Croissance économique proche de zéro en 2013, taux de chômage supérieur à 10%, déficit du régime d’assurance chômage équivalant 5 milliards d’euros en 2013 (18 milliards d’endettement), et un rapport de la Cour des comptes qui pointe du doigt les insuffisances et limites de notre système d’assurance chômage, sont autant de facteurs qui pèseront dans la re-négociation à venir de la convention d’assurance chômage entre les partenaires sociaux.

Dans un Position Paper intitulé « Pour une réforme de l’assurance chômage des 50 ans et plus », Arnaud Chéron, Directeur de recherche à l’EDHEC Business School, détaille les lignes d’une réforme qui vise à réduire le déficit et maintenir les seniors en emploi. Il évalue les effets d’un alignement de la durée maximale d’indemnisation des chômeurs de plus de 50 ans sur celle des autres chômeurs, soit une réduction de 36 à 24 mois, et parallèlement une suppression des cotisations salariales et patronales à l’assurance chômage pour ces mêmes travailleurs, dont les taux sont respectivement 2,4 % et 4 %.

Cette proposition de réforme procède d’une logique de revalorisation du travail des seniors, d’une part en réduisant le coin fiscal, et d’autre part en diminuant de 5% la générosité de l’indemnisation chômage pour les travailleurs de plus de 50 ans. Il en résulte une modération du salaire réel, qui combinée à la réduction de cotisations permet une diminution du coût moyen du travail de plus de 6 points pour les 50-54 ans et 10 points pour les 55-59 ans, favorable aux embauches.

La simulation de ces mesures suggère un potentiel d’emplois créés (ou sauvegardés) supérieur à 200 000 pour les 55-59 ans, auquel s’ajouterait un gain d’emplois supérieur à 100 000 pour les 50-54 ans.

L’incidence financière, en consolidant les comptes de l’UNEDIC et du fonds de solidarité, correspondrait à un gain de l’ordre de 3 milliards d’euros.

 

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