Paris IV-Sorbonne

Paris IV-Sorbonne

Paris IV-Sorbonne
Vous êtes président de Paris IV Sorbonne depuis mars 2012. Quels grands projets avez-vous conduits depuis votre arrivée ?
D’abord la mise en oeuvre de l’intégration de Paris-Sorbonne au PRES Sorbonne Universités. C’est quelque chose qui préexistait et que nous avons renforcé. Ensuite, le travail de renforcement des formations. Troisièmement, nous sommes en train de développer notre politique d’ouverture vers le grand public avec, entre autres, des classes d’été que nous faisions déjà mais que nous ferons de manière beaucoup institutions culturelles telles que le Centre Pompidou ou le Musée du Petit Palais. Enfin, le renforcement ou la création de partenariats avec par exemple les Archives nationales, le Centre des Musées Nationaux, la BNF ou le Mobilier national. Ce sont des institutions avec lesquelles nous travaillons déjà mais il y a des projets précis de collaboration renforcée.

Quels sont vos domaines d’expertise ?
Je pense que si l’on regroupe par grands domaines, à chaque fois nous sommes en tête, et ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les classements internationaux. En résumé, nos domaines d’expertise sont la littérature et la langue française, les lettres, les langues et civilisations étrangères, le grec, le latin, la géographie, les sciences historiques, la philosophie, la musicologie, et j’ajouterais l’information-communication (avec le CELSA) et la formation des maîtres (avec l’IUFM). Nous regroupons quasiment toutes les disciplines des humanités et sciences humaines, donc nos étudiants peuvent enrichir leur cursus de disciplines connexes.

Quelles sont selon vous les forces de Paris-IV Sorbonne ?
Tout d’abord, le fait que nous soyons à Paris. Je vous ai parlé de toutes les institutions avec lesquelles nous sommes en collaboration : ce sont des établissements parisiens. Deuxièmement, nous sommes une des héritières d’une université née il y a 800 ans. Quand vous avez un tel poids derrière vous, chaque génération apporte sa pierre de légitimation à la qualité scientifique de l’enseignement et de la recherche. C’est un des éléments qui nous donnent notre poids à l’international. Si nous avons pudévelopper un partenariat avec les Emirats Arabes Unis, la Chine, que nous allons travailler avec São Paulo, c’est parce qu’ils savent que leurs étudiants seront à Paris, dans une capitale culturelle.

 

Lyon 2
Vous présidez Lyon 2 depuis quelques mois. Quels sont vos projets pour l’université ?
L’essentiel, c’est de développer d’abord l’établissement. C’est un établissement tout entier tourné vers les lettres, les langues, les sciences humaines, ce qui n’est pas le plus facile. Donc il faut réussir à poursuivre la revalorisation des SHS dans la cité. Il s’agit de s’adapter à la demande sociale, réfléchir à la façon dont nous travaillons en recherche, continuer de professionnaliser nos étudiants. Cela passe aussi par la revalorisation des campus : celui de la Porte des Alpes doit être rénové, celui des Berges du Rhône est en très bon état. Et en interne, ce qui est important par rapport aux étudiants et au personnel, c’est d’essayer d’améliorer les conditions de vie et de travail, dans un contexte de crise. Et justement, concernant les étudiants, à Lyon 2 il n’y a pas de sélection à l’entrée et comme partout nous souffrons d’une même difficulté : un fort taux d’échec. Nous avons donc créé dix jours d’intégration pour apprendre aux élèves comment se comporter sur un campus, trouver les bons ouvrages, organiser sa vie après avoir été pris en charge au lycée. Il faut donner à chacun sa chance. C’est une université de sciences humaines, qui se veut humaine avant tout. Ce que nous allons développer un peu plus, c’est vraiment un suivi, au quotidien, de ces 5 000 étudiants nouveaux chaque année. Il faut gérer une masse, mais à l’échelle humaine.

Quelle est votre stratégie internationale ?
Multiplier les échanges à double sens, de sortie et d’entrée, et ne pas forcément être sur des lieux à la mode : il faut savoir pourquoi nous travaillons avec tel pays, telle université. Et puis on sait que les relations internationales ce sont aussi des hasards, des rencontres, lors de colloques par exemple.

Que répondez-vous à ceux qui déclarent que les grandes écoles sont plus proches des entreprises que les universités ?
Je réponds que :
1. Le budget d’une université comme Lyon repose à 90 % sur des fonds publics dont la part du privé reste faible,
2. Nous faisons des efforts, et nous avons développé des masters professionnels, avec des étudiants qui suivent des stages, et qui trouvent un emploi pour 80 % dans les six mois qui suivent.
De plus, nos conseils scientifiques, conseils de la vie étudiante, et CA sont ouverts à des chefs d’entreprise. Il y a également les Chaires. Nous ne sommes donc pas une citadelle repliée sur elle-même. Nous avons besoin de profiter de ce monde de l’entreprise.

 

Claire Bouleau