Victor Hugo, dans son poème, L’expiation, pleura avec la France entière cette défaite de Waterloo, survenue au soir du 18 juin 1815. La Wallonie se prépare déjà pour célébrer le bicentenaire de cette bataille qui opposa l’empereur , de retour de l’île d’Elbe, aux Alliés, c’est-à-dire à l’Europe entière.

 

Figurants à Waterloo

Figurants à Waterloo

La route Napoléon comme les étapes d’un calvaire
Rentré à Paris, Napoléon n’avait eu que quelques semaines pour rassembler une armée de 300 000 hommes, charge confiée au maréchal Soult. Parmi les principaux chefs acceptant de marcher avec lui, il y eut donc Soult, Ney après bien des hésitations, le général Reille, Grouchy et Gérard. Devant laisser des hommes aux frontières, ce fut avec 125 000 soldats répartis en trois colonnes, qu’il entra en Belgique. En face de lui, le duc de Wellington et le maréchal Blücher, âgé de 73 ans, les Belges et les Hollandais, Espagnols, Italiens et Russes faisant aussi partie de la coalition. Soit 210 000 hommes. Sous une pluie diluvienne, les colonnes ne pouvaient progresser qu’à trois kilomètres à l’heure. Le premier jalon de cette route de 80 kms menant de Beaumont à Waterloo est Hestrud, où l’empereur fit boire son cheval avant de filer vers le nord et de parvenir à Beaumont au soir du 15 juin. Pour empêcher les Anglais de Wellington de rejoindre les Prussiens de Blücher, Napoléon lança ses hommes vers Thuin.

 

Thuin, sa cité médiévale et ses jardins suspendus
Cette cité médiévale plantée sur son éperon rocheux a gardé un beffroi du XVIè siècle, des poternes défendant autrefois son enceinte, les « postis » et d’étonnants jardins suspendus. Bien des soldats de Napoléon y refluèrent après Waterloo et ce fut là que naquit la tradition des « marcheurs », défilés évoquant les marches des armées de jadis. Non loin de Thuin, on peut voir au château du Fosteau la chambre où dormit le général Reille dans la nuit du 14 juin. Il commandait le deuxième corps et combattra au carrefour des Quatre-Bras. A Waterloo, il constituera l’aile gauche avec quatre autres divisions.

 

Dans les environs , la distillerie de Biercée et les mines du Bois du Cazier
Située dans une ferme fortifiée du XVè siècle, cette distillerie ouverte par an. Une dégustation est offerte aux visiteurs qui peuvent déjeuner au restaurant aménagé dans l’une des granges. Si Napoléon n’est passé qu’à quelques kilomètres du Bois du Cazier, chevauchant vers Fleurus et Ligny où se déroulèrent les premiers combats, les mines du Bois du Cazier subirent pourtant son influence, une loi de 1810 humanisant le dur labeur des mineurs. La mine fut classée patrimoine mondial de l’Unesco pour la catastrophe due à un incendie qui s’y produisit le 8 août 1956 et la visite de son musée est émouvante.

 

Les premiers combats à Ligny puis au carrefour des Quatre-Bras
Après avoir dormi à Fleurus, dans le château de la Paix, maintenant la mairie, au cours de la nuit du 16 au 17 juin, Napoléon se dirigea vers Ligny, où eurent lieu les premiers combats contre les Prussiens de Blücher, l’empereur suivant la bataille depuis le moulin de Naveau. En dépit de sa victoire, Napoléon, malade, souffrant d’hémorroïdes, commit l’erreur d’attendre seize heures avant d’ordonner au général Grouchy de se lancer à leur poursuite. Pour le bicentenaire de Waterloo, la chambre de Napoléon au château de la Paix sera reconstituée, un musée créé. Le second combat précédant Waterloo eut lieu au carrefour des Quatre-Bras, mené par Ney. Le duc de Brunschwig dirigea lui-même la charge contre lui et y fut mortellement touché d’une balle à l’abdomen. Un monument fut élevé à sa mémoire, un autre salua celle des Belges tués lors de ce combat, sans préciser dans quelle armée ils servaient ! La ferme du Caillou , le dernier QG de Napoléon Grouchy et Ney vainqueurs, Napoléon, confiant en son étoile, établit son dernier QG à la ferme du Caillou. On peut encore y visiter la chambre où il dormit ou arpenter le verger où bivouaqua, la nuit du 17 au 18 juin, les chasseurs à pied de la Garde impériale. Huit kilomètres le séparaient de Wellington, déjà installé à Waterloo.

 

La cavalerie de Ney à Waterlo

La cavalerie de Ney à Waterlo

Un champ de bataille de six hectares
En ce matin du 18 juin où il pleuvait de nouveau, 140 000 hommes se trouvaient face à face, à quelques 1300 m de distance. L’empereur voulait enfoncer le centre de Wellington, puis marcher sur Bruxelles. Pour créer une diversion, il attaqua la ferme d’Hougoumont, à la droite de l’armée anglaise. Les boulets français, ricochant sur le sol boueux, n’y firent que peu de dégâts. Puis il donna l’ordre à Drouet d’Erlon de marcher sur le centre anglais avec ses 17 000 hommes, mais le terrain vallonné empêcha l’efficacité de la manoeuvre. Aussi cavaliers, mais sans aucun soutien. Les Anglais, rassemblés en carrés, ne plièrent pas. Quand arrivèrent en renforts 30 000 Prussiens venus de Liège, la défaite était consommée, même si Napoléon fit encore donner sa Garde, qui dut reculer à son tour. L’empereur en fuite, 7 000 morts français jonchaient le champ de bataille.

 

Pour en savoir plus :
www.laroutenapoleonenwallonie.be
. Thuin, Office du Tourisme Tél. 00 32 71 595454.
. Château du Fosteau, www.chateaufosteau.be
. Distillerie de Biercee à Ragnies, www.distilleriedebierce.com
. Le Bois du Cazier, 80 rue du Cazier, 6001 Marcinelle, www.leboisducazier.be
. Fleurus, www.fleurus-tourisme.be
. Musée provincial dernier Q.G. de Napoléon, chaussée de Bruxelles 66, 1472 Vieux-Genappe, Tél. : 00 32 71 598424.

 

La célébration du bicentenaire de Waterloo
Il y aura cinq jours de commémoration et deux spectacles, le vendredi 19 et le samedi 20 juin 2015. Vous pouvez acheter dès maintenant vos billets par www.waterloo2015.org et vous tenir informé sur www.vo-event.be

 

Texte et photos Isaure de Saint Pierre