L’ACCÈS AUX GRANDES ECOLES DES ÉTUDIANTS EN SITUATION DE HANDICAP EST UNE DE NOS PRIORITÉS DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES

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2 RAISONS
1) Une très forte demande des entreprises qui ont une obligation légale de recrutement de personnes en situation de handicap.
2) Notre souhait de diversifier nos populations étudiantes et de proposer des solutions de formations à tous les talents.

 

UN DISPOSITIF COMPLET
Un concours spécifique. Organisé en partenariat avec des établissements (BTS ou IUT) de l’agglomération grenobloise, il est proposé en classe de terminale aux étudiants en situation de handicap. A l’issue de ce concours, les étudiants sélectionnés suivent une formation au sein d’une section de BTS ou d’IUT. Une fois leur diplôme obtenu, ils intègrent directement la 1ère année de l’école.
Un soutien financier apporté par un réseau d’entreprises partenaires. Ce soutien permet de financer l’adaptation des postes de travail des étudiants.
Un certificat handicap et management en partenariat avec Hanploi. Celui-ci a pour but de responsabiliser les étudiants face aux obligations et aux enjeux du cadre légal mais également « de changer le regard et les représentations des étudiants sur le handicap ».
Des actions de sensibilisation auprès des étudiants.
L’organisation d’handicafés pour le recrutement de ces étudiants avec un accompagnement personnalisé. Nous avons par ailleurs créé un poste de « chargé de mission diversité » qui a pour mission de gérer ce dispositif, la relation avec les entreprises et bien évidemment le suivi de ces étudiants.

 

L’ÉTUDIANT AU CENTRE DU DISPOSITIF, FACTEUR CLÉ DE RÉUSSITE
Les étudiants impliqués dans ce dispositif réussissent très bien, tant sur le plan académique que professionnel.
Avec un peu de recul, ces succès s’expliquent de la manière suivante
• Une forte demande des entreprises pour les raisons que l’on connait. Les étudiants ont un accès privilégié au monde du travail (et c’est à souligner dans différents domaines).
• Une perspective d’études sur 5 ans permettant aux étudiants (et à leur famille) de pouvoir se projeter sur le long terme avec des perspectives positives.
•Un réseau de partenaires comprenant des établissements d’enseignement supérieur, des associations spécialisées et des entreprises.
• Et surtout, parce que nous plaçons l’étudiant au centre du dispositif et que nous nous organisons en conséquence pour qu’ils réussissent.

 

ENCORE ET MALGRÉ TOUT DES RÉTICENCES
Cependant, le chemin à parcourir est encore en long et beaucoup de réticences ou de préjugés sont encore à surmonter. Deux me semblent particulièrement importantes.
1) L’auto-censure : « ce n’est pas fait pour moi », « je ne vais pas y arriver », « il y a forcément un loup » tels sont quelques-uns des retours qui me sont régulièrement opposés lorsque je présente ce programme. De temps en temps, ces commentaires viennent de l’entourage, familial ou scolaire de l’étudiant.
2) « La déclaration » ou plutôt la « non déclaration ». Un certain nombre d’étudiants – en situation d’éligibilité pour ce dispositif ne souhaite pas, pour des raisons qui leur sont propres, se déclarer et préfère postuler par les voies « classiques ». C’est dommage quand on voit les soutiens (notamment financiers) que peuvent apporter les entreprises. Je crois que cela s’estompera avec le temps et que de plus en plus d’étudiants pourront montrer et parler de leurs parcours et de leur réussite.

 

PAR JEAN-FRANÇOIS FIORINA,
DIRECTEUR ADJOINT DE GEM