La Chimie en plein renouveau

 

A chaque Grande École de chimie, son cursus et sa valeur ajoutée. Gros plans sur les points forts de Chimie ParisTech, l’ENSCM et CPE Lyon.

Si la plupart des écoles de chimie insistent sur l’aspect généraliste de leur formation, chacune tire son épingle du jeu par des aspects novateurs. C’est le cas de l’Ecole nationale supérieure de Chimie de Paris, dirigée par Valérie Cabuil : « L’école est bien identifiée pour ses formations dans les domaines des énergies (renouvelables, nucléaire). Mais notre démarche pédagogique est aussi plébiscitée. En effet, dès leur arrivée à l’école, nos étudiants participent à un séminaire d’intégration et se voient confier un projet à monter. » Même engagement pour l’Ecole supérieure de Chimie Physique Électronique de Lyon qui a pour credo ouverture et personnalité. « Le principal outil d’un manager, c’est lui-même, assure Gérard Pignault, son directeur. Certes, nos offres de formations sont axées sur la chimie et les procédés, mais nous fournissons aussi une solide formation humaine, économique et sociale. »Tournées vers l’innovation, les écoles développent leur propre identité tout en veillant aux besoins du marché et des entreprises. CPE Lyon a ainsi ouvert, il y a trois ans, une plateforme de recherche en nano chimie avec le CEA de Grenoble. Une position pour Joël Moreau, directeur de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier : « À côté des dominantes Chimie santé et Chimie matériaux- environnement, nous avons créé deux nouvelles spécialités autour de la chimie et du développement durable et sur la chimie du nucléaire. » Enfin, dès 2013, l’école proposera une formation d’ingénieur par apprentissage dans le domaine des matériaux et de l’environnement.

 

 

L’internationalisation au cœur de la réussite
Outre l’apprentissage de deux langues, les Grandes Écoles plébiscitent l’expérience à l’étranger.  À l’instar de CPE Lyon : « 80 % de nos étudiants passent plus d’un an dans une université partenaires en Europe, aux Etats-Unis, en Asie ou en Amérique du Sud, indique Gérard Pignault ». Valérie Cabuil de Chimie ParisTech l’assure : « Nos séminaires sur la diversité sont conçus pour permettre aux étudiants de travailler dans des contextes multiculturels variés ». Enfin, l’ENSCM pilote le programme Erasmus stage « qui aide au financement des séjours à l’étranger des étudiants » souligne Joël Moreau. Un ancrage plébiscité par les diplômés, nombreux à tenter l’aventure entreprenariale hors de nos frontières.

 

L’ESPCI ParisTech : 130 ans d’exigence scientifique
Créée en 1882, l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris reste un modèle exception. Ses atouts : une formation solide en mathématiques, physique, chimie et biologie et un enseignement tourné vers l’expérimentation. « Les élèves ont 15 heures par semaine de travaux de laboratoire pendant leurs deux premières années, indique Jacques Prost, son Directeur général. Au bout de trois ans, ils peuvent envisager leur quatrième année avec une grande variété de choix : Mastère de chimie, de physique ou de biologie… Notre credo : ouverture, observation et travail ! » Une formation qui a pour figures cinq lauréats du prix Nobel : Pierre et Marie Curie, Frédéric Joliot-Curie, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak. « Nous n’avons aucun préjugé quant à la formation de nos chercheurs. C’est cette politique d’ouverture qui a contribué à notre rayonnement international. » Pour fêter dignement les 130 ans de l’école, Jacques Prost envisage de réunir de nombreux chercheurs. Les défis à relever pour les prochaines années ? « Passer de 85 à 100 étudiants par promotion, augmenter le nombre d’élèves étrangers et continuer les découvertes au plus haut niveau. »
http://www.espci.fr/fr/

 

F.B