Irma

Irma, ESCP Europe (Promotion 2012)

Dès la première semaine de sortie de son 1er album «Letter to the Lord», Irma décrochait le top des ventes chez iTunes et la Fnac. A la veille de sa 3e année d’école à ESCP Europe, Irma enchaîne les plateaux télé et radio ainsi que les scènes à Paris et en province. Retour sur le parcours d’une étudiante hors du commun…

I) Premières notes
Issue d’une famille de musiciens, Irma est née et a grandi au Cameroun. Elle est éveillée aux douces vibrations musicales dès ses premiers pas et poursuit dès ses 7 ans une formation de piano classique, qui lui enseigne la rigueur et l’opiniâtreté au travail. Tandis que du haut de ses 12 ans, elle gratte ses premiers accords en parfaite autodidacte sur la guitare de son père, elle se laisse séduire par les compositions du CD « Live from Mars » de Ben Harper, que sa mère vient de lui offrir. Ses premiers accords alors hésitants et maladroits, l’interprétation de ses compositeurs préférés lui semble difficile d’accès. Le seul moyen de dépasser ce mur de savoir-faire et d’excellence musicale revient à composer elle-même ses mélodies. Elle compose alors ses premiers morceaux au coeur de l’ambiance feutrée et intimiste de sa chambre d’ado, et se laisse emporter par le tourbillon de la création. « L’impression d’être l’auteur de quelque chose est assez indescriptible », confie Irma au Journal des Grandes Ecoles.

II) Déjà vedette au lycée
A 15 ans, Irma quitte le Cameroun pour poursuivre ses années lycée et ses études à Paris. Toujours aussi passionnée de musique, elle devient la petite vedette du groupe de rock de son lycée. Elle se lie alors d’amitié avec celle qui deviendra sa meilleure amie, et lui dévoile une partie de son jardin secret et de ses compositions. Mais cette dernière brûle de faire partager ce qu’elle a découvert chez Irma et parvient à créer un mini buzz autour de sa musique. Pour la première fois, Irma prend conscience que ses chansons plaisent et enchantent, et telle une fleur, elle éclot au monde et aux autres. « Cela change beaucoup de choses dans la manière de composer, dès lors qu’on crée aussi pour les autres dans une optique de partage et d’échanges », explique Irma.

III) Buzz sur le net
Alors qu’Irma reprend le titre « Au suivant », inspirée de l’interprétation de M et Camille vue à Taratata, elle publie sa vidéo sur internet afin que sa meilleure amie, à l’autre bout du monde, puisse l’écouter. Souhaitant retirer sa vidéo, Irma découvre avec stupéfaction une série de commentaires
d’encouragement d’internautes. Elle se prend au jeu et continue de poster des vidéos de ses reprises et de ses propres chansons. C’est au terme de sa classe préparatoire, qu’Irma sort de sa bulle et mesure l’impact de la diffusion de ses vidéos, tandis qu’elle reçoit plusieurs messages de producteurs. Elle opte finalement pour la maison de production « My Major Company », elle-même aux prémices de sa propre aventure. Mais Irma n’est pas au bout de ses surprises : les 70 000 euros nécessaires à l’enregistrement de son album sont collectés en moins de 48 heures. « Je pensais avoir quelques mois devant moi, le temps de réunir les fonds nécessaires, mais au terme du week-end, il fallait faire l’album, je passais soudainement d’une passion, d’un passe-temps à une réalité professionnelle », se souvient Irma.

IV) Premier album, premières scènes …
Direction New-York pour l’enregistrement de son 1er album auprès d’un mastodonte de la musique, Henry Hirsch, producteur de Lenny Krawitz ! Sans expérience, Irma lui confie la production de son album mais dès lors qu’elle revient à Paris, Irma ne reconnaît plus ses chansons et se sent incapable d’assumer et de défendre l’album. Retour à la case départ : dans l’intimité d’une cave parisienne réaménagée en studio, Irma, cette fois-ci, est aux commandes et gère les prises et les arrangements, « et là », dit-elle, « ça me ressemblait, il y avait de l’âme, je retrouvais l’esprit de mes premières compositions ». Dès mars 2010, en parallèle de la production de l’album, Irma réalise ses premières scènes en 1ère partie de Diam’s puis enchaîne les premières parties de M, Mickey Green et Tété. Le public est très réceptif à sa musique et certains de ces spectateurs seront même au rendez-vous de la Java, où elle se produit chaque semaine devant un public de 150 à 200 personnes durant l’automne 2010. « La vérité de la musique est sur scène, c’est là où j’apprends à chanter mes compositions au public et à les interpréter ».

V)… et toujours ESCP Europe !
Irma garde la tête sur les épaules et poursuit ses études à ESCP Europe. Elle a opté pour une année de césure afin de se consacrer à la promotion et à la sortie de son album. Mais cette dernière a la ferme intention d’achever sa formation et de décrocher son Master Grande Ecole. « Que ce soit My Major Company ou ESCP Europe, j’ai la chance de travailler avec deux structures flexibles et compréhensives, ce qui me permet de mener les deux activités en parallèle ». De plus, sa formation d’école de commerce lui semble très complémentaire de son activité musicale. « Cela me permet de porter un jugement critique sur les décisions prises, de prendre du recul sans que cela, bien sûr, ne prenne le pas sur la composition ». Irma espère continuer la musique et vivre de sa passion. Mais à long terme, elle pense retourner au Cameroun, une terre «si ancrée en elle», où elle souhaite pouvoir être utile un jour. Un modèle de courage et d’humilité, largement inspiré de sa foi protestante, de Dieu, à qui elle dédie sa chanson «Letter to the Lord», où elle invoque l’inspiration divine telle une incantation à sa muse.

 

AB