spécial Président(e)s

 

Au-delà de ce livre riche en culture historique et en anecdotes, la Franc-maçonnerie représente une institution incontournable de la vie française comme nous le dévoile Emmanuel Pierrat.

 

Emmanuel Pierrat à gauche et Laurent Kupferman à droite

Emmanuel Pierrat à gauche et Laurent Kupferman à droite

« La Franc-maçonnerie est toujours bien présente en politique. »
Sous la Vème République, il y a toujours eu des ministres francs-maçons, actifs en loge, et beaucoup d’autres, initiés, mais moins actifs. Le Sénat, terreau maçonnique important, compte plus de parlementaires francs-maçons que l’Assemblée Nationale, avec un grand nombre de sénateurs francs-maçons occupant les postes clés autour de la présidence. Dans le gouvernement Ayrault, on trouve six ministres engagés en Franc-maçonnerie, à la tête de ministères importants qui touchent à des sujets reliés aux préoccupations des loges, sans compter les ministres initiés qui sont une dizaine. Des maçons peuvent également soutenir à titre individuel des chefs d’état étrangers mais ce n’est pas de la Franc-maçonnerie elle-même qui s’implique en tant qu’organisation au niveau des obédiences.

 

« Aujourd’hui, ce n’est pas un phénomène rare. »
On rencontre un nombre très substantiel de Francs-maçons dans toutes les sphères de pouvoir. La conjonction grand patron et franc-maçon est assez fréquente, y compris chez les grands commis de l’Etat, notamment les responsables d’entreprises publiques. Le milieu policier, l’Education nationale, les mutuelles, les assurances et les banques populaires sont des terres maçonniques ; les dirigeants de ces domaines d’activité organisent leur succession en puisant avec confiance dans le vivier maçonnique ; d’ailleurs, à la fin de leurs études, les nouveaux maçons orientent leur carrière en ce sens.

 

Constat de puissance et d’impuissance.
« Plus on atteint un certain niveau hiérarchique, plus on trouve de maçons, y compris bien sûr, chez les patrons du CAC 40, et immanquablement nous échouons  dans notre volonté de ne pas être élitiste. Par manque de disponibilité, nous éprouvons beaucoup de difficultés à conserver en loge les maçons patrons du CAC 40 et les ministres. »
Emmanuel Pierrat

 

Le coté sombre de la Franc-maçonnerie
Il existe un coté noir de la Franc-maçonnerie, mais ce n’est pas du tout celui qu’imaginent les théories du complot très présentes sur le WEB. Ainsi, des personnes non maçonnes sont présentées comme des maçons alors que dans certaines affaires impliquant des maçons, ces derniers n’apparaissent pas sous cet angle. Notre travail consiste à tirer tout cela au clair afin d’écarter ce type d’individu mais il est particulièrement difficile de réguler la maçonnerie, celle-ci étant très diverse.

 

Les terres franc-maçonnes
Dans la Russie de Poutine, les loges sont interdites comme elles l’étaient en URSS. On peut maçonner au Liban, en Israël mais pas en Libye ni en Arabie Saoudite ou en Chine, alors que dans les dictatures africaines la maçonnerie est généralement acceptée. On trouve beaucoup de maçons en Amérique du sud (Venezuela, Colombie avec notamment Simon Bolivar), aux États-Unis, aux Philippines, en Inde, en Italie, en Suisse, en Grande-Bretagne et en France.

 

Paradoxes !
Allende et Pinochet était tous les deux maçons mais si Allende l’est demeuré jusqu’au bout, Pinochet n’est resté qu’un an en loge. Bertrand Delanoë, initié, n’ayant jamais fréquenté les loges, ne peut pas être considéré en pratique comme un maçon.La Maçonnerie a été favorable à la colonisation pour des raisons d’éducation et de développement, raison pour laquelle Jules Ferry, franc-maçon, tenait un discours colonialiste auquel Gambetta, autre franc-maçon célèbre, s’opposait fermement pour éviter des dérives.

 

 

Patrick Simon