Centrale Lille réforme son cursus ingénieur. Les élèves intégrant l’Ecole en septembre 2017 inaugureront ce cursus centralien visant à en faire des ingénieurs intégrateurs généralistes. Une nouvelle philosophie de formation que nous détaille Emmanuel Duflos, DG de l’Ecole.

 

Comment qualifiez-vous la réforme du cursus centralien ?

De changement de philosophie du cursus. Notre réflexion s’est appuyée sur le référentiel de compétences du centralien, et nous a conduits à définir le profil de centralien que Centrale Lille veut former.

Donner du sens / Maîtriser la complexité

Quelles sont les grandes caractéristiques du néo centralien de Lille ?

Intégrateur

Capable de comprendre la complexité sous toutes ses formes (humaine, scientifique, technologique, technique)

Ethique, donnant du sens à son métier d’ingénieur, à son entreprise, à sa carrière

 

En contact avec un chef d’entreprise dès le 2e jour de cours !

Comment va débuter la première année désormais ?

Par 8 semaines d’une période dite de rupture avec l’approche scolaire classique afin de leur faire changer de regard sur l’objectif et le sens de leurs études. Ils sont ici pour se préparer à un métier, celui de l’ingénieur.

« Ils débutent le cursus en sachant pourquoi ils apprennent »

2 semaines dites starting blocks, sont consacrées à la découverte du métier sous différentes formes : projet au sein du Fablab pour fabriquer quelque chose et le présenter dès le 2e jour devant des chefs d’entreprises ; business games sur la compréhension des enjeux de l’entreprise, etc. L’objectif est de leur permettre de se projeter dans un métier au cours d’une réflexion personnelle et d’échanges avec des diplômés. Ces activités sont en outre un puissant intégrateur au sein de la promo.

Viennent 6 semaines dites start & go, qui visent à donner du sens à la formation centralienne qui va suivre.

Etudiant Centrale Lille

Elèves-ingénieurs © Centrale Lille

Ils vont se rendre compte de ce qu’ils savent déjà et savent faire, de ce qu’ils ne savent pas, de quoi ils ont besoin, qu’il leur faudra mêler les différents champs disciplinaires, tenir compte des aspects sociétaux…

« La personnalisation des parcours est sous-tendue par un objectif de diversité, d’ouverture à toutes les opportunités pour se construire »

La réforme va par ailleurs permettre de personnaliser son parcours ?

La personnalisation commence dès janvier de la 1e année. Les élèves optent pour des électifs sur les grands champs disciplinaires : maths informatique / électronique, automatisation, électrotechnique / mécanique / sciences des matériaux / entreprise et société. C’est la première étape de la construction du profil d’ingénieur généraliste centralien.

 

Le saviez-vous ?

Centrale Lille propose 3 cursus de formation d’ingénieur

Cursus centralien en 3 ans

2 formations post bac en 5 ans : IG2I (génie informatique/électrique/IT/systèmes embarqués) et ITEEM (ingénieurs managers en collaboration avec SKEMA Business School)

3 concours, 3 diplômes, 3 profils pour répondre à des besoins spécifiques et identifiés des entreprises ; mais un même corps professoral.

Centrale Lille c’est aussi : 1 600 étudiants, 5 laboratoires en partenariat avec le CNRS, l’université de Lille, l’INRIA

 

Ils découvrent aussi dès la 1e année la pédagogie par projet ?

Ils commencent en effet un projet long (sur 3 semestres) en groupe de 20 à 30 élèves pour expérimenter la complexité. Ils sont aussi en contact avec la réalité de l’entreprise au travers de stages chaque année du cursus, et la possibilité d’une césure.

« La réforme insiste particulièrement sur l’accompagnement, la personnalisation des parcours, et le sens donné. L’objectif est que chacun de nos élèves se dise, c’est MA formation« 

Comment se profile la 2e année rénovée ?

Après l’approche disciplinaire de 1e année, elle débute par un semestre d’électifs d’intégration, entrant au cœur de la philosophie centralienne de l’ingénieur intégrateur. Le second semestre est à nouveau dédié à l’aspect disciplinaire avec le choix libre du champs. Il est aussi l’occasion d’une expérience à l’international. Ils passeront 6 mois à l’étranger au total.

Nous continuons à les accompagner dans leur connaissance d’eux-mêmes et de leurs ambitions, dans leurs réflexions sur le métier d’ingénieur. Ils se construisent un profil et un projet, nous les incitons au dépassement de soi au travers d’un défi artistique, sportif, technologique… Nous voulons qu’ils soient fiers de leurs réalisations, les célèbrent entre eux.

La réforme mise aussi sur la responsabilisation des élèves ?

L’objectif est la prise d’autonomie rapide. Ils sont responsabilisés par la préparation en amont de leurs cours sur le principe de la classe inversée. 50 % du travail est réalisé en présentiel. Le reste se fait en autonomie, notamment via les outils numériques, et bien entendu guidé par un enseignant. Ils sont évalués sur l’ensemble de leur travail.

Et la 3e année ?

Nous sommes en train de la finaliser. Nous réfléchissons au contenu disciplinaire et à l’axer sur la préparation à des filières métiers.

« Plus qu’une réforme, c’est véritablement un nouveau cursus ingénieur que propose Centrale Lille »