Filiale de la célèbre marque allemande et implantée sur le marché hexagonal depuis 1960, Volkswagen France n’a de cesse d’innover et de développer ses parts de marché. Aujourd’hui, les cinq marques du groupe s’inscrivent dans une dynamique durable. Une ambition conduite par Thierry Sybord (emlyon business school 87, IAE Lyon 86), directeur de la marque en France. – Par Violaine Cherrier

 

 

Quels leviers de performance avez-vous mis en place au sein de la marque France ?

Nous avons ces dix dernières années établi notre croissance sur trois leviers principaux. Tout d’abord, un plan produit très fort autour de l’arrivée de nouveaux véhicules comme le Tiguan et le renouvellement de notre gamme traditionnelle. Nous avons également effectué un important travail sur la marque avec un positionnement spécifique au marché français : nous sommes « le plus premium des généralistes et le plus généraliste des premiums. » Enfin, notre réseau s’est bien développé autour de partenariats historiques mais aussi de groupes importants et multimarques. Résultat, notre part de marché a augmenté de 6 à 8 %.

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Chaque filiale a donc les mains libres pour définir sa stratégie ?

La particularité d’un groupe allemand par rapport à une entreprise française ou japonaise – j’ai travaillé chez Renault et Nissan – c’est qu’il vous impose un cadre de travail et des objectifs quantifiés. Mais si vous respectez ces deux éléments, alors vous disposez d’une liberté quasi totale, ce qui est très appréciable. Ainsi, le plan produit est établi à l’échelle globale mais chaque pays est donc autonome dans sa manière de le mettre en place à l’échelle locale. C’est pourquoi, il est extrêmement important de s’imprégner de la culture de l’entreprise. Dès mon arrivée en début d’année chez Volkswagen, j’ai alors passé une semaine en Allemagne à Wolfsburg pour observer et comprendre leur mode de fonctionnement.

Plus que nos voitures, vos histoires. C’est ça Volkswagen en France

 

C’est essentiel pour réussir dans un groupe international ?

Les expériences à l’international sont une nécessité, que ce soit au cours de vos études ou de votre parcours professionnel. J’ai tellement appris de mes séjours à l’étranger. C’est un gage d’ouverture d’esprit. Cela m’a aidé à comprendre comment fonctionnaient les entreprises et à faire la différence en France. Une vision monolithique est rarement bonne pour le business. Il faut partir du principe qu’il n’y a aucun acquis et que tout peut être remis en cause. Sortez de vos certitudes. C’est cette capacité à s’imprégner de ces éléments nouveaux qui vous permettra d’intégrer de nouvelles stratégies à l’avenir. Cette curiosité « universelle » va vous donner envie d’être un explorateur. C’est indispensable dans un groupe comme le nôtre.

L’IAE comme vecteur de curiosité
À l’IAE, trois choses m’ont beaucoup marqué : j’y ai tout d’abord effectué de très belles rencontres. Les professeurs et même le directeur sont très impliqués et ont la volonté de vous faire progresser. Les rencontres personnelles sont très importantes dans les études. La force de notre groupe m’a également profondément marqué. Nous étions 43 étudiants et la cohésion d’un petit groupe est bien plus forte que celle de la masse. Enfin, il y avait un équilibre parfait entre la théorie et la pratique. Je garde un profond respect et un souvenir très fort de l’IAE Lyon même si toutes mes formations ont renforcé ma curiosité et ma soif de découverte : les études ont attisé ma curiosité et m’ont donné envie de voir ce qu’il se passe ailleurs. L’IAE m’a aussi donné confiance dans les personnes avec qui je travaillais, un élément indispensable pour avancer dans la vie.

Quelles sont justement les clés pour réussir chez Volkswagen ?

J’ai quelques principes assez simples que j’essaie d’inculquer à mes collaborateurs sur la base de mes expériences précédentes : j’ai eu 22 déménagements et exercé 18 métiers différents même si j’ai passé 28 ans chez mon ancien employeur. En premier lieu, il est indispensable d’avoir une très bonne organisation de travail. Personnellement, je m’entretiens en face à face avec l’ensemble de mes collaborateurs directs chaque semaine pour passer en revue tous les points critiques. Le travail en équipe est une des clés du succès à l’image des valeurs sportives. Nous sommes d’ailleurs partenaires de la fédération française de football et « Fiers d’être Bleus ». Nous n’avons pas manqué de taquiner l’équipe allemande dans la presse après leur défaite en demi-finale de l’Euro 2016. Ensuite, il faut quelques principes bien établis : toutes les réunions débutent et se terminent à l’heure et ne dépassent jamais 1h30. On prend toujours une pause entre deux réunions. Enfin, seul le résultat compte. Voilà quelle doit être votre obsession. Soyez en permanence dans une logique de progrès au risque de régresser. Je donne donc à chacun les moyens d’atteindre le résultat. En appliquant ces quelques règles, vous êtes assuré de réussir partout dans le monde.

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Quelle est donc votre vision de la réussite pour Volkswagen France ?

À mon niveau, ma vision ne doit pas dépasser trois à cinq ans. Nous avons donc lancé le programme Go Top 3 – ou GT 3 pour les amateurs de jeux vidéo – qui a pour ambition d’inscrire chaque activité de Volkswagen France dans le trio de tête d’ici 2018, qu’il s’agisse de notre part de marché, de la qualité de service, de la vente de pièces de rechange… On ne peut pas se contenter d’être moyen. Je me lève tous les jours en me demandant ce que je peux faire progresser. Et ça marche. Ainsi, chaque année, cette vision se conjugue avec des indicateurs quantifiables car le qualitatif reste très subjectif et sujet à l’interprétation. Dans ma pratique managériale, j’utilise souvent le benchmark qui montre que les évolutions sont possibles.

Justement quelles sont vos pratiques managériales ?

Notre management repose sur trois points clés : le cerveau, le cœur et le courage. Nos managers travaillent sur cet équilibre en permanence. Nous cherchons en particulier trois types de profils : des généralistes pour les fonctions support, des spécialistes pour mener notre transformation digitale et des collaborateurs qui incarnent la diversité dans toutes ses dimensions car c’est un vrai vecteur de performances. Nous recrutons ainsi de plus en plus de femmes mais aussi des étrangers au sein du comité directeur. En parallèle, nous devons développer le statut d’expert. Ensuite, notre volonté est de favoriser leur évolution à travers trois niveaux de passerelles : en interne entre les cinq marques du groupe en France, d’un métier à un autre et entre les pays du groupe. Et nous avons aussi notre propre école de vente : la Volkswagen Group France Academy. Les Français sont très appréciés chez Volkswagen dans le monde ! Nous valorisons tous les profils à travers une philosophie qui repose sur la culture de l’échec. On a le droit de ne pas y arriver à condition de dire pourquoi.

Des collaborateurs passionnés dans un cadre de convivialité

Chez Volkswagen France, il y a un principe affiché avec un indicateur quantifié : que l’entreprise fasse partie des Top Employer dans chaque pays. En France, l’entreprise est déjà désignée comme « Best place to work ». Mais il appartient à chaque filiale de mettre en place le plan d’action concret pour y arriver : améliorer le cadre de vie, développer le télétravail, faciliter l’accès aux véhicules de la marque, encourager la mobilité… Le tout, en toute transparence et avec une vraie passion, véritable moteur de l’activité. « La voiture reste un produit magique. » Une passion partagée par Sébastien Ogier, triple champion du monde WRC avec Volkswagen.

 

Chiffres clés
4e acteur sur le marché français
1er importateur : 160 000 véhicules vendus par an
8% de part de marché
380 points de vente
7 000 collaborateurs

 

Contact :  https://www.volkswagengroup.fr/carrieres/offres-demploi/