Une révolution est en cours ! Avec en son cœur la photonique et en pointe de son enseignement et de sa recherche, l’Institut d’Optique Graduate School. L’école est ainsi un terrain de jeu passionnant pour Nicolas Dubreuil, enseignant-chercheur et responsable pédagogique du campus de Bordeaux.

 

L’Institut d’Optique et vous, quelle histoire ?

J’ai intégré l’Institut d’Optique il y a bientôt 20 ans comme souvent par hasard après mes travaux de thèse et un post-doc. Je suis arrivé à la fin des années 90 sur un projet de technologies de télécom sur fibre optique et le développement des enseignements autour des transmissions sur fibre optique. Progressivement, mes enseignements et mes recherches se sont focalisés sur ces domaines qui restent d’actualité !

Quelle est la plus grande force de l’Institut d’Optique pour un professeur ?

L’Institut encourage, soutient et promeut les développements portés par les professeurs, à la fois dans leurs activités de recherche et d’enseignement. Avec environ 130 enseignants-chercheurs, monter des projets, collaborer, proposer des nouvelles orientations et thématiques est une réalité à l’Institut d’Optique. En tant professeurs nous sommes les témoins et passeurs de relais entre le monde de la recherche académique, les étudiants, les industriels et les technologies de demain.

« Les concepts que nous développons aujourd’hui seront demain des technologies ! »

Quel bénéfice pour les étudiants ?

Nous leur transmettons l’état de l’art, illustrons les concepts par nos développements. Ils apprécient cette approche. Ils arrivent avec une idée un peu désuète de la notion d’optique. Nous nous attachons à leur délivrer des cours avancés dès la 1ère année pour leur montrer que la photonique vit une révolution. Ce lien se fait aussi dans l’autre sens. Il m’est arrivé de m’appuyer sur des enseignements pour renforcer la connaissance et faire des ponts vers ma recherche, comme sur des aspects de modélisation physique et d’instrumentation issus des TP.

Que ce soient nos cours fondamentaux, des conférences, des témoignages d’anciens, nous parlons d’optique quantique, nous proposons des notions très avancées. Les concepts que nous développons aujourd’hui en tant que chercheurs seront demain des technologies ! Et nos étudiants en seront demain les acteurs, les artisans.

L’IOGS au cœur de la révolution photonique

La photonique, une technologie d’avenir ?

L’UE l’a retenue comme l’une des six technologies clés du 21è siècle pour son potentiel d’innovation et de développements technologiques. Cela fait partie de nos missions d’accompagner nos élèves dans la prise de conscience de ce potentiel exceptionnel. Ils seront en effet demain au cœur des enjeux de notre société car la photonique sera elle-même au cœur des transformations dans la santé, la société de l’information, des solutions durables pour l’énergie. Sans fibre optique notre société numérique ne fonctionnerait tout simplement pas !

« Depuis 20 ans je peux innover et je suis très heureux de cela ! »

Vous vivez un moment très foisonnant au plan pédagogique incarné dans vos nouvelles responsabilités sur le campus de Bordeaux ?

Là encore la taille humaine de notre établissement permet ces développements. Nous n’avons pas de freins et de lourdeurs du système. La direction encourage ces démarches et l’expression de ces innovations. Depuis 20 ans je peux innover et je suis très heureux de cela ! La liberté de m’exprimer est clé dans mon attachement l’Institut d’Optique. Je suis très enthousiaste de déployer de nouvelles orientations pédagogiques à Bordeaux. Et surtout très motivé d’être acteur de la transformation de notre institut.

Quelles sont-elles ?

Bordeaux est le site pilote dans l’expression de cette perméabilité entre les enseignements et la recherche, matérialisée au travers de projets étudiants. Avec beaucoup d’autonomie, ils mènent des projets en lien avec nos recherches ou des contrats industriels. C’est le cas d’un projet sur plusieurs années mené avec Nokia Bell Labs sur les technologies de transmission très haut débit de données grâce à la fibre. Nos étudiants sont au cœur de l’actualité des télécoms, appuyés par les ingénieurs de notre partenaire et nous avons reçu des subventions pour financer des expériences très couteuses. L’objectif est d’atteindre jusqu’à 25/30 % d’enseignements réalisés sur des projets.

A Bordeaux nous développons notre expertise autour de la photonique numérique, avec de nouvelles formations à la clé. Le tissu industriel local est très intéressant, notamment en informatique et traitement du signal.

Quel est l‘objectif final de cette pédagogie ?

Nous concevons notre formation dans une approche de type ingénierie vs notre approche antérieure de type contenu. Cela change les objectifs d’apprentissage en les orientant vers les compétences de nos futurs ingénieurs.

Vis ma vie d’étudiante à l’IOGS

 

Qui dit nouvelle pédagogie, dit évolution de votre mission de professeur et de vos relations avec les élèves ?

Au travers des projets, notre manière de conduire les enseignements évoluent en effet. Cela rend les apprentissages plus actifs, les situations d’apprentissage sont moins classiques. Il est devenu impératif de transformer notre pédagogie de manière laisser plus d’initiative à nos élèves. Moins de cours magistraux et un transfert de connaissances plus horizontal les rend plus autonomes, plus impliqués. La communication est plus fluide durant les cours et projets. Nos relations changent ! Je pense aussi qu’ils construisent leur projet professionnel avec une plus grande motivation dans ces conditions.