Dans un monde en profonde mutation, Framatome vous place plus que jamais au cœur des enjeux énergétiques, environnementaux mais aussi sociétaux. Entretien avec Martin Roulleaux-Dugage (École des Mines de Paris, 80 – MBA INSEAD 87), Expert Senior – Knowledge Management Program Office et Michaël Dessagne (École Polytechnique 03), Innovation Officer, au centre de l‘innovation made in Framatome.

 

Comment se caractérise l’innovation au sein de Framatome ?

© Framatome

Martin Roulleaux-Dugage : Contrairement à ce qu’on peut croire, le nucléaire est un secteur en évolution constante. On y est toujours confronté à des problèmes techniques difficiles, qu’on résout souvent par des approches innovantes. Une transformation importante s’est opérée depuis le début des années 2000 avec la mondialisation du marché. Une compétition accrue a imposé le développement de systèmes exportables dans d’autres environnements, notamment réglementaires, et de nouveaux services à la base installée de centrales nucléaires, faisant alors de l’innovation une question centrale.
La révolution digitale nous a bien sûr impactés sur tous les fronts Les nouvelles technologies de modélisation numérique et de réalité virtuelle sont désormais intégrées aux processus de développement ; les capteurs intelligents s’introduisent dans les systèmes de contrôle-commande ; les big data, des objets connectés et le machine learning ont un impact important sur nos activités de service, notamment en maintenance.

Quels dispositifs innovants ont ainsi été mis en place ?

R.-D. : La promotion de l’innovation s’est construite étape par étape depuis 2006. Elle a commencé par une phase nécessaire d’évangélisation. L’objectif était de promouvoir l’innovation au sein du groupe et de diffuser des outils et techniques de management de l’innovation. Les premiers dispositifs ont ainsi vu le jour tels que : les Prix de l’Innovation, la formation baptisée Marie Curie autour des processus de lancement de projets innovants, les techniques de créativité de groupe, les communautés techniques… En 2012, nous avons lancé avec succès les premières campagnes d’innovation au niveau du groupe pour mettre en avant des initiatives de collaborateurs : sur 4 projets innovants financés, 2 ont donné lieu à des brevets et 1 est devenu un business. En 2013 nous avons lancé le programme Innov’Action, qui visait à diffuser l’ensemble des pratiques et outils au service de l’innovation à travers toute l’entreprise et au plus près du terrain. La volonté était de rendre les opérationnels acteurs de l’innovation au sein de leur propre entité. C’est alors que sont nés les premiers « FabLabs ».

Le SPOT, le Lab digital de Framatome

Le SPOT est l’espace qui regroupe trois lieux complémentaires en soutien à la création, la fabrication et l’expérimentation : Créativ’Lab, Fab’Lab et Sideral’Lab. « Le concept est de placer l’innovation aux mains des Business Units. Chaque collaborateur a ainsi accès à des moyens techniques et des outils numériques de pointe : imprimantes et scanners 3D, salle de réalité virtuelle… Notre ambition : créer un lieu d’échange et de partage d’expériences pour ‘désilloter’ l’organisation et fédérer une communauté d’innovateurs internes. »

Comment manage-t-on l’innovation ?

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Michaël Dessagne : Une innovation, c’est une idée qui rencontre son marché : c’est donc en créant ce lien que l’on peut manager l’innovation. Cela se traduit par des outils, des méthodes et du savoir. La cellule Innovation a donc pour rôle de faciliter l’émergence et la mise en œuvre des idées. Nous mettons à disposition des équipes des méthodes de – créativité et résolution de problème, Business Model Canvas, Value Proposition Canvas, Design Thinking… – et nous favorisons aussi de nouvelles manières d’innover à travers l’open innovation, indispensable aujourd’hui pour innover plus vite, notamment dans des domaines qui ne sont pas cœur de métier, et bientôt l’intrapreneuriat.

Un hackathon pour clôturer le mois de l’Innovation

« INNOV à Lyon », c’est le nom de ce marathon de l’innovation qui pendant 24h réunit des équipes mixtes composées de collaborateurs internes de toutes BU et des externes issus du monde des PME et des start-ups. Objectif : faire émerger des projets et essaimer les méthodes d’innovation internes. « Cette journée prouve toute la valeur qui peut être créée en collaborant avec l’écosystème des PME et start-ups françaises, et en pensant ‘‘innovation = solution technique + business model associé’’ dès l’amont des projets », précise Michaël Dessagne.

750 recrutements prévus en 2018 dont 180 postes pour des jeunes diplômés. Quelle place peuvent-ils occuper ?

R.-D. : Les nouveaux arrivants peuvent se développer selon l’une de nos trois filières RH : Manager, Chef de Projet ou Expert Technique. Dans ces trois filières, on a besoin d’entrepreneurs, que nous mettons le plus possible en relation avec les experts : la relation entre ceux qui maîtrisent les technologies du nucléaire et ceux qui amènent de nouvelles idées et de nouveaux outils, à la manière d’un coaching en binôme, est très souvent féconde. La co-conception intergénérationnelle est clé dans une industrie à cycle long comme la nôtre. Et on repère les entrepreneurs à travers leur capacité à animer une communauté autour des experts qui comptent.

Qu’attendez-vous plus particulièrement d’eux ?

D. : Qu’ils nous apportent du dynamisme et de l’agilité. Ils sont nés avec l’idée que rien n’est impossible. Si on prend l’exemple de la fabrication additive qui permet de fabriquer de nouvelles formes jusqu’alors impossibles à réaliser, ils sont les seuls à pouvoir révolutionner nos conceptions d’outillages et de composants en ouvrant le champ des possibles, car ils sont nés avec cet esprit. À nous de leur laisser ces espaces de liberté et la capacité d’expérimentation nécessaire.

Une équipe Framatome lauréate du prix Innovatome 2018

Le prix, créé à l’initiative de la SFEN Jeune Génération, récompense des étudiants en fin de cycle et jeunes professionnels de moins de 35 ans de la filière nucléaire. Lauréate de l’édition 2018, Framatome s’est distinguée avec le projet AROBASE (Automated Robot with Assisted Shaving Execution), un robot qui permet de répondre à trois des problématiques majeures rencontrées par les intervenants sur les chantiers de démantèlement : améliorer la sécurité des intervenants, optimiser la durée des chantiers et réduire les déchets.

Quel message souhaitez-vous leur adresser ?

R.-D. : Je résumerai mon message en 3 mots : Global. Avenir. Planète. Le nucléaire n’est pas ce qu’on croit souvent ! C’est une industrie mondiale, qui donne l’opportunité de vivre une carrière diverse partout dans le monde. C’est une industrie d’avenir, qui fait appel à presque toutes les sciences et technologies de l’ingénieur. C’est enfin une industrie qui n’émet pas de CO2 et qui joue un rôle essentiel dans la protection de la planète.

Au fond, c’est un paradis pour les ingénieurs qui aiment résoudre ensemble des problèmes complexes.

D. : Si vous aimez les défis technologiques de pointe, alors vous vous épanouirez pleinement ici. De plus, les critères de qualité, sécurité et efficacité priment sur les coûts donc vous pourrez bénéficier d’une grande marge de manœuvre pour proposer des solutions en rupture. La diversité des problématiques rendra aussi vos carrières très riches.

La guerre des intelligences est déclarée, innover pour mieux régner

« Le niveau de complexité de notre métier implique de capitaliser en entreprise toutes les connaissances acquises sur le terrain par nos collaborateurs et de le transformer en savoir d’entreprise à disposition de tout collaborateur qui en a besoin. Voilà la mission de notre programme Knowledge Management, lancé en 2017 sous l’égide du comité exécutif, et qui vise à faire de Framatome un modèle d’entreprise apprenante. »

www.framatome.com/FR/careers-92

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