Vinci, groupe constructeur – concessionnaire d’infrastructures, mise sur la complémentarité de ses métiers qui allient le temps court et le temps long. L’équipe de Christian Labeyrie (HEC Paris 77), Directeur général adjoint et Directeur financier du groupe Vinci, accompagne le mouvement pour permettre aux 3 000 business units de grandir en France et à l’international tant dans les concessions que dans le contracting.

 

(c) Stéphane Lavoué/Photothèque VINCI

Quels sont les principaux enjeux auxquels votre Direction financière doit répondre pour accompagner la stratégie du groupe ?

Notre priorité va au développement international car Vinci réalise actuellement près de 60 % de son CA en France. Pour accélérer le mouvement, nous sommes proactifs et privilégions la croissance externe. Dans les concessions, nous sommes devenus en quelques années l’un des cinq principaux acteurs mondiaux dans la gestion aéroportuaire et entendons également nous développer dans les concessions autoroutières à l’international. Dans le contracting, notre priorité va au développement, d’une part, de nos métiers de spécialités à forte valeur ajoutée technique chez Vinci Construction et Eurovia, et d’autre part, de Vinci Energies de plus en plus présent dans les nouvelles technologies pour la transformation digitale et la transition énergétique. Ces marchés connaissent de nombreuses évolutions et offrent de belles opportunités. Pour nous financiers, il faut accompagner le mouvement sur de nouveaux territoires comme l’Amérique latine et l’Asie-Océanie avec de nouvelles problématiques à traiter en matière de change, de financement et de fiscalité.

En quoi les concessions sont clefs dans votre portefeuille d’activités ?

Les investisseurs et les analystes financiers donnent beaucoup de valeur aux contrats de longue durée de nos concessions autoroutières et aéroportuaires qui offrent une bonne visibilité, les métiers du contracting étant considérés comme plus cycliques. Notre problématique est de gagner de nouveaux contrats de concession en mettant en synergie nos expertises de constructeur-concessionnaire et  d’acquérir des concessions existantes pour maintenir une durée moyenne de notre portefeuille la plus longue possible. Notre équipe doit faire en sorte que le Groupe Vinci ait les moyens de ses ambitions pour acquérir ce type d’actifs. On s’y emploie en expliquant aux investisseurs, aux banques et aux agences de notation la pertinence de cette stratégie.

 

Quelles compétences recherchez-vous dans ce contexte ?

Outre le fait de disposer d’un domaine de compétence précis (comptabilité, fiscalité, contrôle de gestion, etc.), il est essentiel d’être en veille, curieux, à l’écoute et avoir un bon relationnel pour interagir avec les services de la holding, les filiales ou les partenaires extérieurs. Je cherche chaque fois que possible à faire évoluer nos jeunes collaborateurs pour qu’ils aillent apprendre les réalités du terrain dans les filiales. Pour ma part, si j’ai réalisé l’essentiel de mon parcours dans des grands groupes, j’ai vécu également des expériences de terrain très enrichissantes comme à la Direction des agences de Paris du Crédit Lyonnais, et chez Schlumberger comme directeur financier d’une région en Afrique. Il est important d’être au contact des opérationnels, des clients, des parties prenantes sur le terrain plutôt que passer toute sa carrière en holding. Cela fait partie de mon job de faciliter la mobilité interne et d’organiser des passerelles au sein de la fonction financière du groupe.

Vinci est un groupe très décentralisé. Quelles sont les spécificités de ce mode de fonctionnement horizontal ?

Les métiers du contracting sont, par définition très décentralisés puisque les projets sont réalisés chez le client. Les concessions le sont également pour la gestion opérationnelle. Afin d’apporter aux patrons de business units les moyens supports nécessaires, les pôles ont mis en place des responsables administratifs et financiers, qui opèrent à leurs côtés et ont également en charge la préparation des reporting internes. Au-delà des systèmes d’information, l’efficacité de notre organisation repose sur la confiance et la responsabilité données aux patrons qui sont jugés sur leurs résultats. Les mêmes principes s’appliquent aux responsables administratifs et financiers qui leurs sont rattachés.

Quels éléments de votre formation HEC ont été des leviers de votre épanouissement professionnel ?

En sortant d’HEC, je disposais d’un socle solide sur lequel bâtir mon projet professionnel: le goût des chiffres pour les analyser, évaluer la situation des entreprises, bâtir et optimiser les business plans. Mais surtout, j’avais l’envie d’évoluer à l’international pour m’ouvrir l’esprit. J’ai eu l’opportunité de partager ma troisième année d’HEC entre l’université anglophone McGill à Montréal et l’ESADE à Barcelone, puis d’obtenir un poste de coopérant de 18 mois au Pérou, avant d’entrer dans la vie professionnelle. Mon évolution s’en est trouvée facilitée car j’ai pu ensuite rejoindre des sociétés qui, à partir d’une base française importante, ont construit leur développement à l’international. Enfin, je suis d’un tempérament curieux, toujours désireux d’apprendre et doté de solides convictions. J’ai pu ainsi tracer ma voie dans un monde changeant, souvent en manque de repères

 «Il ne faut jamais oublier que les holding sont au service des opérationnels et non l’inverse »

Chiffres clés : 5 pôles de métiers  (Vinci Autoroutes, Vinci Concessions, Vinci Construction, Eurovia, Vinci Energies) / 38,1 Mds€ de CA (2 505 M€ de résultat net) en 2016 / 183 487 collaborateurs / 3 000 business units dans 100 pays / 41 % du chiffre d’affaires réalisé à l’international / 270 000 chantiers par an

Contact : https://emplois.vinci.com