MS® et MBA, ajouter une corde à son arc ou doper son leadership, deux stratégies de formation premium passées au crible.

 

Mastère Spécialisé ®, visa pour l’expertise ou la double compétence

 Les Mastères Spécialisés ®, diplômes bac+6 labellisés par la CGE existent depuis 1983. En 2019, 99 écoles proposent 397 ®MS. La CGE comptabilise 120 000 diplômés de MS®. Comment en faire un levier pour sa carrière ?

Christophe Digne (c)Télécom SudParis

Le nombre de MS® s’est stabilisé autour de 400. Pour autant, le taux de renouvellement est important (32 labellisés en 2018-2019). « La CGE s’attache au format et au contenu, mais aussi aux débouchés » rappelle Christophe Digne, directeur de Télécom SudParis et président de la commission accréditations de la CGE. Les MS® répondent à des besoins du marché de l’emploi. « Cette année, on note une montée de programmes dédiés aux technologies : IA, IoT, industrie du futur, data science. »

Le projet, clé de la réussite en MS®

Les MS® ciblent une population mixte, en formation complémentaire ou en formation continue. « Dans les deux cas, il y a deux objectifs possibles, explique Christophe Digne. Approfondir un champ d’expertise pour progresser dans sa carrière, ou se doter d’une double compétence pour étoffer son profil. » En revanche, le directeur prévient : ce n’est pas un outil pour ajouter une marque à son CV. La sélection à l’entrée permet de repérer les opportunistes… « Ce sont des formations exigeantes et elles doivent répondre à un vrai projet. Cela dit, la notoriété de l’école est un atout pour en faire un levier de carrière… »

Emulation

Pour Julien Manteau, directeur de la stratégie et du développement d’HEC Paris, le MS®, bac+6, est un grade franco-français. Or, HEC souhaite attirer d’excellents étudiants du monde entier. « Nous avons donc engagé le basculement de nos MS® en MSc full english. Nous conservons 2 MS® dont les thématiques managériales en droit (pour des carrières en cabinet d’avocat d’affaires), et média art et création, sont liées à notre écosystème local. » Le MS® media art et création correspond aussi à un M2 du PGE de l’école. « Cela engendre une diversité stimulante dans la classe. C’est l’une des manifestations du grand point fort d’HEC Paris : l’émulation en côtoyant des élèves brillants venus du monde entier. » Et tous les diplômés font partie sans distinction du réseau des alumni !

Excellence

Didier-Delorme credit Aude Lemarchand

Autre école de référence dans son domaine, l’ISAE Supaéro propose 15 MS®. « L’école est en prise avec les besoins de l’aéronautique et du spatial, explique Didier Delorme, directeur des formations Masters et MS®. C’est pourquoi notre offre de MS® est à la fois dynamique et attractive ! L’excellence est au cœur des MS® comme de tous nos programmes. Nos étudiants sont engagés, et ne viennent pas par hasard. Nous les accompagnons individuellement. »

 

Sans surprise, les évolutions portent sur l’IA, les métiers en tension comme ceux liés aux applications du spatial ou à l’usage des drones. « Plus largement, nous valorisons les expertises cœur appliquées à d’autres industries et transports. »

Un MBA, pour devenir une fine lame du management

La Rolls Royce des formations complémentaires n’est plus à présenter. Elle est LA référence mondiale pour se forger un profil de stratège et manager de haut vol. En France, 17 établissements ont l’accréditation AMBA. Un MBA oui, mais quelles sont les conditions pour réinventer sa carrière ?

 

« On ne fait pas un MBA pour apprendre, mais pour être transformé ! »

Alon Rozen, Doyen de l’Ecole des Ponts ParisTech « Les apprenants arrivent avec une idée : aller plus loin ou plus vite dans leur carrière ; ils ont des velléités de grandir ; une forme de crise existentielle. Ils pensent apprendre en MBA, en réalité ils vont être transformés ! »
Pour permettre cette transformation, la seule école d’ingénieurs française proposant des MBA ambitionne de former de futurs leaders dans un état d’esprit résumé dans ce slogan : Business to make a better world. Le curriculum a été revu il y a 3 ans, insistant sur les soft skills. Les apprenants travaillent en mode projet et suivent un coaching individuel pour « faire face à eux-mêmes, pour trouver le leader situationnel qui est en eux, précise Alon Rozen. Ils développent leur agilité, leur QE, des soft skills interculturelles, leur capacité à faire émerger l’intelligence collective, ils s’intéressent à leur impact. »

 

« Nos participants veulent prendre de la hauteur et s’épanouir autrement »

Inès Khédir, directrice de l’EMBA de ESCP Europe A ESCP Europe, le MBA permet à des profils entre 26 et 30 ans de changer d’entreprise ou d’orientation. L’EMBA vise à accéder à des fonctions de management général pour des personnes entre 35 et 50 ans. « Nos participants ne se satisfont plus que ce qu’ils savent faire. Ils veulent prendre de la hauteur et s’épanouir autrement. Ils entendent aussi bénéficier de la valeur ajoutée N°1 de ESCP Europe : le management multiculturel » observe Inès Khédir. L’EMBA propose en effet d’étudier sur les 5 campus de l’institution. « La diversité des nationalités et backgrounds est un atout du programme qui se manifeste dans les interactions entre participants. Ils apprennent les uns des autres. Ils veulent être challengés, confrontés à différent d’eux. » L’enrichissement se réalise aussi via les A/R cours/pratique d’un cursus en part-time. « Les participants progressent rapidement et testent en temps réel leur développement personnel » conclut la directrice.