, cela nous impose de mettre en oeuvre une forme d’intelligence spécifique, de développer des concepts optimisés.

 

Qu’est-ce qui vous rend fier d’être Français ?
Ma fierté c’est lorsque la France est reconnue à l’étranger. Lorsque des créateurs d’entreprises sont fiers d’arborer la bannière de la French Tech. Lorsque le CEO monde de Cisco, J. Chambers, vient à l’X pour signer une Chaire car il reconnait notre excellence après qu’un élève ait résolu un problème sur lequel ils achoppaient durant son stage chez eux !

 

A.D-F