Les entreprises sont de plus en plus demandeuses de jeunes cadres mobiles et ouvert d’esprit. Focus sur les atouts clés pour décoller.

Si l’international était, il y a 15 ans, la récompense d’une belle carrière, c’est aujourd’hui une démarche totalement naturelle pour les jeunes diplômés à la recherche d’un premier emploi. Preuve en est, depuis la fin des années 1990, la plupart des grandes écoles ont rendu obligatoire l’expérience à l’étranger dans leurs formations. Rien d’étonnant donc à ce que la jeune génération Erasmus ait le goût de l’ailleurs.« Nous avons réussi à impacter durablement les étudiants via nos systèmes éducatifs, assure Manuelle Malot, Directrice Carrières et Prospective de l’Edhec. Paul Valéry disait : « L’étranger n’est pas loin, il est ailleurs ». C’est très vrai pour ces jeunes. Leur terrain de jeux s’est élargi. Il y a 20 ans, ils partaient en Belgique, en Suisse ou au Luxembourg. Aujourd’hui, l’Europe reste certes convoitée, mais l’Asie et l’Amérique du Sud les attirent de plus en plus. L’année dernière, 31 % de nos diplômés ont trouvé leurs premiers jobs hors de nos frontières. Certains partent dans des entreprises françaises implantées à l’étranger à la faveur d’un volontariat international en entreprise (VIE) ou d’un Graduate Programme pour les jeunes diplômés les plus brillants. Mais beaucoup sont recrutés via un contrat local par des entreprises étrangères qui recherchent l’expertise française. » Une tendance confirmée par Muriel Fagnoni, Directrice de Pôle emploi international Paris, qui fait la promotion de la mobilité. « Les entreprises étrangères nous sollicitent car elles ne trouvent pas localement les compétences dont elles ont besoin. En 2012, nous avons proposé près de 30 000 offres à l’international. Les profils qui s’exportent le mieux sont ceux basés sur les savoir-faire d’excellence pour lesquels la France est réputée, à l’instar des ingénieurs dotés d’une spécialisation (exploitation, informatique, jeu vidéo), et des diplômés d’écoles de commerce, notamment dans le domaine de la gestion et du marketing. »

 

« Il faut avoir vécu une vraie acculturation et montrer sa capacité à travailler avec d’autres nationalités »

L’excellence académique
Pour Manuelle Malot, qui a participé à la création du New Gen Talent Center à l’Edhec, le premier élément d’un profil international reste l’excellence académique ou l’Excellent academic track record. « Depuis plusieurs années, nous avons remis en place les classements des élèves car les entreprises internationales sont très demandeuses de candidat avec des notes au-dessus de la moyenne, voire dans les premiers classés de la promotion. » Bien sûr, faire carrière à l’international suppose un très bon niveau d’anglais courant. Dans beaucoup de grandes écoles, les cours sont d’ailleurs tous en anglais dès la deuxième année. Mais, bien plus que la pratique de la langue, l’exposition internationale est un élément clé pour espérer séduire les entreprises. « Les étudiants doivent avoir effectué un stage d’au moins un an à l’étranger ou avoir passé une partie de leur cursus dans un campus à l’international, souligne Muriel Fagnoni, de Pôle emploi international Paris. Il faut avoir vécu une vraie acculturation et montrer sa capacité à travailler avec d’autres nationalités. » Enfin, se faire recruter à l’international suppose d’avoir certaines qualités humaines comme le sens du résultat, la communication, les relations interpersonnelles et l’ambition. Pour Manuelle Malot, la barre est certes haute pour les jeunes diplômés, mais « l’exigence est à la hauteur des opportunités qu’on leur propose à l’étranger ».

 

F.B