Du haut des ses 23 ans, Jérémie Guez, étudiant à Reims Management School, publie en février 2011 son 1er roman noir « Paris, la nuit » aux Editions La Tengo, 1er opus d’une trilogie parisienne accueilli de manière très enthousiaste par la critique. Au coeur de Paris, sur une terrasse du Boulevard des Italiens, le Journal des Grandes Ecoles a rencontré, ce jeune auteur timide et réservé, et revient sur le « passage de l’ombre à la lumière » de cet étudiant hors du commun.

 

Jérémie Guez

Jérémie Guez

« J’ai toujours voulu écrire »
Son père contraint de quitter Paris pour son travail, Jérémie a grandi entre Nantes, le domicile parental et Paris, où il rendait régulièrement visite à sa famille, installée dans les quartiers historiquement populaires de la capitale : Belleville et autres. Impressionné par le roman noir, et lecteur invétéré d’Edward Bunker et de James Ellroy, le besoin d’écrire a animé Jérémie depuis son plus jeune âge, qui brûlait de coucher un jour sa plume sur le papier. Ainsi, il se lance dans l’écriture de son 1er roman noir dès l’âge de 16 ans, avant de délaisser son ébauche, et de reprendre le cours de cette aventure littéraire à l’aune de ses 21 ans.

 

« Je ne concevais pas de finir le travail et de ne pas tenter ma chance »
Jérémie n’avait informé ni parent ni ami de sa passion pour l’écriture, et ne ressentait aucune pression à soumettre son manuscrit auprès de maisons d’édition. « J’ai envoyé mon manuscrit à quelques maisons d’édition. Au bout de 10 jours, j’obtenais un 1er rendezvous ». C’est ainsi, qu’il s’engage auprès de La Tengo, jeune maison d’édition distribuée par Flammarion, pour la publication de sa trilogie parisienne. « C’était audacieux de leur part de me faire confiance », déclare Jérémie.

 

 

De l’ombre à la lumière …
Le livre dans les bacs. En avant pour les actions de promotion et la tournée des salons du livre à Paris et en Province ! Présentation commerciale chez Flammarion, rencontres avec les journalistes, etc. notre jeune homme doit apprendre à vendre son roman, exercice assez difficile pour ce garçon, plein d’humilité, qui confie au Journal des Grandes Ecoles se sentir mal à l’aise lorsqu’il s’agit de défendre son roman. « Dans le roman noir, je pourrai citer 100 autres bouquins mais pas le mien ». Discret, Jérémie n’a pas fait savoir à ses amis proches qu’il était désormais un jeune auteur édité … Esquissant un sourire, il se souvient d’une anecdote : « Récemment, un ami m’appelle pour m’informer qu’un de mes homonymes a écrit un roman, j’ai dû lui prouver que j’étais bien l’auteur du bouquin qu’il avait entre-perçu à la Fnac », malentendu assez révélateur de cette personnalité modeste, simple et touchante …

 

« Je ne me considère pas comme un auteur, juste comme un type qui a écrit un bouquin »
Jérémie vient d’achever l’écriture de son 2e opus, qui sera publié en janvier 2012. Il se penche désormais sur le 3e opus et sur une pièce de théâtre. Conscient que la belle aventure pourrait un jour cesser, Jérémie conserve beaucoup de recul sur son activité. « Je suis fier de ce que j’ai fait, mais rien n’est acquis et tout demeure perfectible », conclut Jérémie.

 

AB


« Paris, la nuit », 1er opus
Très familier de Paris et de ses quartiers ,populaires, et imprégné des dynamiques du roman noir, le thème d’écriture s’est imposé très naturellement chez Jérémie. Sans complaisance ni jugement, Jérémie dépeint un jeune homme perdu, qui au fil du roman sombre dans le milieu de la drogue et du banditisme. « Je ne voulais pas faire une chronique sociale ou une intrigue à la Scarface, c’est juste l’histoire ,d’un mec paumé qui se casse la ,gueule », résume Jérémie. Loin des clichés et de l’approche victimaire, Jérémie tenait à faire évoluer des personnages responsables de leur existence et de leurs décisions, sans produire une apologie du crime ou un portrait du parfait délinquant.

 

« Je ne suis pas un virtuose du 1er jet »
« J’ai toujours un carnet, sur lequel  je note mes idées, au fur et à mesure  et de manière très anarchique. Puis, lorsque je mets en forme, je tente  d’être hermétique à toute influence  extérieure. J’ai besoin de beaucoup de temps pour repolir ma prose.  Le 1er jet est pour moi la pire, expérience : tout est parfait dans ma tête et tout devient soudainement fade couché sur  le papier »

 

Un mot à tes lecteurs
« Je leur suis très reconnaissant de m’avoir  lu et de m’avoir consacré deux heures de leur temps. Les retours, qu’ils soient positifs  ou négatifs, sont très valorisants, dans la  mesure où ces personnes ont pris le temps  de lire mon roman ».