La parité Hommes/Femmes, enjeu majeur dans les Grandes Ecoles et dans les Grandes Entreprises

 

 

Corinne de La Personne

Corinne de La Personne

Passionnée par le monde de l’eau qu’elle découvre lors de son premier poste, Corinne de La Personne s’est laissée porter par ses envies et fait une carrière au fil de l’eau. Cette femme de caractère, ingénieur en chef des TPE (26e promo), a été nommée en février directrice du service navigation du nord-est. Première femme nommée à ce poste, elle gère et exploite un réseau de 1 346 km de rivières et canaux avec 801 collaborateurs dont 12 % de femmes.

 

Une carrière au fil de l’eau
Après 2 années à l’Ecole d’Architecture de Nancy, Corinne de la Personne se réoriente et intègre l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat. La découverte du monde de l’eau, lors de son premier poste à la direction régionale de l’architecture et de l’environnement de PACA détermine sa carrière. Un parcours au fil de l’eau, sans plan de carrière, entrecoupé d’un passage en administration centrale – pour découvrir la « RH théorique » et acquérir une base solide en management. En 1995, elle rejoint Voies navigables de France (VNF). Créé en 1991, cet établissement public gère, exploite, modernise et développe le plus grand réseau européen de voies navigables. Nommée en février dernier à la tête de la direction interrégionale de Nancy, Corinne de La Personne gère et exploite un réseau de 1 346 km de rivières et canaux, qui compte 14 ports, dont le port de Metz, 1er port français de céréales, et plus de 560 ouvrages d’art : écluses, barrages, souterrains, ponts mobiles, ponts-canaux et réservoirs. « Mon moteur, l’impérieuse nécessité d’être indépendante et de me sentir utile » « Ce qui a déterminé mon parcours, m’a mobilisée, c’est la nécessité d’être autonome financièrement. J’ai eu la chance de pouvoir exprimer mes capacités de management, je me suis laissé porter par mes envies et les opportunités qu’offre la vie. J’ai la chance d’avoir un mari qui, à un moment, a accepté de me suivre et qui partage beaucoup la charge familiale avec moi. J’ai eu également la chance de rencontrer des hommes qui reconnaissaient la valeur intrinsèque des femmes et j’ai peut-être aussi la chance d’être fonctionnaire de l’état. A l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat, nous étions 10 % de filles, aujourd’hui, l’école en accueille 36 %, mais au niveau supérieur du corps, nous ne sommes plus que 4 %. Le ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, du Logement et des Transports a la volonté d’être plus paritaire, mais il reste encore beaucoup d’efforts à faire. »

 

Le monde de l’eau, un monde à conquérir par les femmes
Dans ce monde plutôt masculin il faut des premières, des consoeurs qui ouvrent la voie. « J’ai été la première femme subdivisionnaire à Suresnes, quatre collègues m’ont succédée depuis. Il faut à un moment prouver qu’il n’y a pas de différence, que l’aspect humain est peut être mieux abordé par les femmes qui ont plus d’écoute, de disponibilité, j’ai un comportement de protection vis-à-vis de mes agents, je suis extrêmement sensible au bien être de mes collaborateurs. La féminisation est en marche et va se poursuivre. Les jeunes filles des grandes écoles doivent savoir déterminer ce dont elles ont envie pour elles mêmes et se lever le matin avec l’envie d’aller travailler. Il est important que les femmes soient représentées dans l’entreprise, que celle-ci soit à l’image de la société. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la parité soit plus équitable. »

 

Les voies navigables, un monde qui foisonne de projets
Dans le haut de la vague, grâce au Grenelle de l’Environnement, le monde des voies navigables est passionnant. Il foisonne de projets et de challenges à relever : réalisation du canal à grand gabarit Seine Nord Europe, la régénération du réseau, l’organisation de débats publics sur de nouvelles liaisons dont, pour la DIRNE, Saône-Moselle / Saône- Rhin et la reconstruction en PPP de 29 barrages manuels sur la Meuse et l’Aisne. Les gens de l’eau sont passionnants, sans détour, entiers. La politique de la voie d’eau et son principal opérateur Voies navigables de France se trouve aujourd’hui à un tournant de son histoire, avec des moyens financiers accrus (+840 millions d’euros entre 2010 et 2013), une baisse des effectifs dans les services chargés de la navigation (-271 entre 2011 et 2013, dont 80 pour le SNNE) et un projet industriel ambitieux pour répondre aux justes attentes des usagers tant en ouverture qu’en fiabilité de son réseau navigable. Adepte du management de proximité, Corinne de La Personne doit mettre en place une nouvelle organisation qu’elle veut comprise et acceptée par l’ensemble de ses agents. « J’ai la chance de succéder à un directeur qui avait mis en place un management participatif, d’avoir des collaborateurs extrêmement loyaux. Mon message aux jeunes, la légitimité vient des compétences, il faut rester humble, reconnaître que l’on a besoin des autres, acquérir des compétences et les prouver, expliquer ce que l’on fait et pourquoi on le fait, être intègre, exemplaire, on est regardée comme un modèle. J’essaie de communiquer beaucoup, d’être la plus transparente possible. »

 

A.M.

 

Contact :
Corinne.De-La-Personne@developpement-durable.gouv.fr