Dossier Recrutement

 

100 000 diplômés de master et plus arrivent chaque année sur le marché du travail, dont la majorité de l’université. La variété des filières se traduit par une hétérogénéité du placement en début de carrière. Deux tendances se dessinent néanmoins : les profils scientifiques et techniques sont les grands gagnants de l’insertion professionnelle, tandis que les universités se sont attelées à rapprocher leurs étudiants des entreprises.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a réalisé sa 3e enquête sur l’insertion professionnelle des diplômés de l’université entre décembre et avril 2012. Elle concerne les diplômés 2009 de DUT, Licence pro et master. Il en ressort que 91 % des diplômés de master et 92 % de licence professionnelle sont en emploi 30 mois après l’obtention de leur diplôme.

Lire entre les lignes
Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes tant l’hétérogénéité des filières et profils issus des universités rend difficile toute comparaison. Quels sont les points communs de diplômés d’IAE, de Dauphine, de Sciences Po, de l’UTC, des Polytech, d’Assas ou de médecine ? Ils trouvent rapidement un emploi en relation avec leur formation, en statut cadre et en CDI. Tout l’inverse de diplômés de filières dites « bouchées » comme la bio, la psychologie, l’histoire, le marketing.

 

Les formations scientifiques et technologiques ont la côte
Si l’on décline l’enquête par filière, les diplômés de Droit-Economie-Gestion (DEG) et Technologies- Sciences-Santé (TSS) bénéficient de conditions d’embauche plus favorables que ceux de Sciences humaines et sociales (SHS) et de Lettres-Langues-Arts (LLA). Ainsi 92 % des diplômés de master de DEG et de TSS (71 % de l’ensemble) sont en emploi contre 88 % et 85 % en SHS et en LLA. On note des pointes à 97 % pour les diplômés en informatique, 98 % en mathématiques, mécanique et génie mécanique ou médecine à 95 %. On tombe à 86 % en sciences politiques, 82 % en langues et littérature française, 80 % en arts et 82 % en archéologie. Les scientifiques bénéficient aussi d’une meilleure qualité d’emploi : ils sont plus souvent cadres et en CDI. Concernant les diplômés en 2011 ; dès lors que l’on considère les écoles d’ingénieurs universitaires, les taux grimpent à 90 % pour les diplômés en 2011 par exemple des INP Grenoble, Lorraine et Toulouse. Alors que selon l’enquête de l’Apec menée en avril 2012, moins de 7 sur 10 universitaires diplômés en 2011 sont en emploi.

D’autres filières tirent leur épingle du jeu
Le taux de placement moyen pour toutes les filières M2 de la Faculté Libre de Droit est de 87,5 % (diplômés 2010-2011). Ceux qui se destinent à devenir notaires (M2 professions juridiques et judiciaires) sont même à 100 % en emploi tout comme les diplômés du M2 professions juridiques et administratives qui entrent dans la police, à la direction des finances ou en cabinet d’affaires. Laurent Hürstel du cabinet Robert Walters constate une demande des entreprises pour les diplômés en droit (général ou spécialisé droit social, droit des affaires, en supply chain et logistique, et en finance).

 

Comment faire la différence face aux recruteurs ?


Les conseils de Laurent Hürstel, directeur associé du cabinet de recrutement Robert Walters

1. Cessez de faire des complexes ! Un diplômé Bac +5 sait travailler, il a suivi une formation exigeante intellectuellement. Plus de 80 % des recruteurs sont ouverts, nous pouvons leur proposer des profils correspondant à leurs attentes au-delà du diplôme.
2. Analysez votre marché. Il faut profiter de toutes les occasions pour se renseigner et construire son profil et son projet professionnel. Vos universités ont les dispositifs pour vous accompagner dans cette réflexion indispensable pour se positionner face au recruteur et s’adapter à ses attentes.
3. Mettez en avant vos compétences linguistiques. En anglais elles sont incontournables, une deuxième langue est un plus. Soignez aussi la rédaction de vos lettres, on voit trop de discours types copiés sur le Net.
4. Parlez de vos stages. Ce qui intéresse le recruteur, c’est de savoir si vous serez un bon professionnel, possédez des qualités opérationnelles. C’est en parlant de vos stages que vous le prouverez.
5. Traduisez en compétences vos connaissances, projets, activités, en termes qui parlent aux entreprises. Elles recherchent des candidats qui maîtrisent leur sujet, à potentiel, curieux, qui ont envie de progresser, engagés et à la tête bien faite.
6. Osez prendre conseil auprès de recruteurs pour améliorer votre CV, votre lettre, vos entretiens.

 

A. D-F