Plateformes vidéo, live vidéo sur les réseaux sociaux, MOOC… les étudiants sont particulièrement concernés et attirés par le développement des supports vidéo, dans l’enseignement comme pour leurs loisirs. Quelles sont les clés de cet engouement ?

 

Une histoire de sens et de maturité

Le format vidéo éveille les sens : la vue et l’ouïe sont mobilisées et suscitent une implication différente que pour la lecture de documents. « La vidéo présente un caractère ludique, il est plus facile d’écouter et de voir que de lire », explique Isabelle Veyrat-Masson, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la communication médiatique. « Voir quelqu’un parler donne des indices sur le degré d’importance d’un contenu : ton, gestuelle, langage corporel … »

La chercheuse observe un intérêt plus prononcé des étudiants que des enfants pour l’information en vidéo. « Les étudiants savent faire abstraction de la distance instaurée par l’écran pour s’approprier le contenu vidéo naturellement. »

 

Un enjeu de transmission de l’information

Dans une société connectée où les écrans se multiplient, la vidéo est une garantie d’accès rapide à l’information, de souplesse : « Chacun peut aujourd’hui regarder une vidéo où il veut, quand il veut. Nous sommes tous attirés par l’audiovisuel, qui capte l’attention », analyse Janina Kosik, responsable d’Agorassas, site d’enseignement vidéo en ligne de l’Université Paris II Panthéon-Assas.

Dans l’enseignement supérieur, les professeurs peuvent s’appuyer sur ce support pour dispenser leurs cours d’un pays à l’autre, touchant une population plus large. Les étudiants, en formation classique comme continue, peuvent suivre les cours où et quand ils le souhaitent.

 

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Une illustration de l’engouement des étudiants de Paris-Dauphine pour la vidéo, avec Channel 9

 

« Le MOOC n’est pas le bourreau de l’enseignement traditionnel »

Pour Isabelle Veyrat-Masson, la vidéo ne remplacera jamais complètement l’enseignement traditionnel, « que ce soit parce que l’on peut interagir en direct avec un professeur, ou parce qu’il est plus rapide de lire et d’annoter que de visionner. » Le professeur, par sa présence humaine, oblige à une concentration et à une écoute plus denses.

Pour les loisirs comme pour l’enseignement, nombreux perçoivent le support vidéo comme un complément d’une trace écrite. « Les étudiants demandent des polycopiés et documents en plus du MOOC ; d’autres vont consulter ces vidéos pour compléter leurs cours magistraux, les synthétiser », précise Janina Kosik. « Les professeurs voient dans la vidéo un outil pédagogique formidable. Mais ils ne délaissent pas la prise de notes, qui fait partie de l’apprentissage. »

 

Des formats variés

Le support audiovisuel peut varier en fonction de la durée ou du format (locuteur face caméra, interview, reportage… ). Plus une vidéo est longue, plus elle se suffit à elle-même et moins l’apport d’annexes écrites sera nécessaire. A l’inverse, une vidéo courte viendra plus souvent en complément d’une base écrite.

Le locuteur qui s’adresse directement à la caméra captera plus facilement l’attention qu’un dialogue entre deux personnes derrière l’écran ou qu’une voix off par-dessus des images. La clé de la concentration sur la durée est d’alterner ces formats pour mobiliser les sens en continu et de manière variée. La complémentarité son-image est primordiale sur ce plan : il faut faire vivre les deux plans pour captiver l’audience.

Isabelle Veyrat-Masson évoque la facilité de transmission de l’information sur support vidéo et surtout son faible coût. Mais elle a une réserve : « Travailler sur le même support que celui sur lequel on se distrait n’aide pas la concentration. Il y a aussi des enjeux liés aux ondes, à l’optique, des questions de santé qui demandent une attention particulière. »