Toutes les grandes écoles déploient des activités de recherche et nombre d’entre elles y voient une mission stratégique contribuant à leur attractivité et leur positionnement tant au plan national qu’international. – Par Pascal Brouaye, Directeur de l’ESILV (Ecole Supérieure d’ingénieurs Léonard de Vinci), et Président du Pôle Léonard de Vinci

 

Une composante importante des Grandes Ecoles

Pour ce qui concerne les écoles d’ingénieurs, le champ d’action de la recherche est particulièrement vaste. Depuis la recherche théorique débouchant sur des publications dans des revues internationales référencées par les grandes institutions comme le CNRS jusqu’à une recherche très appliquée conduisant à des transferts de technologies avec des PME, le spectre est large ! C’est là l’une des grandes forces des écoles d’ingénieurs de pouvoir, à travers les sciences et les technologies, promouvoir l’excellence des enseignants-chercheurs sur tous ces terrains.

 

La recherche partenariale, vecteur de coopération et de financement

La recherche bien qu’investissement pour l’avenir, représente toujours un coût important et la question de son financement se pose évidemment de façon cruciale. C’est la raison pour laquelle le terrain de la recherche dite “ partenariale “ est particulièrement apprécié par les écoles d’ingénieurs. Il s’agit là de contribuer à des projets précis s’inscrivant dans des appels à projets thématiques avec des financements à la clé. Dans ce cadre, les Pôles de Compétitivité, fondés il y a 12 ans, jouent un rôle intermédiaire important en invitant au montage des consortiums composés de laboratoires de recherche et d’entreprises. Ils permettent de labelliser les projets imaginés par ces regroupements et de répondre à des appels d’offre donnant lieu à des financements notamment par le Fond Unifié Interministériel (FUI). A titre indicatif, les 58 projets portés par 49 pôles de compétitivité du 20e appel à projets FUI, percevront 41M € d’aides de l’Etat ainsi qu’une aide des collectivités territoriales et des fonds communautaires (FEDER) de 41,5 M €.

 

Les chaires d’enseignement et de recherche, des coopérations très ciblées

Tout cela n’interdit pas les initiatives directes avec des entreprises destinées à matérialiser une coopération sur un thème précis. Il s’agit là, en s’appuyant sur les équipes de recherche et d’un financement d’entreprise ou de fondation, de conduire des activités de recherche bénéficiant aux deux parties. A titre d’exemple les compétences des enseignants-chercheurs du centre de recherche du Pôle Léonard de Vinci dans le domaine du « Big Data » ont permis la création d’une chaire avec un groupe international, intitulée « Empreintes Numériques », qui aura pour objectif de mener des recherches afin de renforcer le pouvoir prédictif de modèles d’achat par l’inclusion de données externes, c’est-à-dire librement disponibles sur le web. La chaire finance des enseignants-chercheurs, doctorants et équipements.

 

La valorisation des projets menés par les étudiants

La valorisation de certains travaux peut également se traduire par une visibilité à l’extérieur de l’école d’ingénieurs. De nombreuses voies sont possibles. A titre d’exemples : le dépôt de brevet, la création d’entreprise, la publication, les prix de concours nationaux ou internationaux, etc… A l’ESILV, l’école d’ingénieurs du Pôle Léonard de Vinci, ce type de valorisation fait partie des objectifs assignés aux projets innovants réalisés par les étudiants. Un tel dispositif tire les projets vers le haut et contribue à “ booster “ les CV des étudiants. C’est une valorisation “ en nature “ qui rejaillit sur l’école et ses étudiants.

 

Opportunités et agilité, les mots-clés !

Ces exemples montrent que les écoles d’ingénieurs disposent d’un magnifique terrain de jeu pour valoriser les activités de recherche et d’innovation de leurs enseignants-chercheurs et de leurs étudiants. Cette diversité invite en contrepartie au développement d’organisations agile afin de saisir les opportunités et bâtir des coopérations. De quoi mettre à l’épreuve les structures… Mais comment prétendre à l’innovation sans montrer l’exemple dans notre fonctionnement ?