Spécial recrutement

 

Le 12 mars 2012, le Café de l’avenir et l’Executive MBA ESSEC Mannheim organisaient une soirée débat focalisée sur le thème : « Jeunes diplômés, le grand défi du premier emploi ». Trois questions étaient posées aux intervenants : Et si on faisait confiance aux jeunes ? Un diplôme ne suffit plus, que faut-il de plus ? Emploi des jeunes : a-t-on vraiment tout essayé ?

Très rapidement, le débat s’est focalisé sur une question principale : le diplôme est-il suffisant pour trouver un emploi ? Ce à quoi les entreprises présentes, connues pourtant pour privilégier des profils issus de grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs, ont répondu un non clair et franc. « Le premier critère pour embaucher un jeune, c’est le jeune lui-même. Je préfère un jeune qui est parti plusieurs mois en mission humanitaire plutôt qu’un autre qui a consacré son temps uniquement à ses études. (…) On peut accepter de prendre une petite école de commerce parce qu’il y a une vraie personnalité » lançait ainsi Michèle Lesieur, PDG de Philips France, qui regrettait que les diplômés d’HEC, Polytechnique ou autres Centrale Paris soient si « lisses »,  identiques, faits d’un même moule. Les intervenants ont ainsi mis en évidence l’importance que les recruteurs accordent à la personnalité du candidat, à ses expériences personnelles passées – et pas forcément professionnelles-, à ses valeurs. « Ce qui vous différencie quand vous arrivez en entretien, est-ce votre expérience professionnelle ? Non ! C’est ce que vous avez fait de votre vie », s’exclamait Michèle Lesieur, tandis que Tristan Farabet, PDG Coca-Cola Entreprise France rappelait que chez Coca-Cola, l’accent est mis sur l’attachement à certaines valeurs : « le sens de la responsabilité, un fort respect du client et un esprit d’équipe », appuyé sur ce point par Christophe Descamps, directeur des affaires sociales chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France : « On demande de la simplicité – on ne demande pas aux gens de faire du baratin, on leur demande d’être eux-mêmes- et de l’engagement ». Loin d’être suffisant dans la bataille pour l’emploi, le diplôme trouve donc pour alliés un système de valeurs, du caractère, des passions, mais aussi la capacité à gérer son réseau et à savoir se vendre.

 

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau