Lancé en 2013 par une poignée de chercheurs britanniques, le concept de Pint of science est simple : faire sortir les chercheurs des labos pour les amener à la rencontre du public, autour d’une chope de bière. Ayant partagé l’aventure depuis le début, Elodie Chabrol l’a importée en France, accroc…

Pouvez-vous nous expliquer comment votre destin a croisé celui de Pint of science ?
Après ma thèse de Sciences en neuro-génétique, je me suis dit que ce serait pas mal de travailler quelques années à l’étranger et j’ai eu la chance de décrocher un poste de chercheuse en thérapie génique appliquée à l’épilepsie à l’University College of London où je travaille depuis maintenant quatre ans. En février 2013, j’ai été contacté par la petite équipe de chercheurs qui portait ce projet et ai tout de suite été séduite par l’idée. On partait complètement dans l’inconnu mais, au final, on s’est retrouvé complet sur toutes les soirées, organisées dans 15 pubs à Londres, Oxford et Cambridge ; plus de 3400 personnes sont ainsi venues à notre rencontre et elles ont adoré ça.

 

Si bien que vous vous êtes dit : « pourquoi pas en France ? »
Exactement. On s’est dit : « Et maintenant, on fait quoi ? ». Question purement formelle tant on était devenus mordus, addicts. Et comme on était originaires d’un peu partout, on a décidé d’internationaliser : Suisse, Irlande, Etats-Unis, Australie et France, donc, où j’ai monté la première édition en mai 2014. Au départ, ça a été dur : les médias ne nous connaissaient pas et les partenaires démarchés hésitaient… Cela m’a valu quelques nuits blanches ; d’autant qu’on est une asso sans trop de moyens avec tout de même quelques frais ; mais finalement, on a monté 20 évènements dans trois villes : Paris, Lyon et Bordeaux, choisi comme thèmes neurosciences et psychologie, biologie, physique et enfin ingénierieplanète terre pour nous ancrer dans le réel ; on est même parvenus à faire venir les meilleurs chercheurs dans chaque domaine. 1000 personnes ont répondu présentes et aux étincelles qui brillaient dans leurs yeux à la sortie, j’ai été largement payée de mes nuits blanches ! En tout, cette année, Pint of Science aura touché 10 000 personnes dans 6 pays, sachant qu’on veut préserver le côté intime des rencontres ; les plus grands pubs investis recevant au maximum une centaine de personnes.

 

L’édition de mai 2015 prend donc de l’ampleur par rapport à celle de l’an dernier (voir encadré). Mais le concept reste le même…
Oui, car on est loin d’avoir atteint notre but : démystifier la recherche scientifique ; montrer au public qu’on n’est pas des extra-terrestres renfermés ou à moitié fous oeuvrant en secret dans des laboratoires à des taches étranges comme dans les films, mais des gens normaux dont le travail consiste, chaque jour, à mener à bien un certain nombre de projets scientifiques qui concernent tout le monde et trouvent leur application dans notre vie de tous les jours. Sont présents des chercheurs prestigieux qui parlent de leurs travaux librement, une chope de bière à la main, dans un cadre cosy et, comme, je le disais, l’assistance ne dépasse généralement pas quelques dizaines de personnes, ce qui fait qu’on est vraiment à l’aise pour interpeler, discuter, comprendre…

 

Pint of science 2015
La prochaine édition du Festival se deroulera en soirée les 18, 19 et 20 mai 2015. A Paris, Lyon, Brest, Montpellier, Grenoble, St Etienne, Le Mans… (et plus si affinité). Au menu : Les merveilles de l’esprit, des atomes aux galaxies, notre corps, planète terre, Scences sociales et star tech. Avis à la population estudiantine (et aux chercheurs !) : la petite équipe de Pint of Science France n’a rien contre le fait de s’agrandir ; bien au contraire ! (rdv sur Pintofscience.fr, Elodie se tient à l’affût derrière l’écran). Avis aux éventuels sponsors : l’événement est porteur et les médias sont au rendez-vous désormais…

 

JB