Après un an de tronc commun, le cursus ingénieur d’Agro-ParisTech entre dans une phase concrète en milieu de 2e année. Fin mars, j’ai l’occasion de suivre Aurélie Laperche durant un projet expérimental de 6 semaines sur le lien entre alimentation et activité physique. Entre ses cours, ses activités sportives et sociales, son engagement au sein de la junior entreprise, Aurélie observe le comportement d’animaux aussi intelligents et intéressants que repoussants pour d’autres : 15 rats blancs de l’animalerie de l’école.

Aurélie Laperche est élève en 2e année à AgroParisTech.

Aurélie Laperche est élève en 2e année à AgroParisTech.

Originaire de Toulouse, Aurélie a fréquenté le prestigieux lycée Pierre Defermat. « J’ai passé les concours d’Agro, de véto et pour les ENS. J’ai opté pour AgroParisTech car j’ai pensé qu’une école d’ingénieurs m’ouvrirait plus de portes, me laisserait le temps de m’orienter et j’étais attirée par les aspects techniques et concrets de l’ingénierie. » La 1ère année de tronc commun lui offre cette diversité qu’elle recherche. En 2e année, elle choisit (parmi 4 possibilités) le domaine d’études « Ingénierie et santé, homme, bioproduits, environnement ». Jusqu’à mi-novembre, elle suit des cours du socle commun, vient ensuite une séquence de cours au choix parmi un vingtaine. Elle réalisera cet été un stage de 3 mois au CHU de Montpellier au sein de l’Unité Nutripass. Elle travaillera auprès d’un docteur en gériatrie sur l’analyse d’une étude « visant à mettre en évidence le lien entre différents facteurs que l’on peut mesurer dans l’organisme et le statut vital des personnes âgées. »
Actuellement, Aurélie réalise un projet de groupe de 6 semaines sur le thème « Activité physique et santé ». « Chacun a choisi un projet et nous avons formé notre équipe par affinité et parce que nous savions être complémentaires pour avoir déjà travaillé ensemble. » Les élèves sont encadrés par Nicolas Darcel (spécialiste du comportement alimentaire) et Dalila Azzout- Marniche (spécialiste du métabolisme énergétique et adiposité). « Le projet vise à apprendre à travailler en groupe, à mener des études expérimentales, à mettre en oeuvre des protocoles pour répondre à une question, à analyser une situation réelle, puis à rédiger et présenter ses conclusions, explique la Maître de conférences. Au travers de ses expérimentations avec des rats, l’équipe d’Aurélie doit répondre à plusieurs questions : l’activité physique fait-elle maigrir ? Influe-t-elle sur le choix des aliments ? Et modifie- t-elle les capacités d’apprentissage et d’attention ? »

8h45, Aurélie enfile une blouse et rejoint ses partenaires à l’animalerie de l’AgroParisTech. Pendant que 2 élèves pèsent les 15 rats du projet, la 3e prépare leur petitdéjeuner.

9h30, c’est l’heure de la séance de natation pour les rats. 5 rats nagent durant 30 minutes, 5 durant 15 minutes, les autres ne nagent pas afin de pouvoir comparer l’incidence de l’exercice ou non sur leurs choix alimentaires. « Ce sont vraiment des bêtes intelligentes. Chacune a son caractère : le terrible est le numéro 14, le gentil le 1. Ils ont même réussi à dévisser le support de leurs gamelles ! Notre professeur a établi la bonne hauteur d’eau pour les faire nager : s’il en a trop peu, ils posent leur queue au fond du bassin et ne nagent pas ; s’il en a trop, ils sautent hors de l’eau. Nous devons aussi les surveiller car ils se montent sur le dos pour ne pas nager, et se coulent ! » Chaque rat est séché puis remis dans sa cage.

10h45, Aurélie profite d’un moment de libre pour se rendre à la Junior Entreprise, AgroParisTech Service Études, dont elle est la vice-présidente. « J’ai choisi la JE car c’est très instructif de travailler avec et pour des professionnels. L’équipe est super, nous nous entendons très bien. Des entreprises (ou l’école) nous confient des études réelles. Elles sont réalisées par des élèves, qui peuvent ainsi mettre en pratique leurs connaissances. Mon rôle est recruter les élèves, suivre les études, relancer nos clients, gérer les aspects administratifs. »

Midi, les rats déjeunent. L’équipe filme les rats auxquels sont proposés trois types d’aliments, pour voir quels choix ils opèrent, et le lien ou non avec leur activité physique. Ils sont ensuite à nouveau pesés. Puis Aurélie prend son repas avec des camarades au restaurant universitaire ou au local de la JE.

14h00, tests cognitifs pour les rats. Ils sont placés dans un labyrinthe en étoile et doivent trouver un morceau de brioche en moins de 5 minutes. Ils s’entraînent à nouveau vers 16h00. « Sous l’effet du stress, certains ne le trouvent pas. L’un d’eux est une flèche : il fonce vers la brioche en 17 secondes ! » A la fin du projet, l’ultime étape sera la dissection des rats pour notamment étudier leur masse graisseuse. « Nous mettons en oeuvre nos complémentarités, certaines ne veulent pas toucher les rats et se consacrent à d’autres taches, de mon côté je ne souhaite pas réaliser la dissection. »

15h00 Aurélie se rend à un cours de méthodologie liés à son domaine d’études : comment mener une enquête alimentaire, des recherches bibliographiques, faire remplir un test, etc.

16h00 Les élèves pratiquent un sport obligatoire, l’équitation pour Aurélie. « Être en grande école nous permet de découvrir de nouveaux sports et d’avoir accès à de nombreuses installations. J’ai ainsi la chance de monter à cheval sur le site de Grignon qui est tout simplement magnifique ! J’ai aussi découvert l’escalade que je pratique chaque lundi. » Aurélie fait aussi de la natation et du fitness le soir ou le week-end.

18h00 Aurélie donne des cours de maths particuliers à des collégiens et lycéens.

19h00 L’an dernier Aurélie logeait à Grignon. Elle est désormais installée à la résidence du Kremlin-Bicêtre, à proximité de Paris où les cours de son domaine d’études sont dispensés. « Certains soirs, il y a des « pots cafèt » sur le site de l’Agro rue Claude Bernard. Nous sortons aussi dans des soirées organisées avec d’autres écoles parisiennes de ParisTech. Dans ces écoles d’ingénieurs, les garçons sont majoritaires, ils sont donc ravis d’accueillir les élèves de l’Agro, où les filles sont plus nombreuses ! »

 

A. D-F