Gilles Bloch © UPSaclay

Après la dissolution de la ComUE Paris-Saclay, deux entités se sont créées : NewUni, portée par l’École Polytechnique et l’Université Paris-Saclay, présidée par Gilles Bloch. Le président se confie sur la construction et sur le positionnement du groupement. Rencontre.

 

Où en est-on dans la construction de la nouvelle Université Paris-Saclay ?

Aujourd’hui, nous avons posé les bases d’une université de plein exercice qui devrait voir le jour en 2020. Nous avons construit un doctorat commun à tous les établissements de la ComUE. De plus 80 % des Masters sont mutualisés depuis la rentrée 2015. Côté recherche, les réalisations sont nombreuses aussi, notamment grâce à l’Idex, comme notre centre de nanosciences et de nanotechnologies ou notre institut de biologie intégrative de la cellule.

Quel est le prochain projet commun ?

Il concerne la Licence que nous allons scinder en deux cycles :

– Un cycle licence d’excellence de l’Université Paris-Saclay à vocation internationale qui sera exigeant en termes de prérequis et d’apprentissages

– Une école universitaire de premier cycle qui accueillera les étudiants selon les critères nationaux et proposera des formations orientées vers les débouchés à bac +2/3

Quel sera le visage de l’Université Paris-Saclay à terme ?

D’ici 2020, l’Université Paris-Sud aura disparu et sera pleinement intégrée à l’Université Paris-Saclay. CentraleSupélec, l’ENS Paris-Saclay, l’IOGS et AgroParisTech deviendront des écoles à l’intérieur de l’Université tout en conservant leur personnalité juridique. D’ici 2025, nous ambitionnons de fusionner l’Université d’Évry et l’UVSQ.

Qu’en est-il et qu’en sera-t-il demain, de vos relations avec les entreprises ?

Nous travaillons déjà avec des entreprises du bassin de Saclay. Nous venons d’ailleurs de signer un accord avec PSA. Notre ambition est de développer des partenariats à l’échelle de l’Université Paris-Saclay dans son intégralité. Aujourd’hui, l’enjeu est de faire venir chez nous les acteurs importants. Pour cela, notre attrait premier est la recherche. Nous comptons également proposer des opportunités sur la formation professionnelle en lien avec notre école universitaire de premier cycle. Grâce aux grandes écoles de l’Université Paris-Saclay qui ont une relation plus dense avec les entreprises, notamment grâce à leurs anciens, nous allons développer une vraie collaboration.

Comment vous positionnez-vous ?

Notre stratégie est fondée sur une double exigence : dans nos recrutements et en matière de recherche. L’international est également un point important pour nous car c’est là où se trouve la concurrence. Cette stratégie assumée d’excellence scientifique a été mise en place grâce à l’Idex qui permet de développer nos laboratoires.

Quelle gouvernance pour l’Université ?

Nous avons fait le choix de laisser une grande autonomie aux écoles qui nous rejoignent. Elles continuent à recevoir des subventions de l’État et conservent leur gouvernance interne ainsi que leur processus de recrutement de certains étudiants. Cette possibilité de nous quitter facilement a permis d’en fédérer plusieurs autour de nous. En termes de gouvernance, l’Université Paris-Saclay s’occupera du patrimoine commun et des actions centrales. Nous avons opté pour un modèle hybride au sein de notre CA : 18 personnalités extérieures désignées par les composantes et les écoles membres, et 18 membres représentants du personnel. Nous disposons également d’un conseil des composantes, des membres et des organismes fondateurs qui travaille avec l’équipe présidentielle sur la question de l’Université Paris-Saclay au quotidien.

Quels sont vos atouts ?

• Une offre de formation extrêmement riche puisque nous couvrons tous les champs disciplinaires des sciences dures : des mathématiques à la biologie des plantes en passant par le climat

• Des passerelles entre écoles et université

• Notre territoire : de nombreuses entreprises sont présentes sur le plateau de Saclay comme Thales ou Safran. Nous comptons densifier le terreau des PME notamment grâce à notre incubateur-pépinière. Ce qui permettra aux étudiants et aux startupers d’avoir des relations privilégiées avec l’entreprise

• Notre position dans les classements en matière de recherche notamment en mathématiques, en physique et en sciences de la terre

Quelles relations envisagez-vous avec NewUni ?

NewUni est constituée d’écoles qui ont souhaité faire chemin à part. C’est pourquoi nous n’allons pas tout construire ensemble. Cependant, nous partageons le même territoire et nous étudierons au cas par cas. Tout ce qui relève de la vie quotidienne (logements, restaurants, etc.) se fera ensemble. Pour l’enseignement, il sera possible de collaborer avec NewUni, comme dans les mathématiques. Si le groupe le désire, nous pourrions envisager de créer une école doctorale commune et un master coordonnés. Sur le plan de la recherche, certains laboratoires communs ont déjà été créés et il n’y a pas de raisons de revenir en arrière.

Les écoles votent en faveur de la nouvelle Université Paris-Saclay !

Les conseils d’administration d’AgroParisTech et de l’UVSQ ont décidé de rejoindre l’aventure de la nouvelle Université Paris-Saclay. Pour Alain Bui, président de l’UVSQ, « ce vote traduit la volonté de la majorité de notre communauté d’être acteur de la construction d’un nouveau modèle d’université, qui œuvrera au bénéfice de la recherche et de la formation de tous les publics et dans le souci du bien-être de ses personnels »

Pour découvrir des opportunités dans les plus grandes entreprises et des témoignages de dirigeants inspirants, c’est par ici :

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