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Le 14ème entretien de la Fabrique de l’Industrie se déroulait le 1er avril à l’école de l’image des Gobelins. Cette manifestation sur le thème « Osez la voie pro » vise à mettre en avant les filières professionnelles souffrant d’un déficit d’image ainsi que le parcours en apprentissage. Un débat constructif où les préjugés sur ces formations ne sont pas les bienvenus !

Coup de théâtre aux Gobelins !

Une fois installé dans la salle de conférence, ma surprise est de taille alors que 6 apprentis du centre de formation professionnelle de l’AFORP introduisent le débat par une scénette ! Leur souhait : tourner en dérision les a priori sur les métiers industriels. Et après seulement 12 heures de préparation, leur prestation est très réussie ! À l’issue du sketch, Thibaut de Jaegher, maître de cérémonie et directeur de la rédaction du journal L’Usine Nouvelle, donne le ton d’un événement dédié à la promotion des filières professionnelles. Le dicton de la soirée est clair : il faut oser la voie pro et le faire savoir !

La voie pro, ce tremplin vers l’emploi

Cette table ronde est l’occasion pour le public d’échanger avec des professionnels de l’enseignement et des représentants d’entreprises. Jean-Pierre Collignon, inspecteur général de l’Education nationale est catégorique : « la filière professionnelle est une voie d’avenir. Même si l’activité des cols blancs est souvent plus valorisée que celle des cols bleus dans notre environnement professionnel, l’obtention d’un Bac Pro ou d’un CAP demeure une passerelle comme une autre vers l’emploi ! » Bruno Gardet, directeur du CFI (Centre des Formations Industrielles) précise toutefois qu’ « un phénomène de volatilité dans le recrutement des jeunes se développe parallèlement à la crise économique. Ils sont très souvent indécis quant à l’orientation qu’ils souhaitent donner à leur carrière. C’est pourquoi nous les accompagnons et facilitons leur prise de contact avec les entreprises au bénéfice de leur insertion professionnelle. »

L’apprentissage : du savoir-faire au savoir-être professionnel

Jean-Rémy Touze, DRH de Siemens France, ajoute que la vision d’un pays à l’égard des filières pro dépend de son héritage culturel. « En Suisse, les bacheliers représentent seulement 7 % d’une population étudiante de référence. Ils s’orientent vers l’enseignement et la Recherche tandis que les autres étudiants se dirigent spontanément vers des cursus pro. » À ses yeux, l’apprentissage constitue également un programme bénéfique pour l’étudiant comme pour l’entreprise. « Chez Siemens France, nous recevons 6 % d’apprentis dans nos effectifs. Nous équilibrons ainsi notre pyramide des âges et contribuons à leur formation par la transmission d’un savoir-faire technique. » Une assertion approuvée par Nicolas Royer, chef d’atelier chez Airbus passé par l’apprentissage : « Durant mon parcours au lycée professionnel AIRBUS, j’ai acquis des compétences pratiques et développé un savoir-être. L’apprentissage est un programme d’immersion permettant de mieux comprendre la culture et la réalité d’une entreprise. »

En 2014, la plateforme « Engagement Jeunes » est lancée grâce au financement de grands groupes comme Siemens, Orange ou Danone. Leur souhait : mettre en relation des PME et des apprentis non retenus par leurs entreprises formatrices. J-R Touze résume l’intérêt de cette démarche : « avec cette plateforme, ces jeunes actifs valorisent leur expertise auprès d’autres entreprises. Si nous ne pouvons embaucher tous nos apprentis, nous avons à cœur de maximiser leur employabilité ! »

Jean Baptiste Najman