Le grand entretien : Jean-Chambaz

 

Former des scientifiques éclairés, ceux qui anticipent et donnent sens aux grands changements du monde. C’est l’ambition du président Jean Chambaz pour l’Université Pierre et Marie Curie. Il mise sur l’ouverture aux sciences humaines et sociales et les synergies au sein du pôle Sorbonne Universités pour y parvenir.

 

Jean Chambaz, président de l'Université Pierre et Marie Curie : « Je crois en l'intelligence de tous les individus, le problème est de les  accompagner pour qu'ils trouvent leur voie. C'est la clé pour qu'ils se réalisent et réussissent leur vie. »

Jean Chambaz, président de l'Université Pierre et Marie Curie : « Je crois en l'intelligence de tous les individus, le problème est de les accompagner pour qu'ils trouvent leur voie. C'est la clé pour qu'ils se réalisent et réussissent leur vie. »

Autour de quelles ambitions se cristallise votre stratégie pour l’UPMC et ses étudiants ?
Celles d’anticiper et accompagner les transformations de la société et du monde, alors que nous  vivons une mutation profonde de civilisation. Elle a des traits communs avec la Renaissance : la fin d’un monde, un autre qui naît, c’est enthousiasmant ! Nos recherches contribuent à anticiper ces changements. C’est ainsi que nous préparons nos étudiants à être des acteurs déterminés et optimistes de ces changements. Notre ambition est qu’ils développent leur  esprit critique, d’analyse, leur faculté à donner du sens. C’est ce qui nous amène à développer notre recherche, nos partenariats, sur les sujets les plus profonds comme la médecine ou la biologie cellulaire.

Qui sont vos partenaires en Ile-de-France ?
Paris 7 en mathématiques ; Paris 5 en biologie ; l’ENS, l’ESPCI, le Collège de France en physique et chimie ; Paris Sud sur le climat ; Paris Est sur l’écologie et la médecine. C’est en nous appuyant sur nos complémentarités que nous construisons le paysage académique francilien de demain pour gagner  en visibilité.

La Sorbonne de tous les savoirs est en construction

Quelle est l’ambition du pôle Sorbonne Universités dont l’UPMC est membre fondateur ?
Son ambition est de reconstituer la Sorbonne de tous les savoirs, afin de développer une perception globale de la société et du monde. Cela est possible grâce à la qualité et la complémentarité des  partenaires : les universités Panthéon-Assas, Paris- Sorbonne et Pierre et Marie Curie, l’UTC, l’INSEAD, le Muséum national d’histoire naturelle, le CNRS, l’Inserm et l’IRD. Ce pôle d’envergure internationale réunit 2 900 enseignants-chercheurs et 7 000 doctorants français et étrangers.

 

Un centre d’innovation à la pointe

Un mot sur Paris Parc ?
Ce centre d’innovation monté avec la Ville de Paris ouvrira en 2017. Il rassemblera au coeur de notre campus, pour Sorbonne Universités, des entreprises, des start-up, une société de transfert et de maturation, un fonds d’amorçage, un hôtel à projets. Académiques et étudiants pourront se familiariser avec l’entrepreneuriat, déployer leur volonté d’entreprendre.

 

Bases scientifiques solides  et ouverture

Quel est l’impact de ces développements pour vos étudiants ?
Ils bénéficient des avancées et approches transversales dans leur formation. C’est essentiel pour les préparer à leur activité professionnelle dans un monde changeant et complexe, pour mener des carrières composites. Je ne crois pas en « l’homo multidisciplinaricus » ! Un scientifique doit posséder des bases disciplinaires solides, tout en étant ouvert et capable d’aborder la complexité de manière  globale et synthétique, de collaborer avec d’autres experts. Nous permettons à nos étudiants d’approfondir une discipline et de s’ouvrir aux outils et concepts d’autres domaines. Nous ne sommes pas résignés à ce que les meilleurs étudiants préfèrent une grande école. L’UPMC a un projet et une formation de haut niveau à leur offrir !

Comment envisagez-vous la réussite de vos étudiants ?
Il est de notre responsabilité de former la jeunesse de France. Le taux d’échec en licence est inacceptable. Bien former en licence c’est aussi préparer de bons étudiants pour les masters et doctorats. Je crois en l’intelligence de tous les individus, le problème est  de les accompagner pour qu’ils trouvent leur voie. C’est la clé pour qu’ils se réalisent et réussissent leur vie. Notre défi est de répondre aux besoins et aspirations de publics variés. Nous proposons donc des  offres pédagogiques différenciées. Le temps d’une offre uniformisée est révolu.

 

L’UPMC ouvre la filière médecine  aux bacs L et ES !

Vous initiez une révolution dans les études de médecine…
Nous substituons la PACES à une licence santé sciences droit et humanités, afin de permettre à ceux qui échouent ou renonceraient à intégrer médecine, de décrocher un diplôme. En fin de 1ère année, ceux qui sont prêts peuvent passer le concours, les autres entrent en L2 et pourront s’ils le souhaitent, présenter le concours (ou non) en L2 et/ou L3. On ne parle plus d’échec mais d’orientation vers les métiers de la santé, par exemple en robotique. Cette évolution  nous conduit à modifier les cours et le concours,  en intégrant  la dimension sciences humaines. Je suis convaincu que la profession a besoin de s’ouvrir.  C’est pourquoi nous ouvrons notre filière aux forts en thème issus des bacs L et ES !

Vous plaidez aussi pour la diversité  chez les ingénieurs
En effet, et avec pour preuve la réussite de nos filières ingénieur métier et en apprentissage de Polytech.  Il en va de même pour nos masters en ingénierie. L’UPMC fait partie du réseau Figures (formation à  l’ingénierie par des universités de recherche) créé en 2011 par 13 universités. Il est labellisé « Initiative  d’excellence en formation innovante » et est financé à hauteur de 10 M€. L’UPMC propose deux cursus en électronique et en mécanique de CMI (cursus master en ingénierie) en 5 ans débouchant sur un  diplôme d’ingénieur-expert. Le succès est au rendez-vous avec plus de 1 500 demandes sur APB pour  35 places.

Trois questions  à Fabrice Chemla,  vice président formation
Comment l’UPMC  lutte-t-elle contre le  décrochage ?
Nous permettons aux jeunes  de ne pas s’enfermer dans  une filière afin qu’ils puissent construire un parcours d’études fondé sur un projet professionnel. A cela se couplent des actions  d’accompagnement personnalisé avec un référent,  de tutorat par un étudiant plus avancé. Nous avons aussi une filière dédiée aux élèves venus  de bac technologique pour qu’ils se remettent  à niveau à sciences.
Quelles sont les nouveautés  de la rentrée 2013 ?
Dans le cadre de la réforme de la 1ère année, nous mettons en place l’apprentissage par problème  et par projet. Par la pédagogie active, il s’agit d’amener les étudiants à découvrir par eux-mêmes de quoi ils ont besoin pour résoudre des problématiques bidisciplinaires. Nous renforçons aussi la démarche d’orientation. Les étudiants de L1 choisiront 4 disciplines au  premier semestre et 2 au second, puis une majeure et une mineure en 2ème année. La réflexion sur leur projet professionnel les conduira soit à poursuivre en master, soit à choisir un métier à  l’issue d’une licence pro. Ils mèneront ces réflexions avec des enseignants-chercheurs, en liaison avec des entreprises et des diplômés de l’UPMC. A la rentrée 2014, les étudiants de 2ème année pourront choisir une majeure et une mineure  complémentaires sciences/sciences, ou bidisciplinaires sciences/sciences humaines dans le cadre de Sorbonne Universités.
Comment se déroule l’intégration  des L1 ?
Nous organisons une « welcome week » (cette année du 10 au 12 septembre), où nos services et départements et les associations étudiantes sont présents. Nous inaugurons aussi une présentation des cours, méthodes de travail et de la recherche par des enseignants-chercheurs.

 

A. D-F

 

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