De quelle manière, les INSA impliquent-ils le monde professionnel dans leur pédagogie ?
Comme pour toutes les écoles d’ingénieurs accréditées par la CTI, une part de nos enseignements sont dispensés par des professionnels. Il peut s’agir d’interventions brèves ou de modules complets sur des sujets très techniques. Chaque département de spécialité est doté d’un conseil dans lequel siègent des industriels qui font évoluer la pédagogie en fonction des besoins des entreprises. A Lyon, tous nos départements ont désormais des « parrains industriels » qui s’engagent durant trois ans sur une promotion en la faisant bénéficier d’avantages spécifiques (conseils, stages, visites de sites, organisation d’événements spécifiques, simulation d’entretiens, etc.). Ce parrainage se traduit par des rendez-vous réguliers. Toujours à Lyon et chaque année, les industriels proposent de nombreux projets de fin d’études aux étudiants qui terminent leur cursus.

 

« Le modèle des INSA est unique en son genre. Le profil de l’ingénieur INSA est celui d’un professionnel aux compétences multiples, adaptable aux besoins des entreprises et porteur d’une visée sociétale. »
Eric Maurincomme, Directeur de l’INSA de Lyon et Président du groupe INSA

Comment se manifestent les relations entre les étudiants des INSA et le monde du travail quant à leur professionnalisation ?
La professionnalisation de nos étudiants débute par un stage ouvrier en année post-Bac et se poursuit par des stages de spécialisation. Nous avons mis en place des « Forums de découverte du métier d’ingénieur » pour accompagner les étudiants au cours de leurs études afin qu’ils se projettent dans la discipline du métier qu’ils ont choisie. Des industriels viennent évoquer leur quotidien à différents stades de leur carrière. Des « entretiens à blanc » permettent à des DRH de conseiller nos élèves sur l’attitude à adopter lors d’un recrutement. En plus du tutorat classique, nous avons créé le marrainnage. Il s’agit de permettre à chaque étudiante (30 % de nos élèves sont des filles) d’être suivie tout au long de son parcours par une ingénieure. Les formations en alternance, mises en place avec les régions, prennent également de plus en plus d’ampleur et tous les INSA en proposent.

 

Comment mettre en phase la recherche et les nouveaux besoins des entreprises ?
Nous encourageons de façon équivalente la recherche fondamentale et la recherche appliquée en lien avec les entreprises. Le montant de la recherche contractuelle de l’INSA de Lyon s’élève à 26 millions d’euros pour l’année 2013. Notre structure de valorisation de la recherche « INSAVALOR », étant une société anonyme, nous bénéficions d’une grande souplesse de réactivité pour négocier les contrats de recherche et les retombées de la propriété intellectuelle avec nos partenaires. En quatre ans, la fondation de l’INSA de Lyon a levé 12 millions d’euros sous forme de mécénat. Nous pratiquons également « l’innovation ouverte » avec des entreprises qui décident d’externaliser une partie de leur recherche dans nos laboratoires.

 

Quelle va être votre action personnelle dans les nouvelles fonctions de Président du groupe INSA que vous occupez pour lier encore plus les entreprises et le développement des INSA ?
Une des valeurs essentielles des INSA concerne toutes les formes de la diversité (milieux défavorisés, féminisation et internationalisation des cursus, handicap) qui constitue un facteur d’innovation et de créativité. Aujourd’hui, cette philosophie est reprise par les entreprises qui recrutent des personnels issus d’établissements et de milieux différents. Nous développons le nombre de doctorants ingénieurs tout comme nous sollicitons également le soutien des entreprises, notamment des PME, afin d’augmenter le nombre d’apprentis dans les INSA.

 

Patrick Simon