[❤ my campus] Les étudiants de l’ENA, des jeunes comme les autres ? Oui, à l’image de Maroussia Perehinec de la promotion Clémenceau, connectée et passionnée par de nombreux sujets. Et pas tout à fait, à l’image de sa vocation pour le service public. Elle nous fait partager son quotidien d’étudiante enthousiaste, « Tout ce que l’on fait à l’ENA est passionnant ! »

 

Pourquoi l’ENA ?

J’ai intégré l’ENA après un M2 en gestion publique de Paris-Dauphine. Durant cette année à l’université, j’ai compris que j’avais envie de travailler au sein du secteur public. Je suis intéressée par les questions économiques et sociales, appréhendées au niveau territorial ou national. Mon rêve est d’agir pour améliorer le service public. J’ai donc intégré la Prep’ENA de Paris 1 en partenariat avec l’ENS.

Difficile le concours d’entrée à l’ENA ?

La préparation a été une année très intense. Mais c’est aussi une année extrêmement stimulante. La Prep’ENA permet de s’approprier les clés de compréhension du monde contemporain. Intellectuellement, c’est un moment agréable. L’ENA est un concours qui se prépare à fond. Le programme est bien défini, et l’exigence très haute. Il y a 5 épreuves écrites : culture générale, économie, droit public, finances publiques et questions sociales. Et des oraux sur des questions internationales, européennes, en anglais, et une sorte de Grand Oral proche d’un entretien d’embauche, car nous sommes recrutés pour le secteur public. Il y a aussi une épreuve d’interaction inspirée de celle d’HEC, avec un jeu de rôle, le défenseur d’une thèse face au répondant.

« Il est possible de passer un bon moment à l’oral de l’ENA ! »

Dans quel état d’esprit étiez-vous le jour J ?

Deux bonnes notes à l’écrit m’ont permis d’accéder à l‘oral, en culture générale (sur les valeurs de la France) et en droit public, matière que je découvrais en Prep’ENA. Le droit public est un peu aride au premier abord. Mais en m’y plongeant j’ai eu une sorte de déclic, et,les choses se sont connectées.

L’épreuve qui m’inquiétait le plus était l’oral sur les questions internationales. Le jour J nous avons 10 minutes de préparation seulement sur un sujet au hasard. Le stress est grand de tomber sur un sujet que l’on maîtrise peu. Je suis tombée sur la cour pénale internationale, et cela s’est bien passé. Durant l’oral d’anglais j’ai même plaisanté avec le jury. Il est possible de passer un bon moment à l’oral de l’ENA !

ENA-Strasbourg-108 AtelierMargeDesign.

ENA Strasbourg © AtelierMargeDesign

Qu’avez-vous ressenti en apprenant que vous étiez reçue ?

Cela a été un moment très fort. C’était également une émotion à titre familial. La première personne que j’ai appelée a été mon père : ses grands-parents venus d’Ukraine n’avaient pas de diplômes. Nous étions tous très émus de considérer le chemin parcouru entre les générations.

« Tout ce que l’on fait à l’ENA est passionnant ! »

A peine intégrée, vous êtes projetée dans le monde professionnel ?

En effet la première année est dédiée aux stages. J’ai commencé par travailler à l’Ambassade de France à Kiev. J’ai découvert un pays très dégradé, en guerre, avec 3 millions de déplacés, et déjà 10 000 morts. C’est très intéressant d’être sur le terrain, au contact de ce que nous étudions. Lorsque je suis rentrée, j’ai mesuré l’importance d’avoir une administration stable et forte.

Vous avez aussi découvert l’entreprise ?

J’ai fait le vœu d’intégrer le secteur culturel, j’ai donc réalisé mon stage à la Sacem. J’ai découvert un milieu et ses enjeux, notamment la réforme européenne des droits d’auteurs, la bataille pour que les GAFA les rémunèrent à leurs justes droits. Les pouvoirs publics ne sont finalement jamais loin, même quand on travaille dans le secteur public.

Puis la préfecture ?

J’ai adoré ce stage. J’avais demandé une préfecture rurale et de montagne, sans importante collectivité territoriale pour le lien direct avec les usagers. J’ai ainsi passé 5 mois dans les Hautes Alpes. Deux semaines après mon arrivée le directeur de cabinet du préfet a été promu et j’ai assuré l’intérim le temps que son successeur arrive. Je souhaitais des responsabilités, je n’ai pas été déçue, mais réellement enchantée ! Ce stage a été génial. J’ai découvert un métier formidable, la préfectorale, l’incarnation de la continuité de l’Etat.

Vis ma vie d’intervenant à l’ENA

Quelle ambiance de promo ?

Nous avons une promo très soudée, à l’ambiance très sympathique. Il est important de fonder quelque chose durant l’ENA. Car nous serons amenés à nous recroiser durant nos carrières. J’habite en colocation à Strasbourg, cela permet de se voir en dehors des cours pour partager des moments festifs.

Nous avons créé une page Facebook pour casser l’image et les idées reçues sur les énarques. D’abord il y a de la diversité dans nos profils, nos origines, et nous sommes très connectés à la réalité, à notre société. La page s’adresse à ceux qui veulent préparer le concours.

Le lieu sympa où tout se passe sur le campus ?

La cafète est le lieu de retrouvailles. Fatima qui est au comptoir est un pilier de l’école, notre repère à chaque pause. C’est une immense chance de passer un an à l’ENA. Le bâtiment est magnifique, c’est un ancien couvent au bord de l’eau.

Ce que vous aimez le plus à l’ENA ?

La méthode basée sur les cas. Elle nous permet d’entrer dans le concret. Nous serons demain des managers, et donc devons dès maintenant aborder le plus de situations possibles, intégrer les clés pour faire face demain à des équipes, gérer des situations délicates, réussir notre prise de poste, motiver nos collaborateurs,

J’apprécie aussi énormément les échanges entre étudiants, de tous âges et profils, plus ou moins expérimentés, ou encore venus de l’international.

Et au plan pédagogique ?

J’ai adoré être préparée à être dans l’action, d’être placée en responsabilité durant les stages. Puis, l’année scolaire qui suit permet de revenir sur nos expériences, de prendre du recul. Cette complémentarité permet de vraiment capitaliser sur la pratique et les cours.

L’ENA sous le signe de l’ouverture