Didier Lombard, président de France Télécom-Orange

Pour Didier Lombard (X 62 et ENST 67), président de France Télécom-Orange, la révolution du tout numérique est un véritable tsunami qui n’épargnera aucun secteur. En sortiront gagnants ceux qui miseront sur la recherche, la formation des experts et l’innovation de service au profit de leur industrie.

 

Les mutations accélérées dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) obligent tous les acteurs du secteur à repenser leurs stratégies, en tenant compte des nouveaux défis lancés par les pays émergents, très offensifs et parfaitement organisés, tels que la Chine, pour engager cette bataille technologique, industrielle et économique.

Pour Didier Lombard, les clés de la survie des entreprises résident dans l’innovation pour la création de nouveaux services. Loin de faire du catastrophisme, Didier Lombard encourage les responsables politiques et les managers à ouvrir les yeux et à ne pas se reposer sur leurs réussites passées, au risque de se faire balayer par un véritable tsunami :

« La révolution du numérique (numérisation, IP généralisé, accroissement des capacités réseaux et de la connectivité) provoque la rupture la plus extraordinaire jamais connue dans les économies développées. »

 

A quels grands enjeux les entreprises sont-elles confrontées ?
Nous faisons face à une mutation fondamentale : l’arrivée des réseaux à très haut débit dans le monde entier provoque une accélération de la globalisation avec un véritable changement d’échelle des marchés qui, conjugués à la numérisation des contenus et services, va profondément transformer nos modes de vie. Ainsi, les enjeux qui se profilent ne touchent pas seulement « les télécoms ». Ils concernent l’ensemble de l’économie et de la vie sociale, sur tous les continents. Par ailleurs, aujourd’hui, c’est l’utilisateur qui détient les clés des services, il est au cœur des réseaux. Il n’est plus passif, il devient lui-même producteur de services : réseaux sociaux, recommandation, création/échange de contenus, interactivité généralisée…

« Les technologies de l’information et de la communication sont en train de connaître une explosion jamais vécue auparavant.”

Comment les entreprises peuvent-elles relever les défis de ces mutations ?
En plus de l’innovation et de l’investissement dans les réseaux, il faudra faire preuve d’inventivité et d’adaptabilité en matière d’offre. Créer des services et développer des applications innovantes, qui répondent aux demandes et besoins des utilisateurs composant « le village numérique mondial » (1).

La France et l’Europe ont-elles les moyens de survivre au tsunami ?
Oui, en libérant les initiatives d’investissement dans les réseaux à très haut débit. Nous devons établir les règles garantissant la rémunération de la création (culturelle, intellectuelle) et de l’innovation (industrielle). Dans l’économie numérique, les consommateurs finissent toujours par payer, même si c’est indirectement par le coût de la publicité réintégré dans les produits. La question centrale est alors de s’assurer d’un retour vers les créateurs de services et les investisseurs de réseaux, avec certes une juste rémunération des intermédiaires (ex. moteur de recherche).

Les ingénieurs télécom, cheville ouvrière du système
Les technologies de l’information et de la communication sont en train de connaître une explosion jamais vécue auparavant. Les ingénieurs doivent de plus en plus répondre aux besoins en matière de développement de logiciels, de services et d’exploitation de réseaux qui sont au cœur des enjeux industriels et commerciaux actuels. Aujourd’hui, il est vrai que des développeurs de grand talent partent chez Google, Apple…. Pour les garder, il faut leur donner l’opportunité de s’investir dans les challenges d’avenir que la France et l’Europe doivent relever.

 

(1) Didier Lombard, Le village numérique mondial. La deuxième vie des réseaux, Paris, Odile Jacob, 2008.

 

SG

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