Rôle , fonction et responsabilités du vice -président

 

Traditionnellement dans les pays anglo-saxons le président d’entreprise est secondé, voire suppléé, par un ou des vice-présidents. Cette fonction est plus rare en France. Elle est notamment de rigueur pour des responsabilités exécutives dans le secteur des services à forts enjeux commerciaux et relationnels. Le vice-président d’un conseil d’administration peut gérer des moments particuliers de la vie d’une entreprise comme la fusion, ou incarner une répartition des pouvoirs d’actionnaires multiples comme des cofondateurs.

 

 

Zied Guedri

Zied Guedri

« Le vice-président peut être celui du conseil d’administration, du conseil de surveillance ou exécutif de l’entreprise, explique Zied Guedri, chercheur à l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises. Ce titre est fréquent au Canada, aux États-Unis ou en Angleterre ; dans les entreprises qui ont un chief executive officer (CEO), l’équivalent du directeur général. Si le vice-président fait partie du top management (comité exécutif en France), il occupe un poste équivalent à celui des directeurs généraux adjoints en charge d’un domaine. » Le titre de vice-président est donc le plus souvent complété de sa sphère de responsabilité : marketing, RH, finance, recherche, etc. « On dit ainsi aux États-Unis : vicepresident finance ou chief financial officer (CFO). » « Globalement, ce n’est pas une fonction mise en exergue dans notre pays, confirme Jean-Paul Vermès, président de VMS France. C’est le chef d’état major qui met en forme la stratégie, son numéro deux l’applique pour la partie dont le numéro un ne peut se charger. Parfois, ce numéro deux est nommé vice-président. »

 

Un titre d’image et de statut
« L’avantage de ce titre est qu’il est plus valorisant qu’un simple directeur en charge de, souligne M. Guedri. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est utilisé dans le secteur des services, et plus particulièrement de la banque, de l’assurance ou encore du conseil. » Être nommé vice-président témoigne de vis-à-vis des clients, de sa responsabilité. « Dans ces secteurs où l’on est face au client, il est important de faire savoir que l’on est en charge, en responsabilité. » « Le terme de vice-président est très couru dans les milieux anglo-saxons, complète J-P. Vermès. Il est aussi utilisé pour son image lorsqu’il s’agit de vendre à des clients fortunés ou importants, comme dans la banque ou le conseil. Dans les secteurs fortement exposés aux clients, il faut savoir les traiter à haut niveau, or, le numéro un ne peut tout prendre en charge. On nomme donc des personnes en responsabilité pour leur faire face. »

 

Une responsabilité exécutive
« Cela dit, précise Z. Guedri, les entreprises sont libres de former leur organigramme, de choisir le titre et statut de leurs responsables. CFO, directeur financiers, VP finance, au fond on parle de la même chose. A l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises, nous travaillons sur un échantillon d’entreprises de tous les pays, et quel que soit le titre, si le responsable fait partie du comité exécutif, on parle des mêmes responsabilités et statuts. » Si le vice-président est plus courant dans les services, il n’est donc pas exclu d’en trouver dans l’industrie.

 

Dans le conseil d’administration
Les conseils d’administration des entreprises comptent entre 8 et 12 membres. Avec un président et dans certaines organisations, un vice-président. « On estime que dans 60 % des cas, les entreprises du SBF 120 ont un vice-président du conseil d’administration, note Z. Guedri. Dans ce cas, il y a l’idée de substitution, le vice-président doit pouvoir suppléer au président. C’est le cas par exemple lorsque l’entreprise prépare la succession de son président et introduit le suivant ou le favori en lui donnant ce titre. On lui accorde alors des responsabilités élargies en vue de sa nomination. C’est un signal vis-à-vis des parties prenantes. »

 

Ou pour mieux répartir les pouvoirs entre plusieurs actionnaires
Le second cas de figure est de nommer un viceprésident dans un conseil d’administration afin de permettre de représenter plusieurs actionnaires dans l’organe de décision. C’est le cas notamment lorsqu’une entreprise est détenue par plusieurs familles ou cofondateurs. « On voit parfois une organisation à deux têtes : président et vice-président, tournante tous les 3 ou 5 ans, illustre Z. Guedri, afin de répartir les pouvoirs équitablement. » Le vice-président dans son rôle de suppléant peut aussi être nommé pour gérer des moments particuliers de la vie d’une entreprise, « comme les fusions, précise J-P. Vermès. Un tandem de dirigeants peut être amené à devoir gérer une entreprise durant une étape intermédiaire faisant suite à une fusion, un rachat ; voire prendre en charge des activités très différentes et devenues part d’une même entreprise suite à un rapprochement. »

 

Dans tous les cas, la gouvernance doit être claire
Une entreprise doit avoir un dirigeant et non pas deux, dès que sa dimension est importante donc complexe, les partenaires devant savoir clairement qui est en charge et à qui s’adresser. La gouvernance doit être claire, les fonctions bien définies, les responsabilités de chaque personne établies. « S’il y a deux hommes forts dans une entreprise, explique Z. Guedri, ce sont le président du conseil d’administration (pour le contrôle de l’entreprise) et le dirigeant de l’exécutif (pour la gestion de l’entreprise). » Dans le cadre des évolutions de la gouvernance des entreprises, et de la séparation des fonctions de président et directeur général, le vice-président peut jouer un rôle dans l’équilibre, la sécurité et la transparence des décisions. « Le patron c’est le président du conseil d’administration, le président-directeur général ou le président exécutif, insiste J-P. Vermès. La nomination d’un vice-président répond en France à des situations particulières ou à des secteurs aux forts enjeux commerciaux et relationnels. »

 

Un vice-président pour suppléer
A la différence d’un directeur général dédié à un domaine, un vice-président d’entreprise peut suppléer au président comme l’indique son titre. Vice en latin signifiant : à la place de. Il est donc situé hiérarchiquement sous le président, en tant que son adjoint. Il rend compte au président de l’entreprise ou du conseil d’administration selon les organisations. Les entreprises (qui fonctionnent avec ce titre) ont parfois recours à plusieurs vices-présidents, chacun dédié à un secteur particulier (ventes, affaires juridiques, stratégie, finance, marketing, etc.). Le vice-président le plus important est souvent appelé exécutif.

 

Ou gérer des clients importants
Dans les cabinets de conseil en stratégie et management, ce poste est très important : les vices-présidents sont généralement nommés ou élus par leurs pairs du cabinet au niveau mondial, et selon leur expérience et séniorité dans le cabinet.

 

A. D-F