Lima est sans conteste une ville bouillonnante qui regorge de richesses et offre à l’expatrié un panel d’activités diverses et variées.

Côté sport, il y a le choix : le parapente (trop cher, trop haut pour moi), l’escalade (même constat), le surf (heuuu mais sans les grosses vagues ça n’existe pas ?) et le footing (ah ca, ca va !). Côté culture, il est possible de cumuler dans une même journée les poteries pré-incas du Musée Larco, les meubles coloniaux du Musée Pedro de Osma, et les photos de costumes péruviens traditionnels immortalisés par Mario Testino. Oui, c’est possible, oui, je l’ai fait. Mais c’est fatigant. Très fatigant. Donc un conseil, n’enchainez pas avec un mojito à Barranco, encore moins avec le ventre vide et un poids total inferieur à 50 kilos : il y a fort à parier que votre tête vous le fera payer. Car la capitale péruvienne est aussi (et surtout ?) le lieu du plaisir de la boisson et de la dégustation : tomar (boire) et comer (manger) y sont des distractions de chaque instant.
Donc bref, Lima c’est exaltant, divertissant et enivrant, mais après plus d’un mois dans la ville, le touriste ressent l’ardent désir d’en sortir, de s’échapper, et de se laisser aspirer par l’appel du pays. La bougeotte, quoi.

Début juin, donc, la bougeotte s’empare de moi, et saisissant une opportunité de dernière minute, je décide de suivre une amie, Elise, qui a prévu de partir une semaine dans le Nord du pays, à Cajamarca et Chachapoyas. Aucune idée de ce dont il s’agit, mais les noms des villes sont rigolos, donc je suis tentée. Surexcitée à l’idée de prendre la poudre d’escampette, je commence à préparer mon sac à dos une semaine en avance (l’anticipation, ya qu’ça d’vrai ma p’tite dame !) et le jour J, après avoir soutenu mon mémoire de fin d’études sur Skype, sans pouvoir entendre une seule parole de mon jury resté en France, pour cause de problème technique, je me sens telle Hercule venant de triompher d’un de ses douze travaux, et suis prête a continuer l’épopée. Sauf que voila, Elise, elle, ne l’est plus. Clouée au lit par une grippe-angine-gastro-indéterminée, elle n’est pas en état de prendre le bus. Après avoir envisagé de m’en aller quand même, sans elle, je me souviens soudainement que je ne suis pas solitaire pour un sou, et que si je ne me fais pas attaquer, voler ou violer sur le chemin, pour sûr, je mourrai de tristesse et de solitude. Je suis donc contrainte et forcée de rester à Lima, la mort dans l’âme. Le voyage est ajourné, et je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec mon ami Jean-Luc que la maladie avait frappé à l’heure de partir à Arequipa. Serais-je maudite ?

Mais, tentant de faire abstraction de mes pensées négatives, je me décide plutôt à mettre toutes les chances de mon côté : je préviens Elise qu’il est urgent de prier les dieux incas pour que sa santé recouvre au plus vite. Stratégie victorieuse : le lendemain, 16h30, nous voilà dans le bus, en route pour-Chachapoyas, la ville-au-nom-qui-fait-penser-à-une-tribu-de-gremlins-ou-de-hobbits. Outre le positionnement non stratégique (et pourtant choisi précautionneusement par mes soins) au fond du bus où le bruit assourdissant du moteur nous oblige A CRIER POUR POUVOIR DISCUTER, outre le fait que pour l’ensemble de tous les passagers, il manque un repas (un, juste un) et que comme nous sommes placées au fond (sur mes conseils judicieux, je le rappelle), c’est nous qui n’avons qu’un repas pour deux, outre le fait que le périple dure 24 heures au lieu de 20, outre tout cela, donc, le voyage se passe sans encombres.

 

Chachapoyas

Chachapoyas est une petite ville charmante et paisible, de laquelle partent chaque jour des excursions vers plusieurs endroits d’intérêt. Apres avoir posé nos affaires dans l’hôtel le moins cher, celui où les draps sont dépareillés (avec pour motif les 101 dalmatiens en ce qui me concerne, on aura tout vu) et où l’eau est toujours chaude pour Elise, jamais pour moi (peu importe dans quel ordre nous prenons notre douche), nous programmons notre visite du lendemain : départ pour Kuelap, site archéologique moins connu que le Machu Picchu, mais tout aussi intéressant.

La suite le 21 juillet sur notre site : www.journaldesgrandesecoles.com

 

Pour l’épisode précédent, c’est par ici : http://www.mondedesgrandesecoles.fr/une-demi-douzaine-de-mois-au-pays-des-lamas-episode-v-la-prochaine-fois-tu-prendras-l%E2%80%99bus/

 

Claire Bouleau, étudiante en Master 2 à ESCP Europe, en échange universitaire à la Universidad del Pacífico (Pérou) de mars à août

Twitter @ClaireBouleau